Ultra Jean Racine 3ème édition

On prend les mêmes et on recommence : pour la 3ème année consécutive, et depuis l’origine, je participe à l’Ultra Jean Racine, ce challenge sur deux jours pour les amoureux du cyclisme, qu’il soit à pneus fins ou à gros crampons, dans la Vallée de Chevreuse.

Le samedi 14 avril 2018, direction St Rémy les Chevreuses depuis St Germain en Laye, un échauffement de 35 km en vélo de route avant d’attaquer la première partie du challenge. Tout aurait été parfait sans une pluie qui débuta la porte du garage fermée et s’arrêtera à mon arrivée à St Rémy. 1h10 sous une bonne pluie, de quoi tremper le bonhomme pour le reste de la journée. Plusieurs fois, notamment sous la drache à Millon, j’hésiterais à faire purement et simplement demi-tour, rentrer, lancer Netflix et oublier définitivement ma passion pour le cyclisme.
Et puis finalement, je récupère ma plaque pour le challenge, serre les mains des copains du club qui vont participer eux aussi à différentes épreuves sur le we.
Nous attendons dans le sas de départ, et puis à 11h, les fauves sont lâchés.
Je vérifie que personne ne s’échappe : ah si, y’en a un qui a les guibolles qui démangent alors que nous attaquons le même parcours que l’année dernière, en sens inverse. Je fais l’effort pour le recoller, plusieurs fois, derrière ça semble s’échauffer doucement.
Dans la côte de Millon, nous le laissons définitivement partir, et j’attends, avec Olivier qui m’accompagne, que le groupe se reforme pour rouler ensemble et s’économiser. Le cycliste est fort, nous l’aurons en point de mire pendant toute la sortie, parfois à quelques mètres seulement, mais jamais il n’abdiquera et signera en solo la totalité du parcours.
Pour nous, ça s’organise doucement. Je roule souvent devant, relayé par deux / trois gars qui semblent bien en forme. Olivier m’accompagne dans toutes les ascensions, le groupe est très sympa, fonctionne correctement, et nous profitons des routes désertes de l’Essonne et ces plateaux fertiles. La trace est très bonne, et vaut le déplacement, dommage qu’il n’y ait que 2 ravitaillements (en un point unique – boucle) qui ne soient pas idéalement placés. Le goudron est souvent mauvais, rendant mal, et les repères sont parfois difficile pour avoir été habitué à faire le parcours dans l’autre sens. Nous sommes 6-7, dont 2-3 à rouler devant régulièrement, je ferai plus de 50% de la boucle le nez dans le vent, sans que cela ne me gène vraiment.
Mathias, que j’avais rencontré l’année dernière sur l’épreuve, venu de sa Bretagne, nous accompagne en pensant à la journée de demain, qui sera, assurément, boueuse. En attendant, la pluie nous laisse tranquille et la chaleur monte pour notre plus grand plaisir.
Les côtes, ou raidars, sont nombreux et assez assassins, mais au train, tout passera sans trop d’efforts.
Les longues lignes droites du retour, à travers champs, seront avalées rapidement, majoritairement dans la roue du même participant venant de Cherbourg. Le groupe se réduit un peu au fur et à mesure, mais emmène à bon train jusqu’au bout.
Je suis frustré car la moyenne est plus faible que l’année dernière, mais nous avions un groupe plus fort, et des conditions météo plus favorables. Peut être le sens du parcours aussi ?

Avec Olivier, nous couperons l’effort à quelques kilomètres de l’arrivée pour aider un participant à réparer une crevaison, avant de finir tranquillement cette balade et profiter du hot dog cannette à l’arrivée.
il est alors temps de refaire la journée, qui compte quand même 155 km et 5h20 de vélo pour moi, et accueillir les St Germanois nombreux sur cette journée (Rodolphe, Eric, Eric, Hervé etc.) ainsi que les copains du Sud de Paris (coucou JP et Benoît) qui ont préféré la route aux marres de boue prévues le lendemain.
Quand on voit les retours des parcours VTT du jour, c’est assez effrayant, d’autant plus que la pluie est prévue cette nuit.
Le retour en voiture permettra d’économiser des forces.

Le soir, comme je le dis chaque année, c’est essentiel : nettoyage du vélo de route, préparation du VTT, alimentation, massage, hydratation.
Le réveil à 5h du lendemain doit être minuté et préparé !

VTT

Le dimanche, à 6h30, je rejoins Hervé au départ, qui pour la première fois enchaine les 2 gros parcours. Il ne le sait pas encore, mais il ira bravement au bout.
Les sols sont bien humides, preuve qu’il a bien plu.

Au petit jour, Hervé s’en va, ainsi que quelques participants aux grands parcours. J’attends avec quelques Ultra le départ groupé, et en profite pour faire la connaissance d’un couple de Bretons que j’aurai le plaisir de revoir à la French Divide. Le monde est petit !
Finalement, je m’échappe du troupeau quelques instant avant le mass start afin de ne pas être embouteillé.
Je m’enfonce dans le premier chemin, ultra glissant : il faut prendre ses marques sur ce terrain boueux, les pythons chassent à chaque coup de pédale, consommant beaucoup d’énergie. La journée va être longue, il est à peine 7h.
Je me retrouve alors derrière tous mes compagnons d’hier et du mass start, qui ont loupé la première boucle ! Cela me permet de tailler la bavette dans les premières grosses ascensions et saluer les bretons qui font un départ prudent et que j’accompagnerai quelques kilomètres.
Mes jambes semblent avoir admirablement bien récupéré.
Dans un passage très glissant, je retrouve Fabrizio, autre futur participant de la French Divide. Le monde est si petit !
Et puis nous attaquons une grande ascension et nous nous faisons doubler par 5 types affutés. Sauf que la côte est longue et qu’au train, je reviens sur le groupe, abandonnant mes copains bretons que je ne reverrai qu’à l’arrivée.
La forêt est dévastée par les pluies des dernières semaines et nous roulons de bourbier en bourbier. Hésitant dans le premier, une fois recouvert de boue, je comprends que le plus simple est de passer, le plus vite possible, en plein milieu. Ce que je m’emploierai à faire pendant près de 100 bornes, en mettant des watts quand nécessaire pour ne jamais poser pied à terre, me laissant guider par mes pneus étés qui vont chercher, au fond des profondes flaques, de la terre un peu plus solide. Quand ça dérape, relâcher doucement la pression pour reprendre l’accroche, quand ça accroche bien, mettre toute la force possible pour avoir l’élan nécessaire pour passer la difficulté.

Bref, tout en glisse, je m’accroche au groupe, qui envoie bien comme il faut derrière un mec en S-works de XC Couronnes. Au fur et à mesure je remonte aux avants posts, tout en me disant que le rythme est un peu élevé pour un 100 bornes boueux, mais dès que ça monte, j’arrive à prendre du terrain. Je rattrape enfin Hervé dans une longue ascension, et on se quitte dans le single suivant, ne voulant pas perdre les bonnes roues de mes compagnons.

Je suis dans les premiers au premier ravito de Voisins le Bretonneux avec 24 km au compteur en 1h30. Je repars rapido, pour ne pas refroidir la machine qui a apprécié le superbe levé de soleil sur le forêt. J’ouvre dans de beaux chemins, qui se remplissent de boue. J’en ai rarement vu autant.
En arrivant dans la forêt domaniale de Port Royale, la trace GPS part à gauche, le balisage à droite : je sais qu’ils ont du adapter certaines choses à cause de la boue, mais c’est difficile d’accepter de se lancer dans cet énorme bourbier qui me fait face. En trois tours de roues, mes roues sont bloquées par la boue. Connaissant bien ce type de situations, je ne m’affole pas, saute du vélo, et parcours quelques centaines de mètres en courant, vélo sur l’épaule. Je vois mes compagnons qui m’ont rejoint s’évertuer à pédaler dans cet enfer : pas sur que ce soit gagnant. Au bout du bourbier, je re-saute sur le vélo, et me lance dans un combat en mode Home trainer : les roues sont bloquées, et j’appuies de toutes mes forces pour que la boue s’en aille, un bon exercice. Mes compagnons eux, passeront quelques minutes à nettoyer les vélos, je m’échappe donc en solo pour quelques kilomètres.
Certaines parties roulantes permettent de récupérer, pour mon plus grand bonheur.
Dans une énième longue ascension, je suis rejoint pour le S-Works de Rouen : nous ne nous quitterons plus jusqu’à l’arrivée.
Une très belle collaboration débute, ponctuée de bains de boues joyeux : lui comme moi avons compris depuis longtemps que la boue doit s’attaquer frontalement, sans ménagement, sans détours, à fond, avec le coeur et les muscles, advienne que pourra. Plusieurs fois, l’un comme l’autre, nous nous ferons sauvagement surprendre, trempés des pieds à la têtes par une flaque trop profonde, par une glissade imprévue, mais aucun accident à déplorer.
Ah si, un pour moi, dans la toute première descente de la matinée : du monde partout, et au milieu de la boue. Ils sont à pied, je tente quand même, entre deux arbres, bloque le guidon, saute du vélo, et me retrouve quelques mètres plus loin, bien campé sur mes deux jambes. Le vélo n’a rien. Moi, j’ai la trace du disque brulant tagué sur le mollet.

Nous enchainons les ascensions, je prends les devants dans les singles que j’affectionne au niveau des 17 tournants, avant d’arriver au 2ème ravito, accueilli en héro, après une belle descente. On remplit les bidons, 2-3 grignotages et on repart au turbin avant d’être rejoints.
ça monte grave. Mais mon compagnon est un très solide cycliste, et on se challenge mutuellement, quasiment tout passera sur le vélo les amis, et vu le terrain, c’est pas mal. Sauf la « mutant » et la « ça passait, c’était beau ».
Mon vélo est magnifique : loyal, fidèle solide, il ne me fera jamais défaut malgré les kilos de boue que j’emmène, les bourbiers que je lui fais subir. Quelle machine : j’ai hâte de lui faire traverser la France à celui là, il va en voir du pays sur les 2200 km de la French Divide.
En attendant on se farcit un single en balcons de toute beauté, ultra travaillé par les traceurs, du vrai VTT comme au raid Vauban. De l’or, et sans boue svp !
Ensuite, ça monte, ça descend, entre deux bourbiers, bien sur.
Je fais connaissance avec mon acolyte : Transv, Meije, Granit, Vauban, Terres Noires, Transbaronnies, MB Race, il les a toutes finies plusieurs fois, avec la manière, dans toutes les conditions. Autant vous dire que dans les descentes, on a gazé sévère, les disques sentaient le chaud, dans les côtes on relâchait pas et personne n’a pu s’accrocher longtemps à notre énergie combinée.
Une magnifique journée de pur VTT, un peu à l’ancienne, comme j’aime, difficile, exigeante, challengeante. Celle qui marque les esprits pour longtemps.
Après le 3ème ravito, nous sommes en tête, c’est partie pour une tuerie dans les Vaux de Cernay. ça monte et ça descend non stop. Ardûment. Ardemment. Il reste 36 km et je commence à me demander si je vais tenir ce rythme. C’est dur de savoir qu’on tourne en rond, qu’on va chercher le D+ pour s’enquiller le 2100 de la journée. Mais le soleil nous réchauffe, la trace est sympa, et je m’amuse à piloter au GPS. On ne prend jamais le temps de souffler, on roule souple, et on discute gaiement de notre passion commune pour le vrai beau VTT.
Direction le ravito, final, identique au 3ème, 1h20 et 18 km plus tard, c’est dire la difficulté de cette boucle.
Je dévore les hot dogs, 8 min de pause bien employés à expliquer aux concurrents ce qui les attend dans la difficile boucle à venir.
Et puis on se relance pour l’emballement final. Il nous reste 18km, et on va pas niaiser maintenant.
ça monte, mais on est motivé par tous les randonneurs que l’on double. La boue ne veut pas nous laisser avancer, alors on lâche les watts, on accélère le rythme, on donne tout ce qu’on a pour passer coute que coute quand les autres marchent, portent, poussent le vélo. Le pied, dans la boue, ne se posera pas.
Les côtes sont ardues, il faut demander le passage auprès des pédibus qui sont étonnés de voir que ça passe, en glisse, mais ça passe.
Je retrouve plusieurs fois Rodolphe et Maxime, au fils des boucles spécifiques qui nous rallongent le parcours pour être sur d’avoir les 100 bornes à l’arrivée.
C’est long, car on avance pas vite, et l’on bouchonne dans les singles. Mais dès que c’est possible, avec mon compagnon, on ne se fait pas prier, on met la plaque (enfin moi, car lui est en mono) et on fonce vers le sandwich et l’aire de lavage.
Finalement, à 14h05, après 6h35 de roulage, près de 105 km, nous voilà à l’arrivée, premiers du grand parcours et premier de l’ultra challenge.
Je ressemble purement et simplement à un bonhomme de boue après cette journée thalasso sur un parcours qui doit être top sur le sec en été : attention alors de ne pas se cramer trop vite en virevoltant d’un single à l’autre, ou entre 2 raidars.
Une rencontre supplémentaire qui me fait toujours autant apprécier ce sport.
Vivement la suite !

Parcours route : https://www.strava.com/activities/1507847459
Parcours VTT : https://www.strava.com/activities/1509928667

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