Le Tour du Mont Blanc Cyclo 2017

C’est après l’Alpsman 2016 et l’Orgiole que je décide de mettre un peu de côté le triathlon et le trail pour me focaliser sur le vélo : en effet, the world’s toughest one day bike event me fait de l’oeil depuis quelques mois maintenant : il paraît tellement difficile de venir à bout d’un tel monument que je souhaite voir par moi même ce que ça représente. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 330 km et 8000 m de dénivelé positif à réaliser en moins de 20h. 

Georgio, président de mon club de VTT a lui aussi coché l’évènement à son calendrier. C’est une raison suffisante pour que la famille se mobilise : ma compagne m’offre un GPS qui me permettra de faire quelques longues virées d’entrainement (le road book ayant quelques limites parfois !) et ma soeur, pour mes 30 ans, m’inscris définitivement à l’épreuve.
Il n’y a plus qu’à faire quelques belles sorties en route avec les copains, garder le rythme en VTT, et quand mes rendez vous professionnels me le permettent, un peu de vélo taf.  Bien sur, je n’abandonne pas la course à pieds, et continue à faire mes 30 ou 40 km / semaine, mais sans chercher la moindre performance, uniquement pour le plaisir, associé à quelques séances de natation.

départ TMB 2017

départ TMB 2017

4h55, me voila sur la ligne de départ de ma plus grande et assurément plus difficile randonnée cycliste jamais réalisée. Nous sommes 650 à braver la nuit et la fraicheur du col des Saisies, et tous, nous espérons le revoir et le franchir sur notre vélo, dans quelques longues heures. Mais avant cela, il faudra s’affranchir des 330 km et 8 000 m de dénivelés positifs autour du Mont Blanc. Un parcours qui s’annonce aussi superbe qu’exigeant.
Chanceux, la météo sera de notre côté cette année, malgré un vent usant notamment dans la vallée d’Aoste.
En fond de peloton, on vérifie mes éclairages : j’ai donc le droit de prendre le départ.
5h, je vois le serpentin de loupiotes s’élancer pour une descente dangereuse et neutralisée jusqu’à Notre Dame de Bellecombe, 9 km plus bas. 2 min plus tard, c’est à mon tour de partir dans l’inconnu noir qui se dresse face à moi.
Légèrement frigorifié, je décide de mettre tout de suite un gros rythme pour réchauffer le corps. Ma lampe chinoise ultrapuissante me permet de faire une belle descente et de dépasser des hordes entières de cyclistes. Je ne ménage pas mes efforts et avale les 12 premiers km descendants à plus de 50 km/h de moyenne. 
Rapidement, le ciel s’éclaircit et je n’ai plus besoin des loupiotes rouges pour repérer les cyclistes devant moi.

départ tour du mont blanc cyclo 2017

départ tour du mont blanc cyclo 2017

Dès le bas de la descente, il n’y a plus que des groupes éparses de cyclistes. J’ai doublé plusieurs centaines de cyclistes dans cette folle descente, dont Georgio, sans le voir. Sans le savoir, je suis maintenant dans les 40 premiers et met le rythme dans la vallée en direction de Megève.
Un peloton d’espagnol et de français s’accrochent à mes basques et nous dévalons la vallée ensemble : qu’ils sont bruyants à se prévenir non stop du moindre gravillon sur la route ! J’hausse de plus en plus le rythme et nous rattrapons d’autres groupes.
Grosse frayeur, aux abords de Megève, alors que nous sommes à 50 km/h, un chevreuil dévale un champs et traverse la route, effrayé devant notre peloton et donc mes roues à quelques mètres (3 ou 4 je dirais) : finalement, il n’y a pas qu’à VTT que je fais des rencontres de ce type !
La première heure permet d’abattre 39 km, ce qui est fait n’est plus à faire !

Après St Gervais, nous arrivons à Servoz et je pense à tous ces alpinistes : que l’endroit est magique avec la lumière du petit matin qui se reflète dans le Mont Blanc : j’ai l’impression de pouvoir le toucher en tendant la main.

En attendant, je m’aperçois que je ne suis pas au mieux de ma forme : je n’ai aucun feeling au niveau de mes jambes et suis incapable de faire le moindre pronostique sur les suites de cette journée.
Les petits villages traversés sont pittoresques et superbes et rien que ces paysages valent largement le détour.
Parti seul, je suis rejoins par un groupe d’étrangers (néerlandais, belges, suisses, danois). Je ne baisse pas le rythme et m’aperçois rapidement que j’emmène un sérieux peloton sur le porte bagage. Je vois cela comme une bonne opportunité d’abattre encore plus de kilomètres dans le petit matin sans trop se fatiguer. Sauf que nous ne sommes que deux à nous relayer à 40 km/h, un danois de Copenhague et moi, malgré nos demandes de relais. Tant et si bien, qu’après un énième relais, je montre mon exaspération et part en danseuse pour m’extraire de ce groupe qui ne m’apporte rien. 
Quelques instants plus tard, mon nouveau copain danois me rejoint et me propose, dans un anglais parfait, de collaborer ensemble, ce que nous faisons pendant quelques kilomètres.

Vaudagne marque les premiers vrais dénivelés de la journée : une superbe route étroite qui serpente au milieu des chalets avant de s’élever de quelques centaines de mètres en 6 km dans la forêt. Parti seul je suis rejoins par mon gros peloton de tout à l’heure. Je prendrai les roues du premier, un belge, que je reverrai à plusieurs reprises, un sacré grimpeur. Je m’apperçois alors que grimper derrière quelqu’un n’a rien à voir : le rythme est beaucoup plus facile à tenir, et cela repose énormément l’esprit. Je suis par ailleurs étonné par le niveau des cyclistes environnants : ça grimpe vite et fort sans souffler, les mollets sont bronzés (et épilés !) et surtout sacrément musclés. Suis-je à ma place ?
Finalement nous franchissons le sommet au 56ème kilomètres  et 1h40 de roulage, et sans un regard pour le premier ravitaillement, nous amorçons la descente : il fait maintenant bien jour et je vois les cyclistes autour de moi retirer leurs différentes couches.
Parti en coupe vent / manchettes / gants, je les supporte pour l’instant très bien.

Nous traversons les Houches dans la circulation du petit matin (7h) puis Chamonix / Mont Blanc avec des paysages là aussi de toute beauté, et attaquons enfin le premier vrai col du jour, le Col des Montets. Environ 8 km à 5% de moyenne avec des passages raids d’un km à 8%, de quoi finir de se réchauffer et vérifier les transmissions pour la journée. 78 km dans la besace, il est temps d’aller voir un autre pays.
Je passe seul la frontière Suisse sans un coup de frein direction le col de la Forclaz. Comparé à ce qui se fait dans la région, c’est une petite pente qui nous permet, au 96ème kilomètre, d’être à 1500 mètres d’altitude, à l’aurée d’une descente absolument incroyable : 1000 m de D- en 10 km, une vitesse moyenne de 60 km / h, des pointes à plus de 75 km/h, je m’amuse énormément dans cette longue descente dégagée qui donne l’impression de descendre à la mer. Les virages, bien qu’en épingles parfois, sont ultra fluides, et les voitures se décalent pour me laisser passer.

Nous rejoignons une grande route, en direction de Champex Lac, où je découvre que les Suisses ne sont pas très tolérants avec les cyclistes. Plusieurs fois, et notamment dans le Grand St Bernard plus tard, nous nous ferons klaxonnés, voir insultés, même en roulant sur la bande blanche du bord de la route. Etonnant et loin de l’image que j’avais de la Suisse, on se sentait plus à l’aise en France et même, en Italie !

J’arrive au deuxième ravito, celui des Vallettes qui marque la première barrière horaire à 11H et qui est particulier pour moi car j’y ai laissé mon sac ravito perso.
En effet, sur le TMB, il est possible de déposer 2 sacs qui seront acheminés sur les ravitos de nos choix. J’ai choisi d’utiliser un seul sac pour 1/ récupérer mon sac le soir même (seuls les deux premiers ravitos sont ramenés avant 23h) et 2/ j’estime que les ravitos sont largement suffisant.
Je prends 3 min à ce ravito pour ouvrir mon sac, y déposer tout le superflu pour la suite de la journée (manchettes, coupe vent et gants), faire la vidange et faire le point sur mes vivres. ALERTE ! je n’ai pas bu la moindre goute en 3h20 et rien mangé non plus pour cause de nausées, comme à chaque course matinale… Un verre de coca, quelques pates de fruits je repars en espérant que cela suffise.

Je découvre que nombre de coureurs sont accompagnés par des voitures suiveuses. J’ai trouvé que souvent, c’était trop et que nous vivions du coup pas du tout la même journée. Exemple : ce Belge, qui tous les 3 km retrouvait sa femme avec le choix dans ces bidons (eau, isotonique, coca) et dans la nourriture quand nous autres, les « indépendants », devions gérer nos deux bidons sur deux longues heures pour ne pas nous déshydrater, et porter des kilos en plus dans les ascensions, avec, par exemple la crainte de crever plusieurs fois et nous retrouver sans matériel. Bref, un évènement qui devient alors vraiment différent selon moi…

En attendant, j’attaque en solo et à bon rythme Champex Lac, 10,4 km et près de 900 m de D+ avec des passages au dessus des 10%.
Je suis rejoint après quelques kms par deux italiens en jantes hautes qui emmènent gros. J’accroche les roues et éteind le cerveau quelques kilomètres. Nous doublons plusieurs cyclistes éparses. Dans le replat à quelques encablures du sommet ils en remettent une sacrée couche et je réalise que la journée est encore longue. Je laisse filer et me fait même doubler par un ou deux affutés dont un belge tout de Rapha vêtu avec qui je ferai les 10 derniers kms du Cormet de Roselend en fin de journée.
C’est une belle montée sauvage et abritée du vent et du soleil.
En attendant, après 53 min d’ascension, il est temps de redescendre un peu ! Avant ça, un arrêt éclair au ravito pour remplir le bidon d’eau que j’ai réussi à boire et prendre une pâte de fruit.

La descente suivante est très rapide et nous rejoignons de nouveau des routes suisses très fréquentées en ce samedi de vacances.

Entre Orsière et Bourg St Pierre, je suis rattrapé par la r éalité des efforts physiques. Si on ne mange pas, si on ne fournit pas de carburants aux muscles, c’est la panne sèche. Sur cette partie en plein soleil et dans la circulation, il y a 700 m de D+ roulant à gravir en 14 km. Je me fais doubler par plusieurs solos puis rattrapé par un groupe de 3 cyclotouristes suisses qui ne participent pas à l’epreuve. Dans leur roue, un autre Suisse que je retrouverai tout le reste de la journée. Après un petit encouragement, je m’accroche à leurs roues pour de très très longs kilomètres. Je suis scotché, je n’ai pas mal aux jambes mais je ne produits aucun watt, chaque coup de pédale me fait avancer de quelques centimètres à peine. Je me mets en danseuse, mais rien n’y fait. Je suis aussi sec qu’un pruneau. Je profite du rythme très lent (pour moi) pour avaler un gel et boire énormément. J’ai beau connaître les symptômes, je doute énormément : il y a deux semaines, je me suis retrouvé sec au bord de la route sur une longue balade, sans pouvoir avancer  à cause du soleil. Cela fait douter de revivre la même chose si peu de temps après. Suis-je fatigué ? Surentrainement ? Lassitude ? Manque d’entrainement ? Je me passe en revue toutes les possibilités, mais aucune ne semble convenir.

J’ai 130 km au compteur, c’est le pire endroit pour abandonner, je suis à l’opposé du départ, et le retour en navette s’annonce être une véritable galère et je ne vais pas demander à ce qu’on vienne me chercher aussi loin (300 km de routes de montagnes aller – retour). Je dois m’accrocher jusqu’au sommet du Grand St Bernard, au 157ème km et trouver une voiture suiveuse que je déteste qui aurait la place de m’embarquer avec mon vélo. J’en ai vu une ou deux qui avaient un porte vélo.
En attendant, mes gentils suisses m’emmènent à leur rythme régulier et confiant vers le sommet.
Mon collègue suisse, après les remerciements d’usage à l’égard de nos sauveurs file à toute allure vers le sommet. Il en avait peut être marre que l’on se fasse autant doubler.

Point d’eau de St Pierre, j’attrape un verre d’eau mais repars bien vite pour garder les roues de mes cyclos.
Nous attaquons 6 km de tunnels en travaux ultra bruyant avec les voitures qui passent à côté et il nous restera 7 km pour le sommet de Grand St Bernard, point culminant de la journée à 2500 mètres.

Ayant des bonnes lampes, je décide de passer devant le groupe pour assurer l’éclairage dans une partie très sombre. Finalement, la forme revient. Je les attends un peu mais voyant qu’ils ont leur rythme qui leur sied bien, je repars à l’assaut du Grand St Bernard.
7km à découvert, en plein soleil, dans des paysages superbes et désertiques (entrecoupés de voitures suiveuses) avec un petit torrent qui m’attire parfois ! La route est hélas très empruntées par les motards et autres voitures de sports ce qui nous empêche de profiter pleinement de ce bel environnement.
A force, je remets un peu de rythme et finis par rattraper le suisse solo, et bon an, mal an, nous finirons l’ascension ensemble, malgré les terribles rampes qui nous ferons face. 1h48 pour en venir à bout, c’était dur, un effort mental de tout premier ordre, tant j’ai eu envie de me rouler en boule sur le bord de la route et d’attendre que l’on vienne me chercher là. Mais quelle joie de surplomber les Alpes au sommet. Il est temps de se ravitailler et c’est là que je réalise que je n’avais juste… plus de carburant : je me jette sur le pain, le saucisson le fromage, j’avale tout ce qui me tombe sous la main sans pouvoir me contrôler. Un verre de coca, puis 2, puis 3, puis 1/2 L d’eau, puis encore de la charcuterie avec des chips et des pâtes de fruits. Bref, J’engloutis, malgré les 5 degrés qui ne tiennent pas compte du vent qui nous glace le sang.
Finalement le froid me rattrape et je m’élance vite dans une descente d’anthologie en Italie. Je descends le plus vite possible, sachant que je suis congelé et qu’il faut vite que je regagne la vallée.

33km et 1800 m de D- en 47 min, les chiffres sont affolants sur ce TMB, dans tous les sens !
C’est une descente magique, avec une excellente visibilité, mais un vent frais qui ne laisse pas le choix que de mettre du rythme. L’arrivée dans la vallée d’Aoste marque le retour de la chaleur avec 32 degrés. Qu’elle amplitude thermique ! Je suis rejoins par un Français de Bar sur Aube et nous ferons une grosse partie de la vallée d’Aoste ensemble, dans la chaleur et la circulation. Heureusement, au loin, nous apercevons les montagnes et le majestueux Mont Blanc. C’est là que nous allons !
Nous prenons un cyclo italien et nous relayons sur les 27 bornes de cette vallée en vent de face continuel. Terrible.

Le ravito de la Salle nous tend les bras : pâtes, charcuteries, fromage, pain, coca, grenadine, remplissage des bidons, je m’en donne à coeur joie, tant et si bien que je laisse filer mon copain de la vallée d’Aoste.
Nous sommes dans les 70 premiers environs, j’ai perdu beaucoup de places dans le Grand St Bernard.
Certains, avec leurs voitures suiveuses, se font des vraies repas sur les tables de pique niques, d’autres se changent, d’autres encore se font des bains de pieds.

J’en vois deux partir après 6 min d’arrêt, et sachant que l’on monte mieux à plusieurs, je fais l’effort pour les rejoindre au plus vite. Nous sommes bientôt 4 à l’amorce du petit St Bernard. Je roule dans la roue d’un gars de Grenoble, sacré rythme.
Après tout ce que je viens de manger et boire, mon coup de moins bien du Grand St Bernard est enfin définitivement derrière moi et j’arrive à boire régulièrement et prendre un gel toutes les 2h. Un gel met, pour moi, environ 20 min à agir. L’effet est alors impressionnant, je retrouve la forme et il dure environ 1h / 1h15 selon la difficulté  du terrain.

A force de nous emmener à bon rythme, nous ne sommes plus que deux à affronter les terribles épingles du petit St Bernard. Nous discutons un peu, il a déjà fait l’épreuve deux ans auparavant en 15 ou 16h et m’explique ce qui nous attend. C’est pas fini, même si pour moi, le sommet de Cormet de Roselend me permettra de savoir que j’irai au bout.
Je prends maintenant les choses en main et nous emmène sur les jolies pentes de ce long col.

Nous arrivons à la Thuile, il nous reste 12,5km et 800 m de D+. Mon acolyte marque un peu le coup et je l’attends à plusieurs reprises. Nous baissons le rythme discutons. Puis les virages redeviennent serrés. Je double mon copain de la vallée d’Aoste qui fait le plein à une fontaine, je ne le reverrai plus.
Finalement, après plusieurs hésitations, je pars finir l’ascension en solo. Je double une vététiste italienne professionnelle qui, sur son Lapierre tout suspendu, accroche ma roue, à plus de 14 km/h. J’en remets une couche, je suis suis joueur, elle aussi. S’en suivent plusieurs km à gros rythme où nous dépassons une dizaines de cyclos qui nous félicitent pour le rythme : la plupart de ceux que je n’avais pas pu suivre dans Champex et le Grand St Bernard (les italiens, le mec en Rapha, mon danois de Copenhague etc.). Je suis finalement revenu à mon niveau. Nous avons toujours un vent de face terrible mais nous en faisons fi. Difficile de profiter de la beauté de l’environnement et de l’absence de voitures, le plaisir est à la pédale cette fois ci et c’est pour ça aussi que je suis venu.
Finalement, à 3 km du sommet, l’italienne rentre dans un chemin, je lui lance un « thank you » et elle me répond « de rien » ! Impressionné, je suis.
3 km à découvert, en plein vent et quelques solos devant, je lache les watts et les reprends un par un jusqu’au sommet et son ravito.
Bizarrement, avec 245 km dans la besace, je sens la fin approcher.

J’apprendrai plus tard que ce col marquera la fin du périple pour Georgio. Il faut dire que l’enchainement est vraiment difficile, physiquement, mentalement. Sans bonnes roues, cela peut devenir une tannée.

Je me ravitaille correctement, pensant même, présomptueusement que cela sera mon dernier arrêt, et le vent me glaçant sur place, file en direction de Bourg St Maurice.
Grosse descente que je ne peux pas faire en dedans : à chaque freinage appuyé mon doigt récemment réparé se rappelle à mes bons souvenirs et me lâche une décharge électrique. Je fais donc une descente en roue libre et en profite pour admirer le club de Vespa anciens qui fait la montée : bon délire !
18 km avec 800 de D- en 25 min.

Arrêt éclair à Bourg St Maurice pour recharger les bidons et manger un mini morceau, je tourne en rond sur le ravito sans rien faire. Aller David, plus que deux cols aujourd’hui !
Je croise mon acolyte de Grenoble quand je pars, je lui propose de l’attendre mais il préfère pas. 20 km et 1000 m de + m’attendent, c’est le col que j’appréhende le plus.
Je pars tranquillement avec des premiers passages parfois roulant et en profite pour changer régulièrement de rythme. J’ai une pom pote à la main que je suis censé manger pour avoir les apports nécessaires jusqu’à l’arrivée, mais le corps ne veut plus de sucrée, elle ira se loger dans le cuissard !
Le temps est un peu plus couvert, et nous allons à 2000 m d’altitude mais ça transpire quand même bien.
Je suis suivi par les mêmes voitures suiveuses depuis le Grand St Bernard, ce qui me prouve que j’ai un rythme constant.
Je suis solo et j’ai du mal à maintenir un rythme constant. Je vois derrière moi deux belges me rattraper : celui tout en Rapha et un jeune en vélo de triathlon.
Je fais la course plusieurs kilomètres avec eux et à 11km du sommet, ils font la jonction. Je me mets dans leurs roues, le gars en Rapha, qui m’avait déposé dans CHampex est vraiment très fort, le jeune aussi.
Ils mettent un rythme terrible alors que le paysage se découvre. Ne pas regarder en haut, il en reste encore trop. Je suis content d’être avec eux dans le replat, ils en remettent une couche à près de 30 km / h, avant d’attaquer l’ascension finale. Chaque km passé avec eux est une victoire pour moi.
On rattrape mon acolyte suisse avec qui j’ai fini le Grand St Bernard. Il se met, comme moi, dans les roues, sans pouvoir bouger d’un millimètre. Et puis, c’est logique après tous ces efforts, ça craque un peu devant avec l’arrivée du vent de face sur les dernières rampes. Il reste un peu plus de 3km, et je prends un relais appuyé. Trop appuyé, seul le jeune me suis mais il me fait signe de continuer. 1 km du sommet, je le laisse nous relancer, mais le vent est très fort, alors je repasse devant.
Sommet. 1h33 d’ascension supplémentaire. 295 km, 12h45 de vélo.
Un coca, un bout de saucisson, je suis prêt pour la descente de 20 bornes et le dernier col. J’attends mais ils ont tous besoin de se restaurer.
Banzai, je l’ai repérée dans la semaine cette descente, c’est 25 min à fond qui m’attendent, avec un replat et une petite côte au milieu pour prendre le temps d’admirer le lac.
Je ne ralentirai que dans la partie gravillonnée, ça serait bête d’avoir un problème maintenant.
Dans les 6 derniers kilomètres je rattrape 2 belges, Cyclo 4 Cancer. Je ferai Beaufort Hauteluce dans la roue du premier en 28 min. Maintenant c’est 7 km jusqu’au saisies. Arrivée prévue : 19h30, c’est mieux qu’espéré et je préviens mon accompagnatrice pour des raisons de Pizza à l’arrivée !
Que c’est dur. Je n’ai pas mal aux jambes mais ça ne veut plus avancer. Je suis accroché à la roue de mon Belge, parfois j’essaye de le relever mais ça dure pas longtemps.
Son acolyte nous rattrape, ils discutent en flamand, je comprends qu’il propose de l’emmener au sommet, mais mon belge, très fier, veut le faire en solo. Il a déjà terminé le TMB une fois, il sait ce que c’est. 6 km de l’arrivée, je revois mes terribles belge de Cormet de Roselend à 2 virages.
Ah non hein ! Même si on fait pas la course ils ne vont pas me doubler maintenant quand même !

Arrivée Tour du mont blanc cyclo

Arrivée Tour du mont blanc cyclo

je passe devant, je sais que ce n’est plus qu’une histoire de mental. Je regarde la montagne dans la lumière du soir : que c’est grand, que c’est beau. Que j’ai envie de dormir aussi ! Vite les saisies. Je sais qu’après la borne des 3 km du sommet, je verrai la station des saisies, ça sera facile. là c’est encore dur.
J’indique au Belge que je vais y aller, que c’est dans la tête maintenant. Il me regarde avec un sourire. Plus besoin de parler maintenant, je sais ce qu’il vit, il est scotché au bitume. J’accélère. Je m’accroche. Dans la tête c’est dur. C’est long. Trop long cette dernière ascension. Et puis la borne des 3 kms. Je me retourne. Personne. Et je reviens sur le belge qui était parti en solo. Dans les saisies les commerçants nous acclament, les finishers , les familles, nous applaudissent. ça monte jusqu’à la ligne. On est est venu pour ça, on l’aura voulu. Un dernier regard vers le majestueux mont Blanc caché par les nuages. Il est temps d’en finir.
Quelle journée ! Vite une douche pour se réchauffer un bon repas, et de l’eau, beaucoup d’eau !

14h19, 49ème sur 650 au départ et 414 finishers.
Le premier finira en 11h40 avec 22 minutes d’avances sur le second. Les derniers flirteront avec les 20h : une longue journée.
25 femmes étaient au départ.

Arrivée TMB 2017

Arrivée TMB 2017

C’est une rando cyclosportive d’une difficulté réelle : physiquement, avec une bonne préparation, elle est réalisable (attention néanmoins à la fraicheur) mais c’est surtout mentalement que cet évènement viendra vous challenger au plus profond. Des heures de selle, du chaud, du froid, et des heures de « tout à gauche » à ne plus savoir qu’en faire vous attendent. Vous serez réconfortez par de superbes paysages et une grande satisfaction, de devenir, vous aussi un « héro » selon Sport Communication.

Un grand merci à tous ceux qui rendent ces moments possibles (ils se reconnaitront) et à vous qui me suivez et m’encouragez !

Vivement la suite, en août, en espérant que ce soit un peu moins dur !

Conseils :

*Le D+ est interminable et à un moment ou à un autre, vous serez forcément scotché dans une ascension. Pensez-y au moment du choix de votre transmission, une dent en plus vous sera toujours utile.
*A contrario, j’ai vu des montages avec des cassettes de VTT : c’est bien, ça monte aux arbres, mais ça n’avance pas. Il ne faut pas oublier qu’il y a un paquet de kms à abattre dans la journée.
Les ravitos sont suffisants.
*Une vraie fraicheur mentale nécessaire le jour J.

Ma trace Strava : https://www.strava.com/activities/1084922810

L’organisation

Une bonne organisation pour cet évènement que l’on paye tout de même le prix fort : 140E + 10E de caution pour la puce.
Des ravitos suffisant en nombre et quantité (un peu juste sur le coca cola) avec fruits, pates de fruits, saucissons, fromage, pain et pâtes sur 2 ravitos.
Le sponsor, SIS, fourni de la boisson isotonique, des gels et des barres de qualité et en nombre.
Un superbe maillot est fourni à l’inscritption et les finishers ont le droit à un T-shirt, une médaille et un diplôme.
Un repas est prévu à l’arrivée, tout à fait correct.
Dommage qu’il n’y ait pas de Live tracking.

briefing TMB 2017

briefing TMB 2017

dossard TMB 2017

dossard TMB 2017

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4 réflexions au sujet de « Le Tour du Mont Blanc Cyclo 2017 »

  1. PETREMENT Philippe

    Salut David, bravo pour ton résultat et ton récit sur le TMB 2017, j’y étais aussi par contre j’ai mis « un peu plus de temps » que toi soit 15h58. Pour ma part, j’ai eu du mal dans les vallées avant les tunnels du grand Saint Bernard et dans la vallée d’Aost (chaleur…). Dans les cols c’était plutôt tout à gauche et beaucoup de courage pour atteindre les sommets malgré le vent de face et la fraicheur sans esprit de compétition par rapport aux autres participants.
    Félicitations….

    Répondre
  2. Ping : Inferno Triathlon 2017 – L’enfer existe : j’ai adoré. | Récits de mes pérégrinations sportives

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