Elsass’Bike Ultra 130 – Ultra dans les sapins

9h de bon VTT dans Vosges, 130 km et plus de 4000 mètres de D+, l’Elsass Bike ne fait pas les choses à moitié ! Je suis donc aller vérifier si le récit de Jean-Pierre était exact, dans ce pays où les forêts sont préservées et où l’accueil est une institution. Retour sur un weekend… humide !

Entre Nancy et Strasbourg, Wangenbourg accueille la 3ème édition de l’Elsass Bike qui se veut l’épreuve Marathon VTT en Alsace. Faut dire qu’on y vient pas pour randonner tranquillement : l’épreuve reine affiche 130 km et plus de 4000 mètres de dénivelés. A quelques semaines de mon objectif de l’année, c’est l’épreuve idéale pour moi. Un bon gros VTT pas ultra technique permettant de tout passer sur le vélo et donc d’éviter les risques de blessures, je signe.

Je passe le samedi aprèm dans la salle Polyvalente, immense salle au milieu des prés, dans un petit hameau perdu au milieu des forêts vallonnées de sapins : le décor est planté, on va en prendre plein les yeux, dans une nature préservée et sublime.
L’accueil est chaleureux, sincère et personnalisé. L’équipe de Thomas, le gourou de ce marathon Alsacien est à la hauteur de la réputation Alsacienne. L’inscription, assez élevée pour ce type d’évènement (26 euros sur le 130 sans repas) permet d’obtenir des goodies assez sympa : plaque de cadre personnalisée (drapeau et nom), autocollant à notre nom à coller sur le bike, autocollant avec la courbe de niveau (hyper utile en roulage, collé sur le guidon), un porte clé, et des produits des nombreux sponsors (mars, dark dog, Apurna, Eau Alsacienne) dans un sac en toile à l’effigie de l’épreuve. Les bénévoles prennent le temps de tout m’expliquer et me donnent rendez vous le lendemain à 6h45 pour le brieffing d’avant course.

Le samedi soir, c’est le traditionnel repas avec une partie de la team parisienne : JM et Marie, Alain et ses collègues, Christine, Richard, Christophe et Jean-Pierre qui nous dégotte une auberge perdue au milieu de la forêt. Pour une somme modique nous mangerons des planches de charcuterie et des flammekueches en nombre, sous une pluie battante : ambiance simple, chaleureuse, arrosée de bière, on y passe une agréable soirée.

Poste de pilotage Elsass Bike

Poste de pilotage Elsass Bike

6h : le jour le plus long va commencer. J’avale un gâteau sport dans ma chambre d’hôtel. Une fois n’est pas coutume (et aucun regret étant donnée la pluie soutenue tombée toute la nuit), nous avons troqué notre tente pour une bonne nuit réparatrice à l’hôtel.
6h30, je sors sans bruit le vélo de ma chambre et espère éviter le patron, direction le départ à 5,5km de là, en guise d’échauffement, sous une bruine raffraichissante. J’approcherai ainsi des 140 km des copains qui ont la veille, affronté la mythique et détrempée MB Race. Un jour, c’est sur !

Un peu en retard, ou dépassée, les organisateurs feront le brieffing du 130 quelques instants avant le départ. Juste le temps que la pluie s’arrête et nous laisse tranquille jusqu’en milieu d’après midi.
Nous sommes une petite trentaine à tenter ce défi, je peux donc sans crainte me placer aux avants postes. Je souhaite faire un départ rapide pour ne pas être gêné et rouler tout de suite à mon rythme.
Un belge, avec le dossard 1, connu comme le loup blanc (un pro ?) nous rejoint et le départ est donné à 7h00.
Je me mets tout de suite dans la roue des 2 belges affutés, et nous naviguons ensemble dans le village pour rejoindre la forêt que nous ne quitterons quasiment plus. Le balisage, écologique puisque à la craie au sol, sera parfois un peu juste, mais avec l’habitude cela est convenable (et ne dénature pas la forêt).
Les premiers chemins à profil positif sont détrempés : je suis trempé des pieds à la tête en deux temps trois mouvements, l’humidité est pas agréable, ça glisse de partout.
Les Belges se retournent plusieurs fois, je suis, à ce moment là, le seul à les suivre, avec l’air de dire : « C’est bon, on y va ? ». Sauf que moi je suis déjà en mode « on y va », tant et si bien qu’ils disparaitront rapidement de ma vue et me prendront plus ou moins 8 min entre chaque ravito.
Je roule un peu seul dans ce paysage embrumé où l’on ne voit pas grand chose en me demandant un peu dans quelle galère je me suis encore mis, tout seul comme un grand. J’aime pas être mouillé, c’est vraiment pas agréable. Heureusement, le terrain draine bien, et les premiers chemins sont très roulants.

Arrive enfin le premier single à profil montant, avec racines et pierres : technique, il faut parfois dépenser pas mal de watts pour passer les difficultés. J’avance pas bien, je bute un peu partout et suis très désuni. Je ne sais pas ce que j’ai… Je découvrirai plus tard que mes lunette jaunes, couvertes de gouttelettes et de boue, m’empêchaient tout simplement… de voir correctement !
L’avantage, c’est que David me rejoint rapidement, pour une partie de manivelles longue de plus de 7h !
Je le laisse d’abord passer, puis, au fil des longues ascensions de cette première partie à profil montant, nous nous passons et repassons, tant et si bien que les homonymes engagent une conversation qui durera toute la journée !
David le Vosgien, passionné de nature, travaille le bois un peu plus au nord et profite de son temps libre pour descendre les chemins à gros rythme et les monter tout aussi vite !
Le temps sèche un peu, et nous arrivons au premier ravito : arrêt éclair, nous avons moins d’1h15 de roulage.
La suite est dans un premier temps peu intéressante : grande piste descendante. L’avantage, c’est que nous pouvons récupérer des 15 premiers kilomètres montants et sécher nos vêtements avec le vent lié à la vitesse ! Ensuite, quelques bosses typique de l’endroit, ensablées, entrecoupées de racines et de pierres, nous amènent sur nos premiers sentiers descendants : single en balcon, c’est dans un premier temps compliqué pour moi, je bute partout, j’avance pas (toujours les lunettes) puis ça devient un vrai bonheur. Un flow incroyable dans ces chemins, surtout avec un ouvreur de choix, on serpente à haute vitesse sur quelques centimètres de larges, entre pierres et racines, kiff intégral inside !

Finalement il faut déjà remonter pour arriver au 2ème ravito, km 35 avec 2h tout rond au compteur. Vue superbe surplombant la vallée et le village en dessous, nous nous délectons de toutes les victuailles à notre disposition : nous sommes les premiers à nous arrêter et prenons le temps et le soin de tout goûter.
Néanmoins, nous sommes conscient de la longueur de la journée, et nous remontons rapidement au turbin, dans cette forêt immense et ininterrompue de sapins, que c’est beau paisible !
J’apprends à connaître David, et vice et versa, et notre façon de rouler devient fluide au fils du temps. Je mets un peu de rythme dans les ascensions suivantes, la crainte de la pluie en fin de journée et du long retour à Paris m’incite à ne pas trop flâner. Et puis, je dois le reconnaitre, les jambes ne demandent que ça !

Nous avons maintenant bien séché et maintenons une bonne vitesse de croisière : nous suivons les 2 traces bien visibles de nos amis belges, sur un terrain qui absorbe bien les pluies de la nuit. Les coups de culs sont ici assez long, mais tout passe sur le vélo à qui sait prendre la trajectoire idéale et donner le coup de pédale qu’il faut au bon moment. Les descentes, elles, sont un festival de fluidité, un hymne à la trajectoire, un bonheur qui dure parfois de longues minutes, tant nous avons monté avant.
3h15, 52 km, arrêt éclair au ravito. Les bénévoles sont sympathiques et connaissent, tous, très bien la région et le parcours. Mais comme nous sommes dans une portion montante et assez longue, nous repartons fissa, pour profiter au plus vite de la prochaine session descente.
Celle-ci ne tardera pas à s’ouvrir devant nos pneus, et je laisse filer David qui se joue du terrain avec énergie sur son tout suspendu. Je suis un peu plus prudent dans les ruptures et sur les pierres, mais prend un plaisir immense, au fur et à mesure que la machine se débloque (c’est mieux quand on y voit quelque chose).

Finalement, c’est déjà la fin de la première boucle, marquée par un ravito que nous dévaliserons et où nous pourrons remplir nos bidons. 3h35, 65 km, on a pas trainé, sachant pertinemment que la deuxième boucle, ne sera clairement pas aussi roulante.

On repart donc par une belle descente, remontés comme des horloges suisses, pour attaquer une longue portion montante et boueuse.
Cette fois, c’est plus compliqué, car après plus de 60 bornes seuls dans la forêt nous rejoignons les randonneurs qui posent pied à terre à chaque difficulté. Evidemment, les gens se poussent, mais le terrain, retourné par les passages précédent et très energivores. Sur 130 bornes, on avait pas besoin de ça !
On s’emploie quand même bien avec David, pour enfiler les kilomètres en vue des prochaines descentes. Parfois, nous montons sur des pistes larges à faible dénivelé et je prends plaisir à mettre du rythme. D’une manière générale, je monterai souvent sur le grand plateau, un peu en force, préférant forcer que de mouliner comme un damné, ce mode de fonctionnement me réussissant bien sur les longs parcours.
En passant la barre des 75km, je marque un peu le pas et constate que je bois très peu : je m’emploierai donc à réparer cette erreur (qu’il ne faudra pas reproduire) dans les kilomètres suivants et la forme revient peu à peu.
Les boucles spécifiques aux grands parcours (90 / 110 / 130 selon les cas) nous permettent d’être plus tranquille, mais nous continuons à doubler sans cesse, sur des chemins rarement très large !

12h, nous arrivons au ravito du 80ème kilomètres. Celui là était obligatoire : fruits en pagailles, fontaine au chocolat (oui oui !) je peux finir de me refaire la frite au milieu de la cacophonie générale.
Vite, finalement, nous repartons dans la calme des montagnes et de la forêt,  direction le haut de la montagne pour une notre partie de plaisir descendant. Que ça monte ! Parfois on pense que cela ne s’arrêtera jamais. C’est que l’air de rien, il faut se les avaler ses 4000 mètres.
Le paysage est lui, toujours sublime, et passe le temps, entrecoupés de conversations avec mon acolyte du jour.
C’est une partie difficile, entrecoupée d’une descente absolument somptueuse qui nous amène, encore une fois à un ravito.
j’y retrouve Marie en faisant le plein de saucissons ! Pénurie d’eau, nous repartons donc un peu à sec n’ayant pas le courage d’atteindre un quart d’heure l’arrivée de l’or transparent.

Fontaine chocolat Elsass Bike

Fontaine chocolat Elsass Bike

Le chemin suivant, en balcon toujours, est sublime mais complètement bouchonné par des cyclistes moins aguerris. Vite, donnez moi une trace spécifique au 130, que je m’abreuve de ces belles traces à mon rythme !
Il n’y avait finalement qu’à demander : une trace sublime dédiée au 130 km, Déserte et sèche, si ce n’est quelques vététistes ayant choisis la formule 2 jours, nous les dépassons à mach 2, nous pouvons engranger du très gros D+ supplémentaire, comme si cela nous manquait. C’est la partie vraiment difficile de ce parcours, nous montons longuement, des parties très raides, sans répit, en prise sans cesse. Heureusement, les dépassements réguliers nous occupent, et permettent de changer de rythme. ça transpire à grosses gouttes sous le casque.
C’est parfois très longs, mais les jambes répondent toujours bien, alors profitons en ! Quelques gouttes nous accompagnent, mais la forêt, toujours aussi belle, quelle région, nous abrite correctement.

Direction le dernier ravito, que nous apercevrons au loin avant de faire un détour inutile.
Le ravito, lui, nous permet de nous réhydrater, et avaler un maximum de calories en un minimum de temps.

Arrivée Elsass bike 2017

Arrivée Elsass bike 2017

13 km pour l’arrivée, on a 7h20 de roulage, ça le fera en moins de 8h30 ! Nous repartons en pleine forme, sur de belles descentes roulantes mais non techniques. Plus que 10 km, mais plusieurs ascensions nous tendent les bras encore.
Nous sommes rejoint par le 4ème du 130 km : nous avons en effet, lors des longues ascensions précédentes, bien réduit la cadence de pédalage.
Le sociétaire du Morvan a encore des réserves et ne semble pas vouloir amuser le terrain. Il nous emmène 1 ou 2 km à bon rythme, puis à 5 bornes de l’arrivée, alors que nous faisons fasse  à l’ascensions finale, je prends les choses en main. Je mets du rythme, deux affutés dans ma roue, doublant tout ce qui bouge. C’est grisant d’emballer une fin de parcours comme ça. Le chemin est large et roulant, je peux donc dérouler sans difficulté, mais ça souffle fort.
Je ne coupe pas l’effort dans la dernière belle descente, ça virevolte dans tous les sens : je suis enfin à l’aise, après 130 bornes !
Les 2 derniers kilomètres, à profil montant, nous permettent de nous tester. Je semble le plus en forme, l’émulation est sympathique. Belle vue sur le château, un château, c’est toujours en haut, donc maintenant, ça descend jusqu’à l’arrivée.
Je pensais que nous en resterions là, mais je sens que le rythme s’élève encore. Je m’accroche. Nous déboulons à toute vitesse sur l’aire d’arrivée, le sprint est lancé sans aucune concertation. Je suis sur la gauche, j’aperçois le photographe, la ligne, les spectateurs. On joue quand même la deuxième place (le Belge de l’équipe Gilkinet – BH avec le dossard 1 s’étant rabattu sur le 110). Aller je le reconnais, j’ai la banane et accroche la victoire d’une roue sous les applaudissements. On en rigole tous les trois, on s’est fait un grand plaisir pendant 10 bornes. Nous sommes à 15 min du premier !
Quelques mots avec les organisateurs qui nous accueillent chaleureusement, une coupe de crémant, un T-shirt finisher, une photo finish avec David, compagnon de luxe du jour et il est temps de vaquer rapidement aux obligations d’après épreuve : nettoyage du vélo recouvert de boue et de sable, une douche froide, 2 hot dogs – bière, des glaces, on refait le parcours avec les copains présents avant de filer fissa à 500 bornes de là.
Des images de sapins et singles avec un flow incroyable plein la tête. (Damien, l’épreuve pour toi !).

arrivée elsass bike

arrivée elsass bike

Bravo aux organisateurs pour cette trace, certes parfois roulante, du fait des obligations natura 2000, mais intéressante pour quiconque souhaite faire une vraie épreuve marathon.

Le 130 et ses 4000 m de D+ n’est clairement pas à mettre sous toutes les roues. C’est un vrai parcours marathon, parfois un peu technique, usant, un terrain energivore, des montées sans fin. Il faudra un petit bagage technique et une sérieuse endurance pour venir à bout, avec le plaisir de cette épreuve.

Merci JP de nous avoir convaincu d’aller poser nos crampons dans cette nature préservée, cet espace de calme et sérenite.

Pourquoi pas l’année prochaine, aller découvrir la future épreuve Gravel ?

Vivement la suite !

La trace Strava : https://www.strava.com/activities/1064133448

PS : Photos à venir dans la semaine

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