RIC 2017 – Raid Impérial Compiégnois

Depuis le temps que j’entends parler du Raid Impérial Compiégnois, ce fameux raid longue distance à Compiègne, j’ai enfin eu l’occasion d’y poser mes crampons pour cette 21ème édition. Une balade expresse de 105 km dans la fournaise et la poussière, mais aussi quelques belles surprises et au final, un raid loin d’être si facile que ça.

C’est début mai que je me suis acquitté des 11 euros (10 euros et 1 euro de frais) permettant de participer au RIC 2017, le raid Compiégnois qui sera, pour la première fois, exclusivement organisé par le VTT Compiégnois. Le nom évolue donc (c’est subtil) et passe du Raid Impérial Compiégnois au RIC. Gageons que les dynamiques organisateurs sauront réutiliser la recette de ce raid renommé de la région parisienne (élargie).
1H30 de route quand même, c’est la limite maximale selon moi pour un raid au départ de la maison. Heureusement que le soleil se lève tôt, car le départ à 7h30 implique un réveil aux aurores.

Quand j’arrive sur place, quelques minutes avant le départ, je suis surpris tant par le soleil qui tape déjà fort, et par la foule amassée sur l’aire de départ, ni plus ni moins qu’un stade de foot. Il faut dire qu’avec des parcours variés (25,40, 55, 70, 85 et 105 km) de VTT et deux parcours de marche (10 et 20 km), le renommé raid attise les foules.
Je récupère mon dossard, numéro 86 et croise Benjamin, secrétaire du club qui devait rouler avec moi mais a préféré se réorienter sur le 85 km.

Le temps de faire la queue, le mass start est donné sans moi, je me dépêche donc d’accrocher ma plaque, jeter les prospectus, récupérer mon bon boisson et mon bon cadeau, lancer le GPS et avec quelques minutes de retard, m’élance pour un bon gros cent bornes.
Tout de suite, je sens que la semaine sans intensité (ça va devenir une habitude !) a porté ses fruits et que j’ai donc bien récupéré. Le cœur est au top, les muscles ne demandent qu’à fonctionner, le soleil brille fort. J’ai d’ailleurs monté un deuxième porte bidon pour tenir la distance entre chacun des 6 ravitos prévus sur le parcours.
Les premiers chemins sont plats et sablonneux. Moi qui ai gonflé mes pneus en prévision d’un parcours (très) roulant, je suis obligé de mettre des watts pour sortir des sablières. Cela me permet de doubler les cents bornards par grappes entières, me faufilant comme je peux afin de remonter rapidement à l’avant du paquet. Mais j’ai quand même plusieurs minutes de retard, et je ne suis donc pas sûr de pouvoir faire la jonction. La forêt est encore à température agréable à cette heure, et j’en profite, sachant pertinemment que les grosses chaleurs vont nous rattraper.
Les premiers singles, avec étangs, font très vite leur apparition : c’est superbe mais je suis du coup bouchonné. Ce n’est pas une course, néanmoins, ces quelques minutes à fond, m’ont donné envie de tenter de mettre du rythme. Je profite donc des premiers coups de culs au 8ème km, bien raides et longs, (ça sera une constante) pour tout monter en forcer et m’extraire ainsi de différents paquets.
Pour des raisons mécaniques, je ne peux pas utiliser les 2 premiers pignons, de ma cassette, donc je dois tout monter à la force des cuisses.
Dès qu’un chemin roulant se présente sous mes roues, je lâche tous les watts disponibles à cette heure, passe allègrement la barre des 30 km/h et dépose purement et simplement tout ce qui bouge. Je prends quand même le temps d’admirer cette et immense forêt, nous sommes dans la verdure et c’est magnifique.
Je déboule, au bout de 37 minutes de dépassement ininterrompu au premier ravitaillement, mais ne coupe même pas mon effort ; Je pense avoir rejoint un bon groupe d’affûtés, à la vue des vélos, des maillots connus, des bronzages et de l’absence de poils aux pattes.
Le parcours redevient très roulant, dans les hautes herbes et je double encore quelques duos épars.
Un mec, Nicolas, fini par s’accrocher à ma roue. Nous roulerons de concert un bon petit moment. Cela m’incite à garder le rythme, même dans les herbes hautes, sur ces longs chemins plats qui tabassent et où la fourche n’est pas superflue pour mettre du rythme.

Une longue côte nous permet de rattraper encore quelques affûtés et d’arriver au ravito du 25ème km après 1h20 de roulage. C’est un circuit de F1 ici !
Nous sommes dans les 5 premiers, c’est tout bon, les chemins sont bien dégagés, la table est bien achalandée et je me jette déjà sur le saucisson et le fromage. Nous repartons ensemble, avec Nicolas, après avoir salué nos hôtes que nous reverrons dans quelques dizaines de kilomètres. Après une descente qui nous envoie à mach 3 sur la côte suivante, nous avons le droit aux typiques longues ascensions locales. Ça y’est, 9h du matin, ça commence à cogner sous le casque, et le maillot est déjà bien humide. Qu’est que ça sera à 12 h !
Les jambes sont excellentes, je fais le trou, en force, dans les côtes et laisse mon acolyte revenir sur le plat. C’est sa première longue distance, il souhaite donc se ménager. J’ai des bonnes jambes, mais je trouve plus sympa de rouler à 2. Néanmoins, je suis constamment devant, à faire le rythme, ce qui ne me déplaît pas, c’est un bon entrainement !
S’en suivent de longs kilomètres avec un flow absolument magique, pour qui aime rouler à bon rythme dans des chemins secs. Moi j’adore ! Ça envoie sur du chemin plus ou moins large, en rythme, tout en relance. L’air de rien, il faut des jambes pour se permettre de profiter de ce genre de terrain qui nécessite de perpétuelles relances. Je joue avec le blocage hydraulique hyper réactif de ma fourche, pour ne perdre aucune énergie en sortie de virage. Je me régale, il va sans dire. Mais je me dis aussi que 100 bornes comme ça, ça ne va pas être de tout repos, je suis tout le temps tout le temps en prise, avec parfois, en tête, l’image d’être sur un home trainer sans vraie raison d’arrêter de pédaler. En attendant, la vitesse permet de se rafraîchir, c’est tout bénéfice !
On croise le parcours retours au 32,5ème kilomètres, et on s’élance pour une boucle spécifique au 105 kilomètres. La partie qui s’en suit, est dans un premier temps très décevante, en direction de Béthisis Saint Pierre. Cela marque d’ailleurs la fin du premier gros segment Strava que je franchis en 6ème position (1h45 de roulage pour 33 km).
Ensuite, en dehors d’un aller-retour sur la route pour cause d’un balisage un peu léger, c’est du caviar à la sauce Compiégnoise. Le parcours devient ludique dans une forêt à dénivelé. Mention spéciale pour le tracé à la banderole (par le gars qui tient le deuxième ravito), en arrivant au troisième ravito (vous suivez ?) : un vrai circuit de XC qui exploite un pan de colline entre les arbres, où ça tournicote dans tous les sens. J’ai rejoint tous les affûtés et c’est avec un immense sourire que l’on fait tous les niveaux au ravito spécifique du 105 km avec 45 km en 2h30 au compteur.

parcours ric 2017

parcours ric 2017

C’est avec la banane que Nicolas et moi-même nous élançons à l’assaut des kms suivants. Quelques petites côtes (longues, raides et sous la chaleur) permettent de faire le trou et de profiter de cette belle trace. Chaque longue ascension donne accès à une descente : la première, la descente des sangliers, sur son lit de copeaux de bois et de feuilles mortes donne l’impression que le vélo flotte, à des vitesses inavouables, avec le bruit caractéristiques des bouts de bois tapant sous le cadre. La deuxième spécifique, dans des herbes qui montent jusqu’au guidon, est plus stressante, puisque l’on ne voit absolument pas où l’on va, mais comme on dit, toucher aux freins, c’est pêché !
Avec tout ça, c’est une tique de ramenée à la maison, inspectez-vous régulièrement, ces sangsues sont partout.
A force de trouver que le vélo flotte, c’est qu’il doit y avoir une bonne raison : un demi centimètre de jeu dans le roulement de crossmax avant, et presque autant dans le jeu de direction. Heureusement, à l’arrivée, un gentil mécano Intersport, me remettra tout ça en place. J’étais déjà en train d’imaginer ma non-participation à l’Elsass Bike en juillet. Mais on y reviendra, on a encore des longs kilomètres à avaler !
La boucle spécifique se termine déjà, kilomètre 55, et 5 km de plat s’offrent à mes roues, que j’avalerai en 16 minutes, Nicolas derrière.
Nous revoilà au deuxième ravitaillement, le temps de remplir les bidons et discuter avec les gentils organisateurs traceurs. Nous sommes maintenant les premiers du 105km.
Je repars, j’ai vraiment une sacré forme, le parcours redevient très roulant, alors je ne coupe plus. C’est pour moi la partie la plus roulante de ce parcours, mais pas forcément la moins intéressante : l’air de rien, c’est très physique d’être en prise tout le temps. Je double d’ailleurs de nombreux participants des parcours inférieurs qui à la moindre côte sont tout à gauche. Je prends un malin plaisir à tout passer en danseuse ! La chaleur est usante, je bois de plus en plus, les ronces piquent !
4h08 de roulage, 76km, me voilà au 5ème ravito de cette belle matinée, avec tout un lot de participants des parcours inférieurs : je suis le premier du 105 qu’ils voient passer et sont un peu étonnés de se faire « déjà » rattraper ! Segment de 31 km bouclé en pole position en 1h48 (1h39 de roulage effectif).
Ça sera mon plus long arrêt, 6 min : je mange beaucoup, bois encore plus, et attend Nicolas qui vient de me rejoindre. On repart ensemble, mais on sent qu’il marque un peu le coup et qu’il va ralentir pour la suite. Moi, c’est l’inverse, j’ai envie d’accélérer maintenant.
Les organisateurs ne nous ont pas ménagés : c’est une des parties les plus dures. Les côtes sont longues et assassines et je vois une grande majorité de pédibus. Je me force à tout monter (en force) sur le vélo, mais parfois, l’envie de poser pieds sera forte. Les participants sont adorables et me font de la place dans chaque côte, et j’ai le droit des encouragements nourris quand je les dépasse, surtout avec ma plaque 105 km. C’est bon pour l’égo !
Les jambes sont toujours bien actives, mais les relances sont moins franches. Surtout, la chaleur invite à plus de retenue. C’est à partir de 11h40 que je sentirai vraiment qu’il faut faire attention et bien boire, si je ne veux pas exploser en vol.
Km 93, 5H12 de roulage, c’est le dernier ravito qui est assailli de randonneurs. Tant et si bien que j’y passerai 3 min, pour réussir en tout et pour tout à remplir un bidon d’eau claire et avaler 3 cacahuètes. On sent que la chaleur a pris au dépourvu les organisateurs mais aussi les randonneurs qui souffrent.
Je repars donc le couteau entre les dents vers l’arrivée. Les singles sont de nouveaux étroits et pleins de sable. Ça bouchonne énormément, des familles sont sur les parcours. Il faut prendre son mal en patience et attendre les grandes allers pour mettre les derniers watts en réserve !
Je boucle les 13 derniers kilomètres en 39 min, sans difficulté majeur que celle de devoir relancer entre deux dépassements. Je mange beaucoup de poussière aussi !
Finalement 6h tout rond après mon départ, je passe l’arche d’arrivée en pôle position fictive après 106 km avalés en 5h41 de roulage et près de 1900 m de D+ loin d’être usurpé. Mon bronzage à la poussière est bien brun !
La queue pour la bière me fait préférer un coca bien frais, je récupère mon bidon cadeau et n’ayant pas de liquide sur moi, je saute le repas appétissant à base de frites grasses.
C’est une superbe matinée ensoleillée qui a révélé une forêt magnifique et très étendue. Je suis ravi d’avoir pris part à cette manifestation reconnue, avec des bénévoles adorables et passionnés, qui connaissent parfaitement leur parcours.
Contrairement à ce que j’ai souvent lu, ce n’est pas un parcours facile, à qui se donnera la peine de mettre du rythme. Certes, il n’y a rien de technique. Il y a quand même trois-quatre passages tracés à flancs de collines qui tournicotent sévère entre les arbres et dans la pente et qui vous chaufferont les cuisses comme il faut (Bonnières inside). Surtout, des côtes assassines dignes de certains très beaux raids, viendront ponctués ce parcours roulant, au revêtement changeant et parfois qui ne rend rien !
Je ne suis pas sûr de refaire les 3h de routes que cela représente, mais je vous recommande néanmoins d’aller y poser vos crampons au moins une fois !
Vivement la suite.
Ma trace Strava : https://www.strava.com/activities/1042461536/segments/25665721377

 

 

 

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