Monticyclo – 200 km dans la campagne française

C’est le weekend de la Granit Montana, cette rando que j’affectionne tant, mais qui est aussi si difficile. En vue de mes défis estivaux, il est plus raisonnable pour moi de m’habituer à passer du temps sur mon vélo de route. La Monticyclo, organisée par le club de Montigny le Bretonneux répond à tous les critères : accessible depuis la maison, un gros kilométrage, et les copains. Let’s go ! 

A 5h, je tourne en rond dans mon lit alors que je ne dors que depuis 4h. Tant pis, ça me laissera le temps de déguster mon gateau sport d’avant longues sorties.
Longue sortie car si je loupe la Granit Montana cette année, il faut que ça vaille le coup : j’ai coché ce weekend pour me faire mon premier 250 km.

6h10, il est temps de clipser les pédales pour rejoindre Montigny à 20 km de là. J’ai regardé la carte avant de partir, c’est très simple et je sais que je verrai des vélos en arrivant pour repérer le stade, lieu de rendez vous. Il fait déjà bien jour, et les 15 degrés laissent entrevoir une journée chaude. Malgré la courte nuit, les jambes répondent présentes. J’ai fait une semaine très light : seulement des balades au plaisir en cap ou vélo, sans jamais faire monter le cœur. ça paye, je sens que toutes les jauges sont bonnes. Levé de soleil superbe, sur la plaine de Versailles avant de gravir côte de Bois d’Arcy.
Un peu avant 7h, je rejoins sans encombres  le stade avec une autre cyclo (une jeune qui va faire le 200 avec un vélo tout bête) et retrouve Georgio et Franck.
Je récupère ma carte de pointage, je me suis inscrit à l’avance.
Je retrouve Marc, du club de Versailles qui se remet de ces derniers exploits à la montagne : si tout se passe bien ils nous rattraperont en route et on pourra faire un joli peloton.
Manu nous rejoint et nous pouvons nous élancer tous les 4. Les autres membres du club ont préféré prendre la distance plus raisonnable, le 150 et faire la grasse mat !

Les premiers km, tout plat, permettent de s’éloigner de la ville : c’est un coin que je commence à bien connaitre : Maurepas, Elancourt, la colline de la Revanche, Jouars Ponchartrain… Je connais les routes par coeur, et tout en taillant allègrement la bavette avec mes 3 comparses, imprime un rythme soutenu tant que le soleil ne nous assomme pas. Nous doublons des grappes entières de cyclistes partis plus tôt.

Le Tremblay, Montfort l’Amaury, Galluis, la Queue les Yvelines, Garancière, Orgerus, Tacoignières : des routes connues et reconnues que ce soit seul lors de mes explorations des Yvelines ou derrière Luc, le traceur en chef des sorties routes du club. Peu de dénivelé, des compagnons en forme, on appuie fermement sur les pédales : ce qui est fait n’est plus à faire. Et puis Manu m’a dit qu’on pourrait peut être rattraper les gars du club.
« Ils ont une heure de retard mais 50 km de moins, on roule 1 ou 2 km/h plus vite, à quelle heure aura lieue l’impact ? »

Même si je sens que ça souffle un peu derrière, je ne relâche plus la pression, surtout qu’un petit groupe que l’on a dépassé, s’est accroché à nos basques. Parfois, nous mettons en place des relais, mais seuls les 4 maillots de St Germain collaborent, alors je reprends le rythme.
Orvilliers, Boissets : je suis rarement venu jusque là !
Km 55 (75 au compteur), direction le cimetière de la Chaussée d’Ivry pour le premier ravitaillement. Nous sommes royalement accueilli sous le soleil après 1h35 de route. La moyenne est bonne ! On refait les niveaux, il va faire chaud, on admire les deux vélos couchés eux aussi engagés sur le 200 et on repart.
Je nous ramène rapidement sur le groupe avec lequel nous étions avant la pause, et nous collaborons un peu mieux pendant quelques kms. Je prends parfois de longs relais pour être sur que nous ne sommes pas sur un faux rythme !
Magnifique château d’Anet, on longe l’Eure pendant de nombreux kilomètres : Franck regrette presque que l’on ne s’arrête pas pour une petite baignade, mais nous sommes trop occupé à faire descendre les kilomètres, en traversant de nombreux et charmants petits villages, entrecoupé par des routes de mauvais bitume ombragé. ça discute, et la séparation avec le 150 km arrive déjà.
Pas de doutes, nous sommes bien prêts pour les 200 ! Je reste de plus en plus longtemps à l’avant, on verra si ça tient, mais j’ai envie de voir combien de temps je peux le tenir ce rythme : le compteur affiche des vitesses élevées, et j’essaye de ne jamais le laisser passer sous les 31.
Après 3h10 de roulage sur la cyclo, nous sommes à Maintenon : 30 min d’arrêt pour le repas de midi qui commence à… 10h10 !


Royal encore une fois, nous prenons notre plateau (pâtes, carottes râpés, poulet, 2 morceaux de fromage, pain et banane) avec une canette. Quel festin, avalé au soleil avec les copain à devisser vélo ! Nous serons juste interrompu par l’explosion d’un pneu d’un vélo, pneu coupé, impressionnant. Heureusement l’organisation a pu dépanner le malheureux.

Après remplissage en règle des bidons, il fait déjà plus de 25 degrés, nous repartons alors que le club de Versailles arrive : à priori on ne roulera pas ensemble aujourd’hui.
Evidemment ça monte, évidemment en vent de face. Je sens que c’est un peu dur pour mes compagnons. J’utilise donc la technique de la diversion : quelques longs kilomètres à fond pour les remettre dans le bain ! Pas besoin de relais, j’ai les jambes qui piquent, mais ça fait du bien ! Les kilomètres descendent plus vite comme ça, à travers les champs, sur de petites routes charmantes de campagne, régulièrement entrecoupées de belles bâtisses.

Hélas notre Président Georgio n’arrive plus à se mettre dans les roues, mal au genou, fatigue, bref, c’est dur, il n’arrive plus à sortir le moindre watt. On fait une quinzaine de kilomètres au ralenti, en espérant qu’il se refasse la frite alors que le soleil cogne maintenant bien fort. J’ai toujours les jambes qui démangent, c’est normal docteur ?

Dernier ravito, au km 145 (165 au compteur), nous sommes dans les 10 premiers à passer là. On fait le plein des bidons à l’ombre, et on discute avec les sympathique bénévoles, notamment du PBP, un de mes doux (pas si doux) rêve. Bon, mais là, faut finir le boulot, et rentrer par la magnifique vallée de Chevreuse.
On repart (ça monte, normal après un ravito) et on rejoint une des routes les moins sympas de la journée puisque passante… Nous avions été épargné jusque là.
Georgio n’arrive pas à récupérer et en voyant un panneau indiquant Clairefontaine nous lui proposons de couper : c’est plus sage, il pourra rouler à son rythme, nous aussi, et il rejoindra directement l’arrivée, ou nous l’attendrons.
Plus de 30 degrés maintenant, je mets du braquets vers des patelins que je connais bien lors de mes virées dans la vallée de Chevreuse. Quelques petites côtes, que je monte en force, mes deux comparses à mes côtés : ils sont forts les gars de St Germain, Manu et Franck en l’occurrence, dès que je flanche, ils en remettent une couche, sur un sacré rythme, sans se départir de leur bonne humeur et de nos agréables échanges.
La ligne droite entre Clairefontaine et Rambouillet est une tannée : je laisse beaucoup de forces pour ne pas ralentir. Ouf, les jolies petites routes reviennent.
Au Perray en Yvelines, nous rejoignons le petit parcours : Manu a mal au pied, on baisse sensiblement le rythme jusqu’à Cernay la Ville. J’adore cette route, en voiture, en moto, en vélo. On croise les traces du trail prévu demain, le LFC.
Ensuite, on passe au Petit Moulin des Vaux de Cernay : je décide de remettre du rythme, on est bientôt à la maison après tout ! ça file sur Senlisse, Dampierre et son château. Les touristes sont attablés, nous on est assoiffés, d’eau et de bitume.
On double pas mal de gars sur les petits parcours, s’ils savaient qu’on a presque 200 dans la besace (220 au compteur) et qu’on roule à plus de 35 à l’heure.
Les 17 tournants : une formalité à un rythme de 200 bornards, faut pas abuser. Je passe le petit plateau pour la première fois (sic) et emmène Franck jusqu’en haut. Manu nous rejoint, et j’aperçois au loin un maillot qui me fait penser à St Germain. Je me mets en mode Longchamps, j’appuie fermement sur les pédales, chaque coup de pédale nous rapproche des 40 à l’heure, les champs défilent. J’entends les coups de pédales de mes deux compagnons derrière, je ne relâche pas. C’est Georgio ! On le prévient, on lève un peu le pied, et on laisse monter dans notre petit train, direction la côte de Port Royal.
Tout en finesse celle là, j’emmène de nouveau Franck. Direction le col du Manet, ça sent le sandwich de l’arrivée !
Regroupement général : nous sommes partis à 4, nous finirons à 4. Après 205 km, nous arrivons en trombes sur le parking du stade de Montigny et avons la bonne surprise de retrouver nos camarades qui chargent les voitures : Luc, Olivier, Guy, Philippe. Les peaux sont bronzées, les sourires sont francs, les conversations joyeuses : les 3 crevaisons du groupe n’ont pas entachées le plaisir qu’ils ont pris sur cette simple, roulante, mais belle et bien organisée cyclo.
On file se réhydrater avec le traditionnel canette – sandwich.

6h25 de roulage pour 205 km et 1300 m de D+ , on s’est bien employé sur un beau parcours, petites routes campagnardes et nombreux châteaux.
Il est temps pour moi de repartir vers St Germain, avaler avidement les 20 km restants, en plein cagnard (un bidon bu en 20 km !). Les jambes sont toujours bonnes et malgré une explication avec un automobiliste qui m’a serré sur un dos d’âne, je rentre avec un franc sourire. Finalement, c’est avec « seulement » 245 km au compteur que je franchis mon portail. Est-on vraiment à 5 km près dans ces cas là ? C’est surtout le souvenir d’une journée mémorable qui se referme, avalée en 7h45 de roulage et surtout avec des compagnons de choix, qui ont accepter de rouler « à mon rythme » et toujours avec le sourire et la conversation qui va bien : messieurs, merci, c’était un plaisir !

La semaine prochaine, je chausserai les pneus à crampons pour un 120 km dans l’Oise. Vivement la suite !

 

La trace strava : https://www.strava.com/activities/1029944165

 

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4 réflexions au sujet de « Monticyclo – 200 km dans la campagne française »

  1. Emmanuel à moustaches

    Vraiment sympa ton CR et pour avoir été directement concerné, j’ai compris pourquoi tu roulais façon bien soutenue à certains moments. Pour ma part j’ai grandement apprécié, cela me va bien, moi qui n’aime pas trop m’économiser lors de ce type de sortie. Donc un vrai plaisir de rouler avec toi, tant que j’y arrive encore, et j’en connais d’autres au club!!

    Répondre
    1. David Schuster Auteur de l’article

      Merci Manu 🙂 J’ai aucun doute que tu me suivras (et me devanceras aussi parfois) encore longtemps ! A refaire donc rapidement avec toute l’équipe, mais peut être pas aussi vite :p

      Répondre
  2. Jean-Pierre Dumoulin

    Tu nous as quand même manqué à la Granit, d’autant que le terrain bien sec cette année rendait les passages techniques plus faciles. Amusant de penser tu as fait 200km à peu près dans le même temps où on en faisait 75 🙂

    Répondre
    1. David Schuster Auteur de l’article

      Deux sports complètement différents finalement mais tout aussi amusants 🙂
      J’ai bien pensé à vous, mais il fallait que je sois raisonnable pour une fois ! On se rattrape à l’Elsass bike !

      Répondre

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