Démons de Guéret 2017

Les démons de Guéret – Après la pluie, le beau temps

Pour la 5ème édition des Démons de Guéret, les petits diables rouges nous ont fait parcourir une trace mythique dans la fournaise. Différente de l’édition 2016 sous la pluie, c’est une rando à faire au moins une fois dans sa vie de vététiste, « tellement elle est bien ». Et comme l’année dernière, j’ai eu le plaisir de la parcourir en mode ouvreur avec l’ami Damien. Retour sur une ballade aux enfers comme on les aime ! Cette année, c’est sous un soleil caniculaire que je rejoins les copains à la Chapelle Taillefert, au sud de Guéret, pour la 5ème édition des Démons de Guéret. Sous des trombes d’eau l’année dernière (voir mon CR), j’avais malgré tout pris un plaisir immense autour du parc à Loups de Chabrières, dans de la monotrace déserte, technique et surtout ludique, tout en restant « passable » pour un bon vététiste. Je m’étais promis de revenir si le soleil était de la partie. Canicule, ou pas, il fallait y être pour ce dernier weekend de mai ! Le samedi, je profite des environs pour une jolie randonnée dans les forêts au-dessus de la Chapelle Taillefert et du paisible camping municipal situé à 500 mètres du départ (bon plan inside).

Démons de Guéret 2017

Démons de Guéret 2017

Je récupère ma plaque, numéro 1 🙂 et un buff rouge aux couleurs des Démons. Le soir, au bord du lac de Courtille, c’est le traditionnel repas d’avant « course » avec les copains venus eux aussi exprès de Paris : la délégation habituelle des amoureux de belles traces, pas trop faciles : JP, Pat, Richard et son amie, Benoît, Jean Marc et Mary. Une belle équipe qui dévisse matos, belles randos et autres plaisirs paisiblement en terrasse. Le Divino est à recommander pour qui veut engloutir des bonnes calories avant une grosse journée. Le départ le dimanche matin est à 8h30 pour les 70 kms et 2500 m de D+ qui nous attendent. Vue la chaleur, un départ une heure plus tôt aurait été idéal, mais il est évidemment trop compliqué de changer un horaire de départ au dernier moment. Nous sommes 400, tous parcours confondus à venir nous gaver de monotraces techniques. A peine le temps d’entendre les dernières recommandations de l’organisation, de serrer la main aux copains et de voir que l’ami Damien a fait, lui aussi, le déplacement dans sa creuse natale pour cette magnifique région. Devenu enduriste, il a délaissé les longs parcours et il y a donc peu de chances que l’on roule au même rythme cette année. Dommage, car notre duo composé l’année dernière sur cette même rando, et reformé sur la Granit Montana, nous avait bien réussis !

départ Démons de Guéret 2017

départ Démons de Guéret 2017

Le départ est donné derrière le quad pour atteindre le premier petit chemin : il fait déjà 21 degrés. Nous sommes cette année accompagné par Benjamin Le Ny, jeune champion du monde par équipe ! Pas de modestie cette année pour moi (et oui…) je décide de remonter rapidement aux avants postes pour ne pas me faire trop bouchonner, et essayer de rouler avec les « rapides », mêmes si les mollets aperçus à droite et à gauche me laissent supposer un plateau plus relevé que l’année dernière.

David Schuster Démons de Guéret 2017

Le départ est lancé, avec Richard

Jean Marc est aux avants postes avec quelques affûtés, et je reste sagement derrière dans les premiers chemins. J’ai même l’impression que le rythme est très calme, néanmoins, à la lecture du cardio, ça ne doit pas être si calme que ça alors. Benjamin et son beau maillot blanc, nous fait le plaisir de rester avec nous. Dans une ascension, ou une autre, je prends finalement un « relais », sans accélérer, s’agirait pas de se cramer aussi vite alors que pour l’instant, la trace est « roulante », dans le sens démons du terme bien sûr ! Derrière, plus grand monde, à part le maillot blanc. Evidemment, je m’en veux terriblement, alors j’essaye de temporiser dans les ascensions. Je sens que ça ne plaît pas trop à notre champion national, qui en deux coups de pédales me larguera complètement au 8ème km. Adieu, nous ne sommes pas du même monde ! Ça revient doucement derrière moi, un gars notamment du Poitou Charente qui mettra le rythme. J’entends soudain une voix connue : c’est Damien qui a finalement décidé de faire l’effort pour revenir aux avants postes !  Le duo est reformé et l’on peut discuter bon train, surtout dans les longues ascensions ! Nous sommes d’ailleurs surpris par le coureur du Poitou Charente qui emmène un gros rythme dans les côtes, tant et si bien, que nous lui laissons régulièrement quelques longueurs d’avances pour garder de l’énergie pour les boucles difficiles qui vont arriver. Nous recollons dans les parties plus techniques, admirablement emmené par un Damien qui a encore franchit un sacré cap quand la pente s’inverse. Il est intenable, les compétitions en Enduro lui réussissent bien, le potentiel du bonhomme est impressionnant. Ça dérape, ça va chercher les appuis dans les virages, dans les pierres, son acier Ritchey semi rigide survol les difficultés quand je subis complètement les racines, trous et autres pierres. Il débranche clairement le cerveau, et avec un beau succès ! Bien que l’on ne soit pas en mode course, on ne prend pas non plus le temps d’admirer le Granit alentour et malgré tout quelques affûtés reviennent sur nous. Au premier ravito, kilomètre 20 et 1h20 de roulage, la pause est éclaire, on n’est pas encore fatigué nous ! On laisse partir devant notre gros grimpeur, et Damien et moi-même partons rapidement en chasse patate. Le terrain devient moins roulant au fils des kilomètres, avec quelques magnifiques passages en hors trace. C’est l’une des spécialités de cette belle rando : de nombreuses traces sont ouvertes pour nous, à travers les feuilles mortes, la mousse, les racines, la tourbe, et parfois les tourbières, les ruisseaux qui nous rafraîchissent les pieds. On tourne autour et à travers les gros blocs de Granit : j’essaye de garder le contact avec Damien qui se joue des rochers comme un diable creusois, m’offrant ainsi la chance d’un ouvreur de choix me permettant de passer, sans trop d’hésitations partout, et à bon rythme. Je prends alors le relais dans les côtes, pour garder le rythme. Que le 29 est agréable dans ces terrains : le mode tracteur permet de se jouer de la majorité des difficultés, bien que j’ai eu besoin de quelques dizaines de kilomètres pour m’habituer au changement de géométrie induit par la mise en place d’une fourche télescopique (que je trouve parfois un peu haute) et d’un jeu pénible dans le roulement avant de la CrossMax. Finalement, la jonction s’opère avec Vincent, le grimpeur du Poitou Charente (Sic) qui permet un trio homogène : Damien nous ouvre la voie en descente, je fais le rythme quand ça devient roulant ou que ça grimpe avec Vincent. Cette fois, le trou s’est bien opéré, et nous  ouvrons la rando, quel plaisir ! Dans cette partie, le balisage est impeccable, avec panneaux indicateurs avant et après les bifurcations entre les parcours, pas d’erreurs possibles, ça se gâtera après le deuxième ravito. Après quelques dépassements de participants du 50 km, le 2ème ravito, justement, nous tend les bras. Enfin, façon de parler, car pour y arriver, il faut se payer une incroyable descente dans la tourbe, en mode Granit, un truc assez engagé, suffisamment, pour que le mode pedibus me soit obligatoire sur un passage, pendant que Damien survol tout ça. L’avantage de faire la course en mode ouvreur, c’est qu’il n’y a personne aux ravitos : 4 min d’arrêt avant 11H, on recharge les bidons et les estomacs avec du saucisson / des rillettes,  et on repart vite fait bien fait, Les Démons commencent maintenant par une dalounette et un passage entre morceaux de Granit de toute beauté ! Les descentes s’absorbent à mach 3 pour peu que l’on ait confiance dans son matos et ses réflexes. Un peu trop vite d’ailleurs car nous descendrons un peu trop bas. Nous revenons vite sur nos pas, pour un enchaînement technico ludique. Des traces en dévers, où il faut garder suffisamment de vitesse tout en faisant attention à ne pas accrocher la pédale amont sous peine de finir dans le ruisseau plus bas (n’est-ce pas JP !), des passages de rigoles pas toujours faisables, du terrain défoncé, où plus tu envoies, plus ça roule ! La chaleur commence à monter sous le casque mais c’est encore raisonnable. On en reparle dans 2h ! Certains passages, magnifiques, en total hors-piste, où l’on avance d’une balise à l’autre… Du VTT nature dans toute sa splendeur. Quand la difficulté est trop importante, il existe une échappatoire pour les moins aguerris. J’en prendrai d’ailleurs un, en fin de rando, alors que la chaleur me rendait un poil moins lucide : pas de risque inutile ! Au 40ème km, il est maintenant temps de remonter, pendant un bon quart d’heure pour atteindre le puy de Gaudy. Je prends le rythme, mes 2 comparses du jour dans la roue. Sans forcer, je fais le rythme. Plus de balisage en haut… On tourne un peu, on trouve une flèche par terre, une flèche en haut d’une pente herbeuse : on remet tout en place pour les suivants (c’est du boulot d’être aux avants postes !) et on enchaîne sur un point de vue Creusois absolument magnifique avant de plonger à toute vitesse entre les rochers pour une longue descente, avec « un flow » qui donne la banane entre les deux oreilles. Que je l’aime cette rando, jamais trop dur, toujours exigeante, une sorte de trace ultime version Guéret. Moins dur que la Granit, elle n’en est pas moins intéressante de par son aspect plus ludique. La vitesse y est aussi plus élevée. Avec tout ce que l’on a descendu, y’a pas de secrets en VTT, faut tout se re-farcir dans l’autre sens. Que c’est long ! Heureusement, les diablotins ont trouvé des traces à l’ombre. Surtout, le parcours a été renouvelé à 70% par rapport à l’année dernière, ce qui est un vrai plaisir pour moi, de découvrir de nouveaux sentiers de nouvelles traces, de nouveaux hors-pistes, ponctués de passages connus. Après 10 minutes de monté, un panneau 1 km du ravito et on bascule dans une trace incroyable, la fameuse descente de ski, avec virages en épingles dans la terre noire : aussi plaisant que l’année dernière, je l’ai trouvée plus courte, peut être le déjà-vu. On a perdu notre acolyte du Poitou Charente dans l’histoire qui reconnaîtra ensuite être parti un peu fort par rapport à la difficulté. S’en suit une montée technique, empierrée, mode Granit activé, jusqu’au parc aux Loups de Chabrières, KM 53, et son 3ème et dernier ravito. Du fait de sa descente rapide, Damien a une épingle d’avance. Parti doucement, je décide de remettre du rythme, descend une vitesse, soulève la roue avant pour passer une pierre tout en m’apprêtant à mettre un bon gros coup de pédale pour prendre 2-3 km/h et me remettre dans un bon rythme. CRACCC, cling cling cling. Bruit connu mais craint de mes amis cyclistes, c’est le classique bris de chaîne. Y’a pas à négocier, c’est fait. Je dois être à 600 mètre du ravito maintenant. Je défais les nœuds de la chaîne, et pars en trottinant dans la pente vers le ravito pour soit abandonner, soit trouver une âme charitable qui me prêtera un dérive chaîne et me donnera un maillon rapide. Courir avec un vélo dans le cagnard à 12h15, c’est une expérience enrichissante !

Loups de Chabrières

Loups de Chabrières

Dès l’arrivée au ravito, on me prête un dérive chaîne, et Vincent que nous venions de perdre, nous rejoint avec le maillon rapide 11 vitesses providentiel. 15 min de mécanique pour remettre tout en place à cause du chaîne un peu récalcitrante, un ravito express, et je vais pouvoir repartir, mais en mono plateau pour cause de chaîne trop courte. Ça sera donc un 28 dents à l’avant, mais hélas, plus de grands pignons à l’arrière : adieu le 42 et le 40, ça va piquer sévère ! Merci Damien d’avoir patienté pendant ces 20 minutes d’arrêt ! Jean Marc repart lui aussi à ce moment-là, il a profité de ce long arrêt pour revenir. Mon sauveur avec son maillon rapide, n’a plus l’énergie, et décide de couper sans faire la dernière boucle spécifique au 70 bornards. Le gâteau creusois a réussi à Damien qui est reparti comme en 40 dans les descentes suivantes. On abandonne Jean Marc, et on emmène en rythme dans les ascensions suivantes. La dernière boucle, spécifique, est un petit bijou à ne pas mettre sous toutes les roues : ça monte, ça descend, de la monotrace en veux-tu, en voilà. Des longues ascensions, jamais trop techniques, mais rendue énergivores par le terrain qui ne rend pas, et la chaleur qui vous assomme. Il fait plus de 30 degrés au GPS !  J’ai du mal à me remettre dans le rythme après ce long arrêt, je dois tout monter en force (rapport à mes grands pignons inutilisables), et ce n’est pas toujours évident sur ce terrain défoncé ! Au moins, je travaille la force, me dira Damien ! Néanmoins, quel plaisir de parcourir ces magnifiques chemins, sous en temps superbes, en bonne compagnie. Je tête avidement mes bidons d’eau claire, tant et si bien qu’il faudra un peu se rationner en fin de boucle. L’organisme répond bien, le rythme est là quand il faut malgré l’absence d’alimentation spécifique, ou de gel ou tout autre complément. Bon, vers le 60ème km, après près de 4h20 de roulage sans faiblir, on commence à marquer un peu le pas : un difficile portage, certes très court, mais très raide permet de nous tester. Tout va bien, malgré la difficulté, on enchaîne sans faiblir, on porte, on pousse, on s’accroche et dès que possible, clic, les pédales sont clipsées et on repart au combat dans une trace toujours aussi magnifique, sans croiser âme qui vive. KM61, je sors de la trace sans m’en apercevoir, dans un passage hors-piste entre les blocs de rochers, et je récupère une autre trace, parcourue 5km plus tôt : sans la présence de Damien qui m’indique mon erreur, j’étais reparti pour un tour ! S’en suis un passage tout en rythme, sur single, sur des passerelles bien sèches (heureusement), et toujours ces monotraces sympas mais qui ne rendent rien. Au 65ème km, on dépasse Pat, victime, comme beaucoup d’une erreur de balisage amputant les 8 à 10 km précédent et notamment le 3ème ravito… dommage.

Démons de Guéret 2017

Arrivée Démons de Guéret à la Chapelle Taillefert

La trajectoire devient plus descendante après tout le D+ avalé depuis le dernier ravito et on survol les derniers kilomètres goulûment, en se gavant une dernière fois de tout ce bonheur de trace ludique, sous une chaleur maintenant bien forte, plus de 30 degrés. 14h, on passe la ligne d’arrivée, dans un dernier sprint (Damien en avait encore dans les jambes, pour un mec qui ne roule plus…) et comme l’année dernière c’est un grand plaisir d’avoir pu ouvrir cette belle randonnée dans les monts de Guéret, en discutant tout le long (sauf quand ça descendait !) avec l’ami Damien. L’année prochaine ? Evidemment, si les diables rouges nous réservent une météo correcte pour arpenter leurs petites traces magiques, en essayant de suivre Damien ! Il est largement temps de refaire la rando avec Damien et Vincent, prendre une bonne douche au camping municipal, manger un bon repas creusois avec une bonne bière fraîche en regardant les copains arriver avec des parcours plus ou moins complets en fonction des problèmes de balisages. On refait de nouveau cette belle journée avec les copains de Paris, que la chaleur n’a pas ménagé aujourd’hui. Vivement les prochaines sorties !

Démons de Guéret 2017

70 km démons de Guéret

Cette édition, c’est plus de 68 km, pour 2050 m de D+, quasi tout passait sur le vélo, 4h50 de roulage pour 5h25 au total pour cause de bris de chaîne, des supers rencontres, de belles discussion et toujours autant de plaisir à « ouvrir la trace ».

Merci Damien pour l’excellente partie de manivelles !

Merci Vincent pour le maillon rapide !

Merci les Démons et vos bénévoles de nous offrir cette belle journée.

Les +

 

  • La trace, sans hésitation, unique, à faire absolument
  • L’absence de chrono, on n’est pas des champions !
  • Une organisation top, dévouée, hyper sympa.
  • Un bon repas d’après course.
  • Des ravitos suffisant en nombre et en composition (avec des éco cups !).
  • Des bénévoles aux croisements des grandes routes.

Les –

  • Quelques soucis de balisage à certains endroits alors qu’il est absolument parfait à d’autres.

La trace Strava : https://www.strava.com/activities/1010281545 Attention, beaucoup de chemins privés.

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