La Gamelle Trophy 29ème édition

Je profite d’un weekend entre Saumur et Le Mans pour participer à un monument du VTT Français, la Gamelle Trophy, qui fêtait cette année sa 29ème édition.
Malgré une météo prévue comme compliquée sur la commune de Sillé le Guillaume, je rejoins Hervé aux aurores près du plan d’eau afin de participer à notre première Gamelle Trophy. Nous avons pu nous y inscrire une dizaine de jours à l’avance, les inscriptions sur place pour les 1500 participants ne sont pas possibles. Délestés de 10€, nous pouvons participer à l’une des rando organisée le matin (20-35-50 et 60 km) avant de libérer les monotraces pour les compétitions de l’après midi.

Le parking sur l’hippodrome pour cause de plan Vigipirate renforcé et très bien organisé et permet  d’avoir un espace départ vide de tout véhicule. Bien que nous soyons sur place une demi heure avant l’ouverture des singles, l’aire de départ est déjà bondée de vététistes : beaucoup de locaux, mais pas que : je croiserai énormément de parisiens, maillots de clubs connus, qui atteste de la renommée nationale cet événement majeur dans le monde du VTT français.

Hervé récupère nos plaques pendant que je garde les vélos au milieu de cette marée humaine. A 8h15, nous sommes fins prêts pour les 60 km et 1400 de D+ annoncés et comme certains sont déjà partis, nous faisons de même malgré l’ouverture annoncée à 8h30.

Nous entrons directement en sous bois, à la queue leu leu. La monotrace, ludique, est sympathique mais encombrée. J’ai hâte que le terrain se libère. Heureusement, cela permet de discuter avec Hervé sur nos prochaines sorties ! Nous regretterons nos lampes, la forêt est dense, le ciel couvert, bref, nous n’y voyons vraiment rien.
Dès que le terrain le permet, nous dépassons à bon rythme les randonneurs en espérant que nous soyons vite tranquille.
La forêt est superbe, les arbres très hauts, les chemins tournicotent  entre les racines et sont relativement plat pour notre plus grand plaisir. Mais où se cache le D+ ? Nous ne sommes jamais seul, ce qui m’ennuie un peu car on ne peut pas vraiment appuyer comme on le souhaite sur les pédales mais cela permet de profiter d’une rando à deux.
Au détour d’un chemin, nous nous retrouvons arrêtés, une longue file de vététistes devant nous. L’ambiance est bonne enfant dans la queue, mais je trouve ça franchement pénible d’être arrêté de longues minutes pour… une malheureuse côte et une racine. La matinée va être longue, ça ne m’amuse plus trop… Je n’aime vraiment pas les événements de masse !
Quand mon tour arrive, un coup de pédale, la difficulté est passé, et j’enchaîne le longue ascension suivante, en serre file, en faisant bien monter le cœur. ça fera toujours ça de moins à doubler !
Hélas, Hervé n’a pas pu prendre ma roue et je l’attends donc au premier ravito, km10 que je ne touche pas, n’ayant même pas encore entamé mon unique bidon !
Après regroupement, nous repartons : il fait un peu plus clair, et les chemins sont un peu moins encombrés, mais il faut quand même sans cesse dépasser ou patienter dans les monotraces… Impossible de rouler à rythme soutenu sans faire peur à tout le monde. Quelques côtes me permettront de faire chauffer la gomme du 29 pouces et distance Hervé : ce vélo est vraiment dynamique, une fois passé l’inertie liée aux grandes roues, ça devient une machine à envoyer, un tracteur qui me donne l’impression de pouvoir tout grimper en force. Manque plus que les grosses cuisses pour en profiter !
9h30, les prévisions météos ne s’étaient pas trompées, la pluie nous tombe dessus. Les arbres sont bien feuillus et ce n’est donc pas gênant. Le D+ qui devient plus régulier, permet de ne pas avoir froid.
Nous voilà déjà au deuxième ravito, il est 10h15 : un peu de coca et de saucisson en attendant Hervé, on met les vestes étanches, et on repart de plus belle.
Pas de bol pour Hervé, c’est tout de suite une côte et je ne peux pas ralentir tant le 29 pouces veut y aller  : faut dire que je prends un malin plaisir à dépasser tous les pédibus et autres moulineurs alors que je reste sur le plaque, en danseuse, sur ce style caractéristiques des personnes en 29 pouces. On est dans la partie la plus intéressante de cette rando avec, il faut le reconnaître, parfois des aires de mini granit : le sol est toujours secs, et nous tournicotons à qui mieux mieux entre les arbres, sur les racines. Certains passages seront même « engagés » dans le pentu, mode granit enclenché ! Des échappatoires seront toujours possibles pour ceux qui le souhaitent, mais tout passait sur le vélo (et même un tout rigide), je peux en attester ! Je peux définitivement enlevé la veste étanche, la pluie ne nous embêtera plus, le sol est resté sec, nous avons eu beaucoup de chance !  Quel bonheur ! Quel parcours ! Dommage que l’on ne soit tranquille que sur les boucles spécifiques au grand parcours, car à chaque fois que l’on rejoint le parcours commun, le mode serre fils (pardon je passe à gauche, attention à droite, attention je monte, PARDON, Bonjour, je vais passer, SI SI SI je VOUS dis que JE vais monter) !
J’attendrai les limites du tout rigide dans cette partie, avec des chemins et descentes qui tabassent, me créant des douleurs intenses dans les doigts, trop crispés sur le guidon. Ces douleurs sont alors vite oublier quand je relance dans une côte !
Finalement, après quelques beaux passages technico ludiques, me voilà au 3ème ravito, 11h15 et 40 km (et seulement 700 m de D+), pour une dizaine de minutes d’attentes et de restauration : plus de saucisson, mais toujours du coca.

Je repars tranquillement avec Hervé, le prochain stop sera à l’arrivée.
Les embouteillages reprennent de plus belle, et voyant qu’Hervé ne veut pas se cramer en serre fils, je prends la poudre d’escampette. S’en suit dans kilomètres de « tout à droite », même dans ce long passage de goudron spécifique au 60 km à profil montant, à croire que mon VTT roule mieux que mon route !
Les boucles spécifiques au 60 ont du sacré dénivelé inside, ça monte et descend sans arrêt, dans de beaux chemins de vrai vtt ! J’adore ça, surtout quand le soleil arrive enfin à percer le plafond nuageux et vient nous caresser la peau. La forêt devient majestueuse avec sa mousse et ses grands arbres, je m’amuse beaucoup à faire gentiment la course dans les côtes avec « des affûtés en 29 » qui ne pourront pas tenir dans ma roue. Les reste du temps, je suis à ma main, et enroule sans forcer, laissant sur place de nombreux randonneurs perclus de crampes, tant et si bien que je serai surpris à l’arrivée : c’est déjà fini ! 56 km, 3h25 / 1300 m de D+.

Je quitterai vite l’aire d’arrivée, bondée (randonneurs + compétiteurs de l’après midi) et dont le stand restauration n’est pas à la hauteur de l’événement (pas de vrai sandwich).

Après un débriefing rapide avec Hervé aux voitures, plus au calme, il sera temps de rentrer au Mans.

Pour conclure, un parcours vraiment génial, technique mais surtout ludique, avec de super grimpettes, des monotraces à ne plus savoir qu’en faire et une forêt vraiment nature et superbe qui rappelle un peu la Vallée de Chevreuse. Seule la répartition du D+ (tout à la fin) et un grand passage de route sur le 60 sont dommage sur un si beau parcours.
Mais, car il y a un gros mais qui est rédhibitoire et qui fait que je n’y reviendrai surement pas : un monde fou, partout, tout le temps, avec parfois l’obligation de poser le pied à terre dans des côtes qui passent, de faire la queue pour s’engager dans un passage, de ne jamais pouvoir lâcher les watts quand c’est roulant faute de monde.

Merci à Hervé de m’avoir poussé à m’inscrire et pour les coups de pédales partagés.

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4 réflexions au sujet de « La Gamelle Trophy 29ème édition »

  1. Jean-Pierre Dumoulin

    Encore un CR vivant qui se lit comme du petit pain . A te lire , je me demande si je ne vais pas tester ma fourche rigide sur le FM056 en mode VTT , jusqu’à alors je l’avais réservé à un usage route . Ca donne envie de tester le parcours , sans le monde qui va avec . La trace est utilisable en dehors du jour J ? ( portion privées ? ) . L’année prochaine, il ne te reste plus qu’à tester la version compétition où il ne doit pas y avoir trop de soucis de bouchons .

    Répondre
    1. David Schuster Auteur de l’article

      Merci JP !
      C’est vrai que ça allège vraiment le vélo et ça le rend ultra réactif. Le pilotage nécessite d’être fin, mais ce sont vraiment des bonnes sensations !
      Je pense que la trace est exploitable, j’ai pas eu la sensation de passer dans des bois privés, donc on pourrait viser un OFF sympa !
      Par contre, sur la version course, tu fais plusieurs fois (3) la même boucle, ce que je trouve très dommage…

      Répondre
  2. Hervé

    Cela a quand même un côté positif les bouchons: on peut rouler ensemble et discuter aisément.
    Sinon pour être certain de ne pas se faire lâcher, le tandem !

    Répondre

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