Ultra JR Challenge

Ultra Jean Racine Challenge 2016 – 1ère édition

Les organisateurs de la Jean Racine nous proposent un challenge de taille cette année : affronter la Vallée de Chevreuse au début du printemps sur des parcours (très) longues distances. Visez un peu : 130 km et 1600 de D+ de route le samedi en mise en bouche, suivi d’un 127 km et 2400 de D+ de VTT le dimanche. Vous vous en doutez, je n’ai pas pu résister à prendre le départ de cette aventure, première édition, nommée Ultra JR Challenge !

Inscriptions obligatoires à l’avance sur le site d’Alltricks, partenaire de l’épreuve, je n’hésite pas longtemps à prendre un dossard pour l’Ultra JR Challenge et ses 4000 m de D+ à manger en 2 jours et 250 km. Pour l’entrainement, on verra plus tard, de toute façon, je n’ai jamais fait autant de kilomètres, ça sera donc en mode survie. Inscription de 35€ qui me paraît légitime au vue de « la grosse organisation », surtout que l’on nous promet plein de surprises, aux 100 dossards Challengers, surtout pour les finishers.

Samedi 9 Avril – Jour 1 – 130 km route

Parcours identique à celui de l’année dernière, que j’avais fait pour la première édition et que j’avais adoré. La pluie est prévue en fin d’après-midi, le départ groupé est prévu à 11h15. Ça va être compliqué de rentrer au sec. Je prévois donc l’équipement en conséquences : veste gore tex de course à pieds, sur chaussures, bref, une inondation peu me tomber sur la tête, je serai au sec !

Je récupère vite mon package de challenger (une gourde Alltricks et 2 gels) et rejoins les autres challengers : Olivier, de Poissy VTT, m’accompagne, de nombreux maillots de Saint Germain en Laye et d’autres coureurs éparses, souvent croisés sur d’autres évènements d’île de France. Le départ est retardé à 11h30 et après un rapide discours c’est sous les applaudissements des exposants que la soixantaine de challengers s’élancent. Le parcours, identique à celui de l’année dernière (voir mon CR), est vraiment sympa et nous réserve tout de suite une belle ascension à Millon la Chapelle. L’ambiance entre les Challengers est bon esprit, ça discute gentiment, personne n’attaque dans la première côte et je me sens à ma place. Le rythme monte doucement, Saint Germain aux avants postes dans un premier temps afin que l’on ne s’endorme pas, les gros rouleurs font le travail, face au vent, les grimpeurs emmènent à rythme cool dans les ascensions et les autres prennent des petits relais quand ils peuvent. Je reste toujours dans les 10 premiers, pour rester au contact d’Olivier qui semble en forme aujourd’hui. Au fur et à mesure, le groupe se réduit et peu après les 17 tournants (célèbre côte de la VDC !) nous ne sommes plus que 14. Je ne me suis pas rendu compte de la cassure, mais le rythme est un peu plus soutenu, ceci expliquant cela.

Nous roulons donc de concert à 14, passant les relais au gré des appétences de chacun, bavardant allègrement de la journée de demain et ses 120 km de VTT (127 même !!!!) qui nous effraient tous au vue de la météo incertaine.

45km, 50km, 55km, nous attendons tous le premier ravito. En fait il arrivera au km 75, les bidons étaient alors bien vides ! 2 challengers continuent sans s’arrêter, nous autres faisons les niveau et repartons rapidement à 9, espérant arriver avant la pluie. Saint Germain est bien représenté dans ce groupe, et les relais s’enchainent sans forcer, tout comme les ondées, pas trop gênantes. Nous savons qu’il n’y aura pas d’autre ravito (vraiment léger…) et emmenons à bon rythme, en restant groupé : Olivier de Poissy, 2 jeunes de Thorigny qui envoient, 5 St germanois et moi. Finalement nous rallierons St Rémy après 126 km avalés en 4h20 tout rond, quelques minutes avant le grosse pluie. Un sandwich, une cannette et quelques bavardages supplémentaires avec les challengers et il est déjà temps de rejoindre la maison pour assurer la logistique : préparation des affaires VTT, recharger les batteries et une préparation mentale pour le gros morceau du lendemain.

Le parcours route est superbe, identique à celui de l’année dernière : petites routes perdues dans la campagne profonde, du mauvais goudron qui fait tout le charme de cette cyclo, des bonnes côtes.

Dimanche 10 avril – Jour 2 – 127 km

Le réveil aux aurores est moins compliqué qu’imaginé : les jambes ne sont pas trop entamées et j’ai finalement vraiment hâte de voir combien de kilomètres je suis capable de faire. Car soyons honnête : faire 127 km à VTT un lendemain de sortie route, ce n’est pas raisonnable (et ne le sera jamais) ! Dommage, Olivier a déclaré forfait, mais je suis sur que je trouverai des compagnons de route parmi les challengers.

6h50 sur place, il fait 2 degrés. J’opte pour la stratégie protection maximale contre le froid et l’eau, quitte à avoir un peu chaud en début d’après-midi. Par contre, pour une fois, je ne prendrai pas de Camelback, supportant de moins en moins d’avoir quelque chose sur le dos.

7h05, tous les challengers sont prêts à en découdre. Je croise Jean Pierre mais je sais qu’hélas nos parcours ne se croiseront pas aujourd’hui. Bizarrement, nous sommes bien moins nombreux qu’hier. Combien ont abandonnés ? Le groupe avec lequel j’ai roulé hier est bien là, et comme l’organisation ne s’occupe pas de nous, nous décidons d’en découdre tous ensemble. Il fait bien froid et humide et je suis ravi, pour l’instant de ma stratégie vestimentaire. Les premiers chemins et la première côte, spécifique au 127km annoncent la couleur : c’est boueux à souhaits ! Les 2 jeunes avec qui j’ai roulé hier, impriment tout de suite un bon rythme malgré la boue. J’hésite beaucoup : j’avais prévu de ne pas me mettre dans le rouge, mais j’avais apprécié leur rythme hier. Je fais l’effort pour revenir et passerai quelques kilomètres à faire le yo yo derrière eux : peut être que les grandes roues de leurs vélos leurs permettent de mieux passer les raidars et les passages boueux. Finalement ils lèvent le rythme (ou je passe le seconde) et nous roulons de concert, échangeant sur les raids à venir. On mange un combo boue / raidars qui me fait penser que finalement, 80 km, c’est bien aussi !

20ème km et 1h20, près de Gif sur Yvette, premier ravito : arrêt rapide, mais il reste encore 107 km (sic !) et il faut donc s’y remettre. Nous doublons quelques gars partis très tôt sur le 120 mais roulons juste tous les 3 le reste du temps. Km 33, mes deux compères décident de ralentir encore un peu, car nous n’avons fait qu’un quart, et leurs jambes sont déjà bien entamées. Je continue à gérer, en mode moulinette, sans jamais forcer. Dommage que mes pneus été me pompent autant d’énergie dans la boue et les raidars, c’est des calories bêtement gaspillées ! Je prends les devants et arrive un peu en avance au 2ème ravito, KM 40, 2h40 de roulage et déjà 900m de D+ dans les pattes. Je comprends mieux ! Les bénévoles sont super sympa et je ferai un très (trop ?) long arrêt afin de bien m’alimenter, remplir mon bidon de 750ml que j’ai vidé depuis le départ, attendre que des challengers reviennent sur moi afin d’éviter de rouler seul. J’en profite pour essayer de comprendre pourquoi à chaque freinage ma roue avant passe sous mon cadre… Pas de jeu dans le moyeu, roue bien serrée, jeu de direction tout neuf et qui ne semble pas bouger. Mais pourquoi les vis de mon disque de frein ressortent autant ?!? Elles n’étaient plus serrées pour la plupart et grâce à la gentillesse des bénévoles et d’un autre participant ayant une clé Torcx, je peux repartir sereinement avec mes 2 comparses, alors qu’un autre Challenger est parti au loin.

Nous nous retrouvons sur la trace commune du 87km, mais bien après leur passage : autant dire que les chemins sont dévastés. Mais c’est pas grave, nous n’avons que 130 + 45 bornes dans les pattes et quelques centaines de mètres de D+ au fond des chaussettes. Le parcours est néanmoins superbe et différent des autres années. Je roule de temps en temps avec d’autres gars du 120, mais ne trouve personne qui emmène à mon rythme et c’est avec soulagement que j’arrive au 3ème ravito, km 65, bidons bien secs et soleil bien haut ! Il faut dire qu’il est maintenant midi et que nous avons fait « seulement » la moitié du job en près de 5h. J’y rejoins d’ailleurs le premier challenger et hésite à repartir avec lui, mais préfère prendre le temps de m’alimenter, remplir mes 750ml de boisson. Je constate alors que les ravitos sont légers. Entendez bien : ils sont très correct pour une rando classique de dimanche matin en île de France à 5-8€ (bananes, chocolats, fruits secs, tucs, pain d’épices et différentes eaux avec du sirop). Mais pour un évènement majeur à plus de 15€ l’inscription, j’aurais adoré avoir du coca, du saucisson, des dés de fromages, bref quelque chose à me mettre sous la dent pour affronter 127 km de VTT ! Je passe environ 15 min à ce ravito, le temps que mes 2 compagnons du départ arrivent ainsi que 2 gars de St Germain. Nous repartirons finalement tous ensemble et je me mets rapidement dans la roue d’Olivier de St Germain. Le bougre à une sacrée moulinette et sans m’en rendre compte, nous distancerons nos challengers avant que lui-même me distance.

S’en suit la partie la plus difficile pour moi : 15 km en solo, dans la « chaleur ». Je ne suis jamais vraiment dans le bon rythme, ne croise pas une âme qui vive. Le balisage est souvent limite et n’ayant pas de GPS, je ne peux m’assurer du trajet. Un peu limite surtout qu’il n’y a pas un bénévole sur l’ensemble du trajet. Je passe le temps en décomptant les flaques de boue et apprécie énormément le paysage qui s’assèche à l’arrivée en forêt de Rambouillet. Peu de singles, mais des chemins sympas dans cette belle forêt. Finalement, après une énième hésitation de parcours, je trouve le ravito du 85ème km vers 13h30. Il ne me reste plus que 50 bornes à faire. On me poinçonne la plaque de cadre (afin de prouver que je fais le challenge en entier) et rêve de nouveau à mon super lot de finisher ! La mécanique est maintenant bien rôdée : on remplit la gourde, et on mange tout ce qu’on peut trouver : un mini sandwich avec une (oui une) tranche de saucisson, des tucs, des tucs, des tucs et du chocolat. C’est vraiment léger après plus de 6h de vélo. Heureusement que les bénévoles sont aux petits soins ! Je suis rejoint par d’autres challengers et autres 120 kilométristes donc certains parlent de bâcher. Je décide de m’y remettre avec « Le Renard » et Laurent, un ancien de St Germain sociétaire du club de Gif. Le fait de rouler à plusieurs me remet tout de suite dans le bain, et je retrouve une seconde fraicheur, tant et si bien que les côtes passent plus trop mal. Le terrain devient très roulant et je prends plaisir à emmener mes compagnons à bon rythme dans la chaleur ambiante. Je prends finalement les devants et au km 100 tout rond rejoins un autre 120 kilométristes amateur lui aussi de trail, ce qui nous permet de descendre les kms facilement (merci pour m’avoir aidé à traverser le ruisseau !). Enfin, je sais que je vais finir le challenge, plus aucun doute possible. Maintenant, il suffit de pédaler. Oui mais au km 105, pas de ravito. Et je n’ai plus un gramme d’eau. Même la crème de marrons ne m’est d’aucun secours cette fois ci. La boue recommence à me faire perdre beaucoup d’énergie. Km 107, j’ai soif. Km 110, je me jette sur le ravito pour refaire les niveaux !

Les bénévoles sont encore adorables (merci pour l’huile de chaîne, c’était un cauchemard d’entendre couiner ma transmission), mais le ravito est vraiment trop léger. Pas de salé en dehors des tucs. Laurent me rejoint et je laisse filer le trailler. Je repars avec Laurent afin de finir ensemble cet Ultra Challenge !

17km, c’est une promenade de santé et l’occasion d’échanger sur les plaisirs du vélo. Bon, aucun Kom dans la montée vers Choisel cette fois ci, mais je prends toujours autant de plaisir. Le plaisir ne m’a que très peu quitté aujourd’hui, seulement entre le 70ème et le 85ème km, car je roulais seul. J’ai même les jambes qui démangent encore et passe toutes les dernières côtes comme si de rien n’était et me paye le luxe de jouer le chrono sur les derniers kilomètres roulants pour passer l’arche d’arrivée en… 9h! 8h de roulage ( 7h45 selon Garmin), 127km, 2400 m de D+. Une interview par le speaker, avec lequel je peux parler trail, puisque je l’avais croisé au Trail des Villes Royales, en février. Oui j’ai le sourire : le parcours était superbe, j’ai relevé le challenge (3ème challenger à passer la ligne) et pris énormément de plaisir pendant ce weekend : sur le vélo, à rouler dans des coins sympas, sur un nouveau parcours et avec des gens qui ne se prennent pas la tête. Et pourtant, je peux vous dire qu’il y a des sacrés phénomènes parmi ceux avec qui j’ai échangé quelques tours de manivelles pendant ces 2 jours !

Un énorme bravo à tous, finishers ou non, car c’était « un sacré chantier ». Un défi sportif de premier ordre, comme je les affectionne tant. Un super état d’esprit, de supers échanges, merci ! J’ai adoré ne pas avoir le chrono qui tourne et être juste confronté à moi-même.

Ultra JR Challenge

Ultra JR Challenge

Un sandwich et une canette bien méritée, je renonce à faire la trop longue queue pour laver le vélo. Après réclamation j’obtiendrai un garde boue « vélovert » et un t-shirt trop grand. Heureusement qu’on ne fait pas tout ça pour les cadeaux finalement.

Les organisateurs de la JR m’ont convaincu par leur nouveau Challenge. J’ai adoré. Mais cela n’en vallait pas le prix et, comme à chaque fin JR depuis des années, je me dis : je ne reviendrai pas. Donc peut-être pas à l’année prochaine ?

Enseignements

J’ai consommé 5 bidons de 750 ml, 3 gels et un bidon de crême de marrons. Il ne fallait pas moins, j’ai eu la sensation de consommer beaucoup de calories sur la journée de dimanche.

Mon package était correct mais il me manquait : une clé torcx et une burette d’huile. Ce n’est pas la première fois que je constate un manque d’huile sur ma transmission après un long kilométrage.

Je vais repasser aux pédales de type « Time » sur le VTT car je trouve le système SPD moins efficace dans la boue.

Les Plus

Un challenge grosses cuisses

Une ambiance top entre participants, vraiment en marge de la JR classique.

Un parcours varié et nouveau, qui renouvelle bien les randos en VdC

Le speaker à l’arrivée, qui m’a interviewé, avec qui j’ai échangé sur le trail des villes royales !

Des bénévoles adorables

Les moins

Ravitos au regard du kilométrage et du prix. On nous oblige à nous inscrire à l’avance, il ne devrait donc pas y avoir d’erreurs sur ce sujet.

Le dossard « challenger » revient plus cher qu’un dossard route 130 km (13€) et un dossard 120 km VTT (20€).

Manque de considération au regard de la promesse de départ

Balisage un peu juste quand on a pas de GPS (sans parler du débalisage sauvage…)

Merci

Un grand merci à tous ceux qui m’ont permis de passer un weekend 100 % vélos, qui me lisent et qui se reconnaitront ! La logistique (repas, nettoyage vélo, trajets) a une part importante dans le plaisir pris lors de ce weekend.

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3 réflexions au sujet de « Ultra Jean Racine Challenge 2016 – 1ère édition »

  1. Jean-Pierre Dumoulin

    Bel exploit que cet Ultra JR . Pour les ravitos, ils étaient parfaits pour nous sur le 87. Une seule explication : Benoit et son appétit légendaire ont épuisés les stocks de sandwichs au saucisson 🙂 .

    Répondre
  2. Hervé

    Bravo David, encore un très joli défi à ajouter à ton palmarès. J’espère que tu as profité du micro pour demander d’étoffer le week-end avec un trail l’année prochaine 😉

    Répondre

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