Embrunman 2015 : la passe de 2 !

L’Embrunman 2015 c’est un peu ma cerise sur la gâteau, la myrtille sur le kouign-aman, le gel coup de fouet sur le gâteau sport, bref, ce n’était pas vraiment au programme de 2015. Mais à quelques jours du départ, je ne peux pas résister, et rêve d’enchainer en un été, à un mois d’intervalle, un Altriman et un Embrunman. Et par la même occasion, enchainer 2 Embrunman.

Alors inconscience, folie, bêtise, ou amour du sport ? Je vais tenter de vous répondre.

L’avant

Allégé de 280€ alors que je me remets de mon Altriman 2015, il faut déjà penser à la prochaine échéance, l’Embrunman 2015. L’Altriman m’a permis de voir que j’étais affuté, tant physiquement que mentalement. Le mois de transition entre les 2 épreuves n’est pas simple : il faut gérer une récupération (active), maintenir un minimum de volume et de qualité afin de ne pas arriver sous entrainé à Embrun, et composer avec les obligations professionnelles et personnelles qui ne tenaient pas compte d’un 2ème IM dans l’été ! Je privilégie donc les sorties courtes mais rythmée. Je tournerai d’ailleurs, pour la première fois et à vélo à Longchamps, dans les groupes des 40 km/h et plus, afin de me griller les cuissots en moins de 2h top chrono ! A cela, s’ajouteront quelques sorties CAP de moins d’une heure, et plus rapides que d’habitude, et ça fera office d’une préparation de qualité en un mois !

Je retrouverai sur place les copains de l’US Cagnes sur Mer, avec qui j’avais réalisé une reconnaissance du parcours vélo de l’Embrunman en Juin.

Samedi 15 août 2015 ? J’peux pas, j’ai Embrunman.

Il a plu vendredi 14 août, et c’est avec une certaine appréhension que je descends des Orres en voiture à 4h30 tout en dégustant mon gâteau sport. Garé au rond-point des Orres, je suis la file de triathlètes qui se rendent au départ avec leur caisse mythique de l’Embrunman. Il fait beaucoup moins frais qu’en 2014, et c’est sans aucune appréhension que j’entre dans le parc à 5h15.
Portant le dossard 1274, je suis, encore une fois, en dernière rangée, rangée 31. Au moins je ne peux pas me louper ! Mon vélo, que j’ai déposé la veille, a pris l’orage et est donc trempé.
J’ai le temps de dire bonjour à l’ami Séb, qui sera de l’autre côté des barrières cette année, à Emilie (premier IM !) et Julien.
Il est temps d’essuyer le vélo, la chaise, de graisser la transmission et de préparer mon espace de vie pour les transitions. Chaque élément à sa place dans ma caisse, et est emballé dans des sacs plastiques pour avoir des vêtements et chaussures secs à T1 et T2 malgré les orages et pluies annoncées toute la journée.
C’est déjà l’heure pour les féminines d’aller sur l’aire de départ, et pour moi d’enfiler ma combi dans la nuit.

5h50, sur la musique de Kavinky, les féminines s’élancent. Pensées pour Emilie qui est dans la bataille pour son premier longue distance. C’était ma place, il y a un an jour pour jour, je découvrais aussi le triathlon longue distance.

Fini de rêver, il est temps pour moi d’aller sur l’aire de départ qui vient de s’ouvrir.

départ natation embrun 2015

départ natation embrun 2015

Le barbotage

Il ne fait pas trop froid (8-9 degrés), et le jour pointe déjà le bout de son nez, mais il fait bien sombre.

Petit raté de l’organisation, nous n’aurons pas de musique, pas de décompte : juste un grand PAF et tout le monde qui court dans l’eau. Je suis à la corde à gauche, au milieu du paquet et je m’enfonce sans courir dans l’eau. La température est très agréable, autour de 21 degrés. Je sais déjà que je vais batailler quelques centaines de mètres, mais étonnamment, je suis extrêmement serein : je l’ai déjà fait, donc je suis capable de le refaire. Je me cale le plus à gauche possible, une respiration tous les 2 mouvements. Ça gratte de toutes parts, ce n’est pas la guerre, mais pas loin, et je me rappelle la galère de l’année dernière. Cette fois, je ne lâche rien : même si je me prends quelques coups, je ne ralentis pas, et arrive à la première bouée. Ça y’est j’ai un peu de place et commence à poser ma nage, toujours en 2 mouvements. Ça bataille toujours jusqu’au bout du plan d’eau, mais je peux progressivement passer à 3 mouvements et me mettre dans mon rythme de croisière, tout en économie. Je me cale le plus à gauche possible pendant toute la nage, quitte à frôler les kayaks et les lignes d’eaux (nouveauté 2015). La  ligne droite du retour me paraît très longue (plus de 800 m) surtout que je n’arrive pas à trouver de vague / de gens à mon rythme et je nage donc complètement seul.

sortie de l'eau embrunman 2015

sortie de l’eau embrunman 2015

J’attaque le 2ème tour sans crainte, je sais que dans 35 min, la course commence. Le jour est maintenant levé et il est facile de se diriger. Je double plus, et notamment des féminines parties 10 min avant. 2-300 mètres avant la sortie de la natation j’accélère le rythme, et bats fort des jambes pour faire revenir le sang dans mes jambes et mes pieds tous froids. Je nage le plus loin possible ce qui me permet de passer devant tous ceux qui essaient de marcher avec de l’eau à la taille. Je suis satisfait de ma nage compte tenu de mon peu d’entrainement (2 fois moins qu’en 2014).

natation embrunman 2015

natation embrunman 2015

Matériel : 1 combinaison ; 1 bonnet Embrunman, 1 maillot de bain, 1 paire de lunette (verres clairs)

Temps : 1h08min (Vs. 1h11 en 2014) – 402ème temps

T1 – Premier passage au vestiaire

Je dois courir tout au fond du parc, environ 1min30, pour atteindre ma chaise. Pas besoin d’utiliser les vestiaires à ma disposition, mes voisins ne sont pas encore arrivés et je peux donc me changer à mon aise. Comme à mon habitude, aucune précipitation, je range mes affaires dans des sacs, je m’équipe. Je m’assure que tout ce qui est dans la caisse sera bien à l’abri des orages qui vont arriver, les nuages sont déjà bien menaçants. Je rejoins vite le départ du vélo, étant, au bout du parc !

Temps : 7min06 (Vs. 6min42 en 2014) – 627ème temps

Le pédalage

Je saute sur mon vélo à 7h14 pour une sacrée balade de 185 km et 3600 mètres de D+.

Je pars en force histoire de chauffer les muscles et doubler un peu. Nous sommes au milieu d’une foule compacte, ce qui nous motive bien pour la journée à venir.
La première boucle, c’est environ 40 km pour 1000m de D+. J’enroule donc tranquillement, double un peu, me fait très peu doubler (voir pas ?). Ni trop chaud, ni trop froid, je suis satisfait de ma stratégie vestimentaire : cuissard + short, maillot + manchettes + coupe-vent ultralight sans manches. Pas de gants.

Après la première heure d’ascension (58min21 Vs. 56min21 en 2014), je suis bien, je commence à pouvoir boire, j’ai tout monté à l’économie et je décide d’accélérer un peu le rythme jusqu’au rond-point des Orres. Dans la descente, ça devient vite la course, je tente de garder en visu les vélos de chronos qui semblent bien avantagés sur cette partie. Pas trop de vent au lac de Serres Ponçons, je m’improvise gros rouleur, et mets du braquet jusqu’à Embrun.
Au rond-point, la foule est dense, mon fan club est là, donc tout baigne pour moi, j’ai même pris un peu d’avance sur mon plan de route. Je bois mais ne peux toujours pas manger. La première boucle est derrière moi.

Embrunman 2015 rond point des Orres

Embrunman 2015 rond point des Orres

Les balcons de la Durance et la N94 jusqu’à Guillestre sont avalés sans forcer et relativement seul. Les sensations ne sont pas excellentes, mais je ne m’affole pas, le vélo est long, et j’ai le temps de me mettre dans la course.

Ce sont les premières côtes qui me réveilleront : je reste sur la plaque, et entame une longue période de serre fils. Je double, je double, je double. Je dois encore aller trop vite, mais étant mauvais nageur, je ne suis pas avec le groupe de cyclistes de « mon niveau », et il faut donc que je refasse mon retard. La vallée du Guil, sera une partie de grand bonheur : je suis tout simplement dans mon élément, seul face à une route légèrement montante. Je roule au milieu, déposant ainsi des dizaines de cyclistes. Je sens bien que certains essayent de s’accrocher (rappelons quand même que la drafting est interdit), mais mes relances continuelles les font décrocher : 28 min à fond, il va falloir calmer le jeu si je veux aller au bout. 10h, les premières gouttes arrivent.
A 3h de vélo tout pile, un gel, et attaque de l’Izoard. J’ai gagné 25 minutes par rapport à 2014 sur ces 40 km (Embrun / attaque de l’Izoard) : c’est énorme !
C’est ma 4ème ascension de ce col, je le connais donc maintenant bien. Comme d’habitude, j’ai du mal à me mettre dans le rythme, surtout avec le crachin qui commence à bien me tremper. Jusqu’à Brunisard, je reste sage, je me refais la frite, puis, dès les premiers lacets dans la forêt, je descends 1 ou 2 pignons, et relance.

Embrunman 2015 col de l'Izoard

julien et david en finissent avec l’izoard

Je reviens sur l’ami Julien qui a un petit coup de moins bien : il a fait une bonne nat’ en 57 min, et s’alimente avant de relancer. Je repars donc, arrive à la Casse Déserte, mais il ne faut pas trainer, je veux basculer de l’autre côté avant les orages.

casse déserte embrunman

casse déserte embrunman

Les derniers lacets sont plus compliqué malgré la foule en délire, et je baisse donc le rythme. Julien me rejoint, et c’est avec bonheur que l’on passe le col ensemble. J’ai d’ailleurs battu mon record d’ascension sur ce col (4h06 de vélo depuis le départ Vs. 4h31 en 2014).
N’ayant pas prévu de ravito perso, je comptais enchainer rapidement, j’attends Julien qui s’occupe de son ravito. J’ai récupéré 2 bidons à moitié plein (ou vide…) de « boisson énergétique » de l’organisation et nous prenons le temps de discuter avec le fan club de l’US Cagnes.

dav départ izoard

dav départ izoard

Le froid me rattrape bien vite, et c’est seul que je m’élancerai dans une longue descente vers Briançon. Malgré les quelques gouttes et la route mouillé, je descends convenablement. Jusqu’à dépasser un cycliste en train de se relever, aidé par un arbitre et des spectateurs : ça serait bête de tout perdre maintenant, on va plutôt s’alimenter et prendre du plaisir. Je ne dépasserai donc pas les 70 km/h dans cette descente (sic).
Le nouveau parcours dans Briançon est beaucoup moins roulant et surtout le goudron est très mauvais. Heureusement, nous rejoignons vite la N94 en direction de Prelles. Je ne roule vraiment pas bien vite, c’est ma période de « moins bien », je ne fais pas le poids face aux vélos de chrono. Mode alimentation enclenché, on attend que ça passe. Je prends maintenant des bidons de coca à chaque ravito.

Ça y est, ça remonte un peu, et je peux réenclencher la machine à mouliner, le morale va mieux. Quelques instants avant la fameuse côte de Pallon, un arrêt technique, ce qui permet à Julien de me repasser devant avec un « A bientôt dans Pallon ! ».
Pallon, c’est « LE » mur de l’Embrunman. En juin, il m’avait fait mal aux jambes pendant la reco. Mais après avoir vécu « Carcagnière », « LE » mur de l’Altriman, j’ai presque envie de le faire sur la roue arrière ce Pallon. Bon, j’exagère bien sûr, mais Pallon sera avalé en 7 min cette année (record perso battu), sans difficulté, une dizaine de cyclistes doublés, et 3 voitures suiveuses bien pénibles mises dans le vent. Ça me permet de rattraper Julien. Etant bien en jambes et la pluie se faisant de plus en plus présente, je ne coupe pas, et ne finirai donc pas avec Julien. Je roule régulièrement avec Alexandre (on finira le vélo ensemble, et on finira Embrunman à 20 secondes d’écart !), on se passe et repasse en fonction des appétences de chacun.
L’aérodrome n’est pas trop venteux ce qui permet de maintenir mon rythme mais la pluie nous rattrape vite, au moment du pont à passer à pieds pour cause de travaux. Là c’est un vrai déluge, nous sommes trempés. Je décide de ne plus lever le pied jusqu’à la fin, et roule la tête dans le guidon pour ne pas voir cette pluie qui me désespère. J’enclenche le mode « warrior », moi qui déteste rouler sous la pluie, je suis gâté. Les kilomètres défilent vite, je ne pense plus qu’à mes chaussettes sèchent qui m’attendent au départ du marathon. Car malgré tout, même si le temps n’évolue pas, je le ferai ce marathon : je ne suis pas venu de Paris pour m’arrêter à cause de quelques gouttes de pluie. Mon cuissard ressemble à une éponge et je crains d’avoir une forte irritation (ça ira !), et j’ai l’impression que mes chaussures sont devenue une piscine. Mais finalement, ça me motive d’autant plus, je ne lâche rien, malgré des descentes parfois en limite d’aquaplaning et les glissades plus ou moins contrôlées des cyclistes qui partagent ma route. J’en profite pour remercier les centaines de personnes, sur les bords des routes, à nous acclamer, par notre prénom, malgré des conditions météo parfois très difficiles !
Heureusement, quand je passe Pont Neuf, à l’entrée d’Embrun, la pluie cesse, et je croise Zamora (que je pense alors premier) au 7ème kilomètre de son premier semi. Je me donne pour défi de débuter le marathon avant la fin de son premier semi.
J’attaque Chalvet après 6h35 de vélo, pour 40 minutes (27 minutes d’ascension / 12 de descente). Je relance continuellement en essayant de mettre le plus de cyclistes possible derrière moi, ça fera toujours ça de moins à doubler sur le marathon !

Je pose finalement le vélo en 7h14, satisfait, trempé, et prêt à en découdre sur marathon maintenant que la pluie a disparue.

Temps : 7h14 (Vs. 8h00 en 2014) – 157ème temps

Ravito : 1 barre Aptonia, 1 pain au lait / jambon, 3 Gel Isostar, 8 mini-saucissons, 1 tube de crème de marrons, environ 4 litres de boissons diverses.

T2 – 2ème passage au vestiaire

Je dois « encore » courir tout au fond du parc chercher l’allée 31 et ma chaise. Bien que je sache que j’ai fait un « bon » vélo (compte tenu de mon expérience 2014 et de mon modeste niveau) je suis étonné de voir qu’en dehors de la première allée (les pros), il n’y a que quelques vélos éparses dans le parc. Néanmoins, et comme à mon habitude, je prends mon temps pour me changer : enlever les vêtements trempés, les mettre dans des sacs, sortir les vêtements secs, s’essuyer, se changer, manger et boire et enfin, attaquer avec gourmandise le dessert et ses 42 kilomètres de course à pieds. On annonce le 200ème à entrer dans le parc à vélo quand j’en sors, il est donc temps de s’y mettre.

Temps : 6min41 (Vs. 7min02 en 2014) – 501ème temps

début course à pied embrunman 2015

début course à pied embrunman 2015

Un peu de Course à pied pour se finir les jambes

C’est toujours difficile ce début de marathon : le changement de position, de sport, fait mal aux muscles. Les cuisses sont dures, les mollets tirent, la tête se dit que courir pendant 4h ou plus, ce n’est quand même pas très humain, après ce vélo digne d’une étape du tour de France. Mais je sais aussi qu’il ne fait pas trop chaud, que je suis capable de le faire et que donc… va falloir y aller ! Les 2 premiers kilomètres permettent de se mettre dans mon rythme et de trouver un arbre pour une pause technique ! Ensuite ça sera du non-stop pour ce premier semi. Je cours donc sans pause ce premier semi, je ne marche pas dans les côtes, et je relance régulièrement quand je sens que le rythme baisse. D’ailleurs, je suis bien obligé car je cours seul, et les autres coureurs que je peux voir au loin, ou derrière moi, ont le même rythme. Pas le temps de s’arrêter aux ravitos, juste un verre de coca, et ça repart. On mangera ce soir, hein ! Je vois que selon où on se positionne dans le classement, les stratégies ne sont vraiment pas les mêmes ! Autant l’année dernière, j’étais dans un groupe « survie », autant là, je suis dans un groupe « chaque seconde compte » ! Heureusement, la crème de marrons me permet de faire le plein régulièrement de sucre.

Premier semi - Embrunman 2015

Premier semi – Embrunman 2015

Kilomètre 4 à 7, je cours avec un dénommé Marcel, que tout le monde acclame. Il est plus petit que moi, mais une belle foulée. Dans les côtes (centre-ville), je mène bon rythme devant lui, mais quand on redescend vers la Durance, je ne fais pas le poids, il me passe. J’essaye d’accrocher sa belle foulée, mais j’entends des « viva Zamora » et vois le dossard 1 : OK DAVID, ce n’est pas pour toi, tu cours depuis 3 bornes avec Zamora, multiple vainqueur de l’épreuve, laisse le finir son marathon tranquille, et contente toi d’assurer ton premier semi. Je le reverrai le lendemain seulement, à la remise des prix (5ème place). Bref, je me remets dans mon rythme, constant, et commence à doubler quelques types, sans m’affoler.

finisher en 12h19 de l'embrunman 2015

Heureux Finisher en 12h19

Le premier semi est terminé en 10h22 de course (soit 1h46 pour le premier semi) et je me sens tellement bien, que je pense pouvoir tenir encore un peu à ce rythme. Je croise enfin Julien, 5 minutes derrière moi, on se tape dans la main, chacun dans notre course. Ils sont nombreux les affutés que je croise qui en finissent aussi avec leur premier semi : je ne dois pas faiblir si je veux conserver ma place. Je double pas mal, surtout des coureurs qui commencent leur marathon. Moi j’ai un bracelet qui indique que je suis dans mon deuxième tour. Je saute un ravito sur 2. Ça tient sans soucis sur les 7 premiers kilomètres de ce 2ème semi, sans marcher dans les côtes, jusqu’à la grande descente vers la Durance ou un affreux point de côté vient me dire bonjour. Douleur inconnue pour moi, je pense d’abord à des problèmes intestinaux, mais réalise que je ne suis pas gêné. Je suis obligé de trottiner à 8-9km/h pour faire disparaitre la gêne avant de reprendre mon rythme de croisière qui me sied si bien. Mais dès que je souhaite relancer, la douleur revient. Il en ira comme ça jusqu’à la ligne d’arrivée : sans m’en rendre compte, mon corps me demandait de lever le pied, le rythme étant certainement trop élevé par rapport à la difficulté de la journée (et non un problème de manque de fraîcheur mentale comme je l’ai pensé sur le coup). Malgré tout, je reprends de plus en plus de coureurs qui craquent dans leur deuxième tour (sans me faire doubler), ce qui me motivera jusqu’au bout à ne jamais marcher, et ne pas m’arrêter plus de quelques instants aux ravitos pour boire du coca. Je suis porté par la foule de supporters, qui ne cesse d’acclamer les coureurs et me féliciter quand ils apperçoivent mon bracelet distinctif : oui, je suis dans le deuxième semi et je vais bientôt en terminer ! J’arrive finalement dans la dernière ligne droite de ce marathon, la foule est évidemment en délire, j’aperçois les copains, et c’est les poings serrés de joie que je passe l’arche en 12h19min45. Je mettrai donc 1h57 sur le deuxième semi pour un marathon total de 3h43 (mon meilleur temps !).

12h28, c’est Julien que j’acclame alors qu’il passe la ligne : on l’a fait, sans souffrance, tout en gestion. Emilie sera elle aussi une finisheuse, après 15h49 d’effort. Bravo à tous !!

david et julien finishers embrunman 2015

Julien & David Finishers de l’Embrunman 2015 en moins de 12h30 !

Temps : 3h43 (Vs. 4h40 en 2014) – 104ème temps

Matériel : 1 T-shirt Kalenji, 1 short Kalenji, 1 boxer en lycra, 1 paire de chaussettes (sèches !) Kalenji, mes nouvelles Mizuno Ryder 18, 1 tube de crème de marrons, 2 Gels (non consommés).

arrivée embrunman 2015

arrivée embrunman 2015

 

Il est 18h20, je suis 121ème sur 1300 inscrits et 1071 finishers. J’ai le temps de me faire masser (30 min !) et sortir les affaires du parc à vélo avant que les premières gouttes de pluies tombent et accompagnent de nombreux coureurs sur leur marathon. Les derniers finishers officiels passeront la ligne à 22h30, après 16h30 d’effort.

résultats embrun 2015 david schuster

Résultats Embrun 2015

splits embrun 2015

splits embrun 2015

C’est bon, tu as finis ? Ou comment conclure.

Je réalise alors que j’ai mené à bien mon challenge : 2 IM difficiles à 1 mois d’intervalle, 2 courses mythiques gérées sans souffrances physiques, en prenant beaucoup de plaisir, sportif, mais pas que, dans des endroits magnifiques de notre douce France. J’ai encore énormément appris cet été, j’ai partagé des moments indescriptibles avec tous ces athlètes. Certains se demandent pourquoi je m’inflige ça… Peut-être parce que je le peux ? Que j’aime partager ces choses un peu folles avec des gens venus du monde entier, de tous horizons, qui sont réunis là par amour de l’effort, du beau ? Peut-être est-ce le moyen d’être confronté à moi-même, de me définir, de comprendre ce qui fait de nous des êtres exceptionnels à bien des niveaux, ou simplement de sortir de ma zone de confort qui m’ennuie tant ?

Les découvertes de l’été :

  • Je dois apprendre à nager si je veux faire un temps cohérent en natation et dans les autres disciplines
  • Je suis meilleur coureur que cycliste si on compare mes temps brutes par rapport aux autres participants. Ce qui, pour un vététiste qui a commencé à courrir il y a 2 ans tout pile fait un peu mal !

MERCI à tous, proches, famille, amis, connaissances, collègues, supporters sur les bords des routes qui me soutenez, m’accompagnez dans ces aventures : sans vous, ça serait impossible et ça n’aurait pas la même saveur !

Résultats Embrunman 2015

 

Pour vous les triathlètes : Enchainer Altriman et Embrunman, un rêve ? Possible ?

Sans plus attendre les réponses de Dr David.

Alors oui, c’est possible, je l’ai fait et je suis loin d’être un super athlète. Il faut savoir s’écouter, ne pas trop en faire. Le repos fait partie de l’entrainement, j’en suis persuadé. Faire sauter une séance n’est pas un drame. Au contraire. La fraicheur physique, mais surtout mentale, me paraît être la clé de réussite de ce type d’enchainement. Se mettre la pression, viser à tout prix un résultat, c’est le meilleur moyen de rater son épreuve. N’oubliez pas que (pour la plupart d’entre nous), le sport, le triathlon n’est qu’un loisir, un moment pour soi, de dépassement de soi, mais aussi de partage avec d’autres. Il ne doit pas, selon moi, se réaliser au détriment de votre famille, de vos amis, de votre carrière professionnelle. Rester humble face à de telles épreuves (Altri, Embrun) est obligatoire : ça reste des épreuves exceptionnelles à bien des niveaux.

Je m’entraine. Que je n’aime pas ce mot ! Je fais du sport, je me défoule, je prends du temps pour moi et plus la manière dont je vois les choses. Je n’ai toujours pas de GPS, cardio fréquencemètre, podomètre, altimètre, capteur de puissance, compteur de vélo. J’y passerai, moi aussi, c’est évident. Mais ce n’est pas nécessaire. J’ai enchainé Altri – Embrun sans programme, sans coach, sans club, sans outils technologiques. Juste à l’envie, à la passion. Courir dans une forêt, sans faire de la vitesse, du fartlek, du fractionné, de la VMA, PMA, et j’en passe. Rouler, loin, longtemps, plus ou moins fort avec un vélo à 1000 roros sans prolongateurs, sans pédales auto de route, en tenue de VTT. Me détendre dans une ligne d’eau à la piscine municipale, entre une grand-mère, un triathlète et un fou en pullboy-plaquettes-palmes. Alors oui, je sais que c’est vous qui avez raison, que si je veux m’améliorer, il faudrait structurer les choses. Mais que ce soit à l’Altriman, à l’Embrunman, ou ailleurs, vous serez seul face à vous-même.

Revenons au sujet : J’ai souvent lu / entendu la règle suivante : Altriman = Embrunman + 2 heures.

Je pense que c’est totalement vrai. Je réalise un chrono de 13h14 sur l’Altriman 2015. Mais c’est une édition particulière, et avec la nage j’aurai réalisé très précisément 14H19. J’ai réalisé Embrunman 2015 (soit 1 mois après, dans le même état de forme) en 12h19. 2h tout pile d’écart avec une course menée de la même façon : nage tranquille, un vélo à bon rythme (soutenu) sans se cramer, et un marathon à rythme constant sans marcher (sauf Altriman pour monter au lac de Balcère).

Par contre il est pour moi impossible de comparer Altriman et Embrunman. Ce sont des épreuves bien différentes. Altriman est difficile, mais nous sommes traités comme des rois. Altriman, c’est une nage dans un lac moins paisible, et bien plus froid, et sans l’effet foule qui permet de gagner du temps. Le vélo est monstrueux. Plus long, plus de dénivelés (5000m Vs. 3600 à Embrun) et sur des routes bien plus techniques et piégeuses (attention aux trous, vaches, graviers). C’est un sacré chantier.
Le marathon n’en parlons pas : 750m de D+ Vs. 450 à Embrun. Une partie trail. De l’altitude. Une fatigue cumulée sur le vélo plus importante.
C’est évidemment accessible, mais nécessite une rigueur, une connaissance de soi plus poussée qu’à Embrun. La gestion de course est au cœur de la réussite (alimentation, vêtements, fiabilité du matériel, hydratation). Vous ne serez pas accompagné par des hordes de voitures suiveuses sur l’Altriman (quelle horreur à Embrun, mais ça n’est que mon avis…), vous serez totalement seul sur le vélo, dans des montagnes désertiques (et sans réseau GSM !). Il n’y a que 250 participants Vs. 1300 à Embrun. A Embrun on n’est jamais seul-seul. Embrun on y va pour le mythe. Altriman, on y va pour soi.

Bref, enchainer c’est faisable ! La conclusion que vous attendiez tous, pour que votre femme accepte de vous laisser le faire, non ?

J’ai aussi entendu la règle : Altriman = Embrunman + 2h = Nice + 4h. Alors, vrai ou pas ? Dommage que ce soit si cher Nice, je n’irai pas vérifier du coup…

enchainement altriman et embrunman

Altriman 2015 et Embrunman 2015 : Finisher !

What’s next ?

Et oui, c’est la question que l’on me pose beaucoup. Il est évident que je ne vais pas arrêter le sport. Je me pose beaucoup de questions quant à la suite, maintenant que je sais m’adapter sur distance IM.
Pour l’instant, j’ai un dossard pour la SaintéLyon 2015, le 5 décembre, et je compte faire descendre le chrono tout en prenant un max de plaisir (car j’ai beaucoup souffert en 2014).
Il va falloir que je m’essaie sur marathon sec, afin de voir ce que je vaux (3h15 ? 3h10 ? 3h05 ? Moins ?). Je veux participer à de belles courses VTT et peut être un triathlon d’exception en 2016 (Inferno triathlon / Norseman / Swissman ou autre). J’ai aussi d’autres défis en tête comme l’Ultra trail Marin (177 km à pied dans le Golf du Morbihan), UTMB que l’on ne présente plus. Et, pour les connaisseurs, je commence à me documenter sur le PBP 2019, ayant encore des doutes sur le plaisir que l’on peut tirer de ce genre d’expérience…
Maintenant que je sais ce dont je suis capable, j’ai surtout envie de partager de belles aventures avec d’autres athlètes, et franchir la ligne d’arrivée à 2.

Vivement la suite !

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13 réflexions au sujet de « Embrunman 2015 : la passe de 2 ! »

  1. Jean-Pierre Dumoulin

    Superbe exploit et superbe CR , je serais tenté de dire : comme d’hab 🙂 . Sans rentrer dans la course à la technologie, tu devrais essayer quand même les pédales + chaussures route, celles de Decat sont très bien. Ca donne plus d’appui que les pédales/chaussures VTT. Mais bon, tu vas encore rouler plus vite, alors tu n’es pas forcé de me croire 🙂 . Moi aussi , j’ai horreur de la pluie, donc je suis encore plus impressionné par ta performance dans ces conditions.

    Répondre
    1. David Schuster Auteur de l’article

      Merci Jean-Pierre !
      Tu as tout à fait raison, j’ai d’ailleurs prévu de passer aux pédales + chaussures routes : je me rends compte que ma façon de pédaler change (je ne pensais même pas que c’était possible !) et je ressens le besoin de plus d’appui, notamment dès qu’il faut mettre de la force. Et je passerai aussi aux cardio, capteur de puissance etc. : ça me fera certainement progresser. Mais ce n’est pas obligatoire pour avancer 🙂
      Merci encore et à très vite

      Répondre
    1. David Schuster Auteur de l’article

      Salut esscaien anonyme ! C’est évidemment dans la liste, mais les frais associés à cette épreuve nécessitent que je sois sur de moi ! Il y a tellement de belles choses à faire !

      Répondre
  2. PierreM

    Excellent CR et très belle performance. On a très certainement du se croiser, en tout cas chapeau bas cet enchaînement avec l’Altriman. D’ailleurs ça serait avec plaisir de se croiser à Longchamp (dans le groupe qui roule à 40km/h :D) un de ces quatre ! Bonne récup à toi

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    1. David Schuster Auteur de l’article

      Merci pour ton commentaire Pierre, mais c’est surtout toi qu’il faut féliciter : magnifique performance, tu as superbement géré ta course avec un résultat impressionnant. Sais-tu que vous avez été appelé sur le podium, pour la 3ème place (résultat club) ? Bravo aussi pour ton blog que j’apprécie beaucoup. Je te dis donc à bientôt à Longchamp, je crois que tu roules en Argon là bas 😉 A bientôt

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  3. Florent Cerou

    Salut David,

    Un bonheur de lecture ce CR, et quelle performance ! Un grand bravo à toi !

    Je crois t’avoir croisé au parc à vélo le vendredi, tu en sortais quand j’entrais déposer le mien. Je t’ai reconnu par rapport aux photos de ton CR de l’Embrunman 2014, et comme nous avions échangé sur ton blog (tu m’as gentiment donné tes références horaires vélo pour m’aider à appréhender ma première tentative), j’ai voulu te saluer. Mais comme la météo était affreuse et que je n’étais pas sûr (j’étais resté sur l’idée que tu ne ferai « que » l’Altriman cette année), je ne t’ai pas arrêté. Je regrette un peu, j’espère en avoir l’occasion un jour sur l’une de ces épreuves mythiques qui nous font rêver et vivre.

    Pour ma part, moi qui n’aime pas la pluie non plus, j’ai trop souffert du froid dans la descente vers Briançon (après avoir passé l’Izoard pile dans les délais à 13h10) pour la faire à allure correcte, tremblant et gémissant pendant 1h20 de supplice physique et mental à 15 Km/h, au bord de l’hypothermie. Hors des clous à Briançon, j’ai pris la voiture balai pour rentrer.

    Aucune frustration ni envie de revanche, je le prends comme une première expérience, et reviendrai l’année prochaine mieux préparé. Embrun est mon Graal, alors…

    Encore bravo à toi, pour ta perf et pour ta mentalité ! Cette simplicité et cette philosophie du sport que tu as, je la partage et je ne la décrirais pas mieux. Courage pour tes prochains objectifs, continue à te faire plaisir et à l’écrire…

    Sportivement
    Flo

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    1. David Schuster Auteur de l’article

      Bonjour Florent,
      Merci pour ton message, ça fait très plaisir !
      Dommage que la pluie se soit invitée à la dépose des vélos au parc, ça aurait été sympa de discuter un peu avant la course ! ça m’a fait mal au coeur de laisser le vélo sous un tél déluge, on se demandait un peu ce qu’on faisait là quand même !
      Pour une première expérience, tu n’as pas été gâté, les conditions vélo étaient vraiment compliquées. Mais le Graal ne se trouve pas en un jour, et tu reviendras encore mieux préparé la prochaine fois (et on se verra peut être !) que ce soit physiquement, mais aussi mentalement et au niveau de l’équipement / stratégie de course. Vous avez été nombreux apparament à ne pas pouvoir continuer suite à cette terrible descente vers Briançon. Mon passé de vététiste me permet de supporter un peu mieux les mauvaises conditions météo 🙂 Tu auras l’équipement adéquate l’année prochaine, et ça passera tout seul.
      N’hésite pas à me tenir informé si tu fais d’autres courses, sait-on jamais, nous pourrons peut être nous y croiser.
      Bon courage pour la suite et au plaisir.
      David

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      1. CEROU Florent

        Merci David.

        Je vais tout faire pour être prêt le 15 août 2016, davantage encore que cette année (où j’ai pourtant fait d’énormes progrès à plusieurs niveaux). Et le plaisir d’y arriver n’en sera que plus grand.

        Pour les autres courses, je vais terminer ma saison au semi-marathon d’Amsterdam, en espérant un week-end sympa et pourquoi pas un record perso si tout va bien. Ensuite, l’année prochaine, je ferai peut-être une nouvelle fois le triathlon LD de Troyes en prépa Embrunman, début juin (pas trop loin de ma Lorraine et surtout beaucoup moins cher que les autres LD !).

        Tu comptes refaire l’Embrunman une troisième fois ?

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        1. David Schuster Auteur de l’article

          ça te fait déjà un joli programme : c’est important d’avoir des étapes intermédiaires dans une prépa, pour s’assurer que l’on va dans le bon sens.
          Pour Embrun, c’est trop tôt pour le dire… Si l’année professionnelle à venir n’est pas trop dense, je pourrais avoir envie d’améliorer mon temps, mais j’ai aussi très envie d’aller tester d’autres épreuves (Xtreme Challenge, Inferno etc.) et hélas, on ne peut pas tout faire. On verra début 2016 ! Je note pour le LD de Troyes, ça peut être sympa pour un prix contenu !

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          1. CEROU Florent

            Effectivement, vu tes belles réussites, de finisher mais aussi avec bons chronos, bons classements et bons ressentis, sur Embrunman deux fois et Altriman, la suite logique pour toi est de rêver à ces courses dantesques Xtreme Triathlon. Là c’est plus qu’une course, c’est un voyage et une aventure hors normes. Hâte de lire un éventuel CR de ton Norseman, Swissman ou Celtman…

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