3ème ravito granit montana ultime : 2 min d'arrêt et on s'y remet !

Granit Montana Ultime 6ème édition : jamais 2 sans 3 !

Devenu « notre » rendez-vous annuel, la Granit Montana, on y pense toute l’année. C’est avec joie et appréhension que l’on se rend dans les monts d’Ambazac pour une journée qui sera forcément longue et difficile. L’édition 2015 tient toutes ses promesses, et même plus !

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Le weekend du 15 juin, j’ai maintenant mes habitudes : je descends au très confortable camping de l’étang de Jonas. Particularité cette année : le départ et l’arrivée se joueront ici, au lieu du village de Saint Sylvestre, un peu plus haut. Cela permet aux organisateurs de corser encore un peu plus le parcours avec un gros 78km annoncé et plus de 3200m de D+ contre 72 et 3000 auparavant. Même genre de chiffres qu’au raid Vauban sauf… Qu’on est pas à la montagne.
Après avoir récupéré la plaque, discuté avec les copains et la séance de mécanique habituelle (amortisseur de Richard), le repas du condamné à dévisser VTT avec les forces en présence parisienne et Belges (dont le deuxième au scratch !).
La nuit sous la tente et sous la pluie ne permet pas d’accumuler des forces, et m’inquiètent quant à l’état du terrain.

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Au briefing, à 8h15, je retrouve les copains, chacun se concentre pour le combat à venir, sous un ciel gris chargé. On aura moins chaud que d’habitude !
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Je me place en deuxième ligne, JP à mes côtés et JM en première ligne sur ma droite. Je suis au milieu dans l’axe du premier chemin pour la start loop, nouveauté de cette année, avant un tour d’étang, et la remontée vers saint sylvestre pour reprendre le parcours « classique ».

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Les fauves sont lâchés avec un taux d’humidité très élevé. « Salut JP, bonne journée ! ». Je me faufile sans forcer dans le premier chemin, un vrai goulot d’étranglement avec un virage à gauche. image

Bien placé, j’enquille dans ce chemin montant, je dois être dans les 20 premiers, mais le rythme ne me semble pas bien élevé, ça va bouchonner derrière ! C’est déjà bien gras.
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Start Loop granit montana 2015On contourne l’étang sur une herbe bien bosselée et on attaque la granit montana avec notre première cote en sous bois. Sous-bois que l’on ne quittera plus ! C’est gras, ça glisse et l’humidité est gênante : je suis déjà trempé, je dois retirer mes lunettes ce qui me vaudra plusieurs projections dans les yeux au cours de la journée et je souffle fort. C’est vrai que ça monte bien mais je ressens les efforts de dimanche dernier, sur le Vauban, et un vrai manque de fraicheur dans les jambes.

Je me fais un peu doubler et je double aussi un peu.
Le terrain est très energivore, et rend beaucoup moins bien que les années précédentes. Les pluies ont rendu cette Granit vraiment Ultime.
Les cotes s’enchainent, j’ai l’impression de ne pas avancer, mais ça ne revient pas sur moi. Je me fais toute la première partie avec quelques 29 pouces sur le porte bagage. Je connais bien jusqu’au premier ravito, et j’enchaine tout en fluidité les difficultés. C’est la partie la plus roulante et je ne veux pas perdre de temps. Les descentes sont rendues difficiles par une terre meuble, des racines dérapantes. J’ai l’impression que c’est plus dur que les années précédentes. Plus engagé. D’ailleurs les gars du 60 m’ont pas encore rattrapé. Ah si, un jeune « XC couronnes ». J’essaye de suivre à distance, mais ça ne tient pas longtemps.
Je passe le premier ravito sans même un regard pour les délicieuses victuailles : on m’annonce 1h15 de course. Ça me paraît cohérent.

Descente technique sur la Granit montana ultime 2015

Descente Granit montana ultime 2015

Un peu de  » roulant « , je mets tout à droite. Les bosses pas trop longues, j’essaye de les monter en force. Ça me donne l’impression d’être dans un bon rythme.
Dans les ascensions par contre je suis tout à gauche. J’ai du mal avec tout ce granit qu’ils mettent sur ma trajectoire, le 26 pouces, mon fidèle destrier, ne veut qu’une chose : sortir du chemin. Je ne me souvenais pas que c’était aussi long ces passages. On oublie d’une année sur l’autre, mais ils nous gâtent sérieusement niveau D+ !
Quelques gars me passent dans ces côtes, à un rythme bien plus élevé. Je les recolle, pour certains, dans les défis, descentes, et parties plus roulantes. Car oui, quand on veut, on arrive à trouver quelques bouts de chemins qui permettent d’envoyer.
Un maillot orange me passe :  » hey, t’as pas fait le Vauban la semaine dernière toi ?! ». Le gentil breton me répond que si, on a roulé ensemble, il a fini juste derrière moi. Il monte plus vite, je me laisse descendre plus vite, le rythme global est donc similaire, même si on ne roule pas ensemble.
Ça roulotte jusqu’au deuxième ravito, mais je trouve ça plus long que dans mes souvenirs. Ça rend vraiment mal ce terrain, c’est épuisant. Il faut une attention de tous les instants, pour ne pas glisser, pour venir à bout de toutes ces côtes, passer les défis.
Arrêt express au 2eme ravito, mais tout un groupe de coureur me rattrape alors je m’y remets de bon coeur.
Un gars ou deux me doublent, je fais de même avec les premiers qui craquent.
A un passage sur route, on m’annonce 21ème. J’ai le 20 et le 19 dans le viseur. 2 cotes plus loin c’est de l’histoire ancienne, ça m’a motivé tout ça !

C’est la partie la plus dure de la granit, on a l’impression de grimper tout le temps. J’essaye de relancer régulièrement la machine, mais inexorablement je me fais reprendre par mon breton et un groupe de 4 qui roulent ensemble.
Je franchis certains passages à pieds, en cotes et en descentes, quand je sais que ça va plus vite. Je regrette mes Time qui ne bourrent pas. Les Shimano c’est une autre histoire !
Après un temps interminable, arrivée au troisième ravito : une bonne chose de faites et un regroupement général.

3ème ravito granit montana ultime : 2 min d'arrêt et on s'y remet !

3ème ravito granit montana ultime : 2 min d’arrêt et on s’y remet !

Ensuite, singles magiques s’enchainent mais plus difficilement que dans mes souvenirs. Et ça monte… Beaucoup ! Dans les descentes je prends le large, et me fait rattraper dans les cotes.
En doublant mon breton dans une descente, un arbre traverse : juste le temps de baisser la tête pour amortir avec le casque. Boum ! Sonné, je suis mais tout va bien. Je baisse un peu le rythme le temps de reprendre mes esprits.
Descente en tourbe suivante… Ça se finit en mode luge avec le gars devant moi… Elle est dure cette granit, et dire Que tout passait sur le vélo l’année dernière.
Le ruisseau, je me le ferai en courant, c’est plus simple.
Après quelques longues cotes, je passe le pointage : mes acolytes du ravito 2 & 3 en repartent : on m’annonce 23ème à 14h03.
Plus que 2kil avant le dernier ravito. Ça me redonne des forces, je remets un peu de rythme et attaque la descente empierrée entre les 2 murets confiant. Je double mon breton et…. Pschiiiit crevaison arrière. M’en fout, je m’arreterai au ravito. Je roule sur 300 grammes, mais je double quand même les gars du 60 qui nous ont rejoint au pointage.
Les descentes deviennent sport ! En plus la roue arrière bouge latéralement, et je ne peux utiliser que les pignons du milieu…
J’arrive au ralenti au dernier ravito après quelques boucles différentes du parcours connu.
Je cherche désespérément une pompe haute pression : ouf un concurrent du 60 à une pompe à pied, le tubeless « pète », il se recolle a la jante. Il fuit toujours mais léger, je me dis qu’en roulant ça ira.
Je repars fissa, sans prendre le temps de manger ou recharger le camelbak vide. Je vais avoir soif !
Je me suis fait beaucoup doubler et essaye de combler mon retard : les gars et les filles du 60 sont très fair-play, et laissent le passage dès que possible.
Qu’ils sont longs ces derniers kilomètres, ces derniers faux plats qui paraissent être aussi dur qu’un col, ces descentes engagées.
Le crachin / la pluie n’aident pas, le terrain est chargé, les pieds mouillés !
Le panneau 10 km me mettra un sacré coup au moral : encore une heure dans cet enfer vert ?! Heureusement que la trace est superbe, ludique, technique engagée et nécessite toute ma concentration.

2 arrêts pression du pneu arrière plus tard, c’est enfin la descente des castors, un peu après celle des ragondins, qui marque la fin de l’ancien parcours. Celle là je sais qu’elle passe sur le vélo, bien qu’ils soient plusieurs, en glisse, à pieds, dedans !
Premier virage à droite, je sors 50 cm trop large, droit dans le pentu. Mais ça ne m’effraie pas, puisque ça passe je vous dis ! Virage suivant à gauche, racine, pierre, terre, et un arbre en sortie. Le combo parfait. Ça passe, je l’ai déjà fait ! Mais soit je vais pas assez vite, soit trop, soit le terrain est trop ravagé, un peu de tout ça sûrement. Je prends donc la meilleur trajectoire qui soit, tout droit dans l’arbre. Si j’avais eu l’épaule démise, c’était parfait pour la remettre en place ! Je vole, me retrouve plusieurs mètres plus bas, dans un vacarme pénible : le vélo descends tout aussi vite que moi à travers les pierres. Je m’assois, je sais que j’ai eu beaucoup de chance. Je joue rarement avec les limites. Là c’était assurément le cas. Un concurrent remonte la pente en courant, s’assure que je vais bien. Le vélo roule, seule ma sonnette semble Hs 🙂 je me fais dépasser par un ou deux concurrents du 80 que je n’arriverai pas à rattraper et qui s’assurent que je vais bien avant de continuer. Bref, le vélo roule, il faut finir le boulot.
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Je finis la descente sur le vélo quand même, et arrive au pied de la cote de oufff, qu’on ne fera pas cette fois. Encore quelques coups de culs sur la plaque (de toute façon plus rien ne passe) et après 5km à profil descendant j’arrive le long de l’étang et passe la ligne en 7h. Pas mécontent de la finir celle là, 26eme, juste derrière mon breton ! Lui enchaîne encore sur les terres noires, mais reconnait que comme moi, après le Vauban, on a pas récupéré… Il est juste étonné de mon aptitude à descendre avec « ce vélo ».
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À l’arrivée je retrouve Patrick, côte abîmée, qui finit le 60, Marie, mal au bras, Richard, vélo qui ne voulait pas mais reviendra.
JM finira un peu après en 38ème position et premier master 3, Sebastien en 9h, content mais au bout du bout et JP dans le top 100 (96ème !) en10h après ses déboires à retrouver dans son CR.
Un bon repas, une bonne douche au camping, la remise des récompenses et la pluie se fait de plus en forte. 18h, alors que les derniers sont à 5km de l’arrivée, je file vers le sud !
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Encore une superbe journée de vélo, rendue extrêmement technique et engagée du fait des conditions météo.
Pour venir se frotter l’ultime il faut une sacrée caisse, un gros bagage technique, un mental d’acier. C’est une course difficile, exigeante, limite ! Mais vous y trouverez une superbe organisation rodée et passionnée, un parcours tout en single incroyable, du technique comme on en voit jamais.
188 participants sur l’ultime, seulement 99 à l’arrivée, un premier en 5h25, le dernier en 10h10.
Comme à chaque fois, je me suis promis que je ne reviendrai pas car c’est « trop ». Donc à l’année prochaine ?

Merci à mon vélo, a qui j’en fais voir de toutes les couleurs, mais qui dans l’ensemble me le rend bien.

Classements Granit Montana Ultime 2015

CR de JP : une très longue granit !

CR de Mary : il faudra revenir !

CR de Pédalator : 1er Master 3 !

CR de Pat : Une année sans

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4 réflexions au sujet de « Granit Montana Ultime 6ème édition : jamais 2 sans 3 ! »

  1. Jean-Pierre Dumoulin

    Génial ce CR , l’atmosphère de cette épreuve hors norme est bien rendue. Je vois bien l’endroit où tu es tombé, je me suis fait peur aussi mais heureusement c’est passé , mais je me suis quand même pris un bon nombre de gamelles surtout à cause des racines rendues ultra glissantes par la pluie diluvienne entre 14h et 15h .

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  2. Voyageur Michel

    Après un tel récit j’ai quelques cheveux blancs de plus ….. le père en mode … désapprobateur 😦 😥

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  3. Hervé

    Superbe performance David, 26ème …et avec un 26′ (quel est ton ressenti par rapport au 29′ de l’an passé ? peut-être pas facile à mesurer vu les différences de condition et de niveau)
    Quelle progression en 3 ans (96ème -> 64ème -> 26ème) ! C’est le top 10 pour l’an prochain.
    Et tu as même réussi à « shooter » le premier pour le cr 🙂

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  4. SebRom

    Au top ton récit! Belle course et super classement, bravo!
    Possible que je mette des courses VTT au programme l’an prochain, celle-ci m’a l’air top! 😀

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