Course à pieds - embrunman 2014

CR Embrunman 2014 – Le récit d’une belle journée

Intro

Le récit ci-dessous raconte ma route vers l’Embrunman, un triathlon longue distance communément appelé IronMan. Tout comme l’épreuve, ce récit est très long. Vous pouvez donc aisément sauter des parties, puisqu’il se décompose comme suit :

  • Intro
    • Pourquoi Embrun ?
    • Remerciements
    • L’entrainement
  • EMBRUNMAN 2014 – La journée la plus longue !
    • Préparation
    • La natation
    • T1
    • Vélo : 188km et 5000 de D+
    • T2
    • La course à pied – 1er semi
    • La course à pied –2ème semi
    • L’après course
  • Que fait-on après ?
  • Les apports d’un IronMan chez un débutant
  • Les jours d’après ?
  • Enseignements, Pour qui ?

Pourquoi Embrun ?

Quand on découvre le triathlon longue distance, Embrun et son Embrunman est un mythe : il est considéré comme l’un des IronMan les plus dur du monde. Pour moi, Vététiste passionné, l’idée de faire un triathlon apparaît peu après la Granit Montana 2013, une épreuve de VTT marathon réputée comme difficile. Finisher, je me sens capable, avec de l’entrainement, de faire plus. Plus dur. Plus long. Quelques semaines plus tard, je vibre en lisant les récits des Ironman de Nice. Je suis condamné.

Après un été sportif, j’embarque Séb dans mon délire. Lui aussi veut découvrir autre chose, un défi sportif différent du « simple » raid à VTT, un défi qui nécessite préparation, et qui nécessite de tout apprendre.

  • En septembre je prends un abonnement annuel à la piscine : plus question de reculer, je me dois d’aller à la piscine 2 fois par semaine.
  • Je fais réaliser une paire de semelles orthopédiques, achète une vraie paire de chaussures de course à pied et commence à courir entre 10 et 15km, une à deux fois par semaine.
  • Je continue le VTT, ma vraie passion.

Fin octobre, l’idée a muri, et nous sommes enfin prêts à nous inscrire au fameux IronMan de Nice. C’était sans compter l’engouement autour de cette discipline qui explose littéralement en France : toutes les places ont déjà été vendues. Après quelques semaines de doute, nous nous rendons à l’évidence : nous allons prendre le départ d’un triathlon longue distance, peut-être une seule fois dans notre vie, autant frapper un grand coup, viser le mythe. Le but est de réaliser un défi qui paraît irréalisable : bref, nous nous inscrivons à l’Embrunman.  330€ plus tard, nous avons le droit de participer et donc de subir :

  • 3,8 km de natation dans le plan d’eau d’Embrun,
  • 188 km de vélo avec environ 5000 de D+ (dont le fameux col d’Izoard),
  • 42 km de course à pied avec 450 de D+.

Mais avant d’aller plus loin, il faut noter qu’une telle épreuve ne se réalise qu’avec l’aide de toute une équipe. Place aux remerciements !

Remerciements

Pour une fois, je vais commencer par la fin. Les remerciements. Car finalement, participer à une telle épreuve n’est possible qu’avec l’aide des proches. Ils sont donc le premier maillon de cette aventure:

  • Merci Hervé pour le prêt du magnifique Giant T-Mobile carbone ! Grâce à toi, j’ai découvert la route, la joie de gravir un col. Le maillot à pois n’est plus qu’à une poignée de coups de pédale !
  • Merci Mathieu pour le prêt de la combi ! Parfaitement adaptée, elle m’a permis de ne pas avoir froid, mais surtout, de ne pas couler comme une pierre au fond du lac. Ce qui n’était pas gagné !
  • Merci Séb, mon compagnon d’échappée. Pour avoir des bonnes idées, nous ne sommes jamais les derniers. Ce fut un honneur et une grande joie de partager cette aventure unique, exceptionnelle avec toi. Il va falloir trouver d’autres idées maintenant ! Je te donne donc rendez-vous pour une prochaine aventure, si possible à base de vélo.
  • Merci à l’ensemble de mes amis : merci pour avoir supporté mes histoires de vélo, mes retards répétés pour cause d’entrainement, mes départs « avant la fin » pour cause d’entrainement encore. Merci de m’avoir soutenu, d’une manière ou d’une autre, vous avez pris part à cette aventure, par votre enthousiasme, votre motivation, vos petits mots et attentions. Votre engouement derrière moi – nous – pendant l’épreuve m’a énormément touché. Un immense merci à tous.
  • Merci à mes collègues de sport, principalement VTT, pour m’avoir motivé à me dépasser tout l’hiver, dans la boue, dans le froid, mais aussi sur des parcours magnifiques (Granit Montana inside). Peut-être de nouvelles aventures sportives l’année prochaine ?
  • Merci à toi, de la ligne d’eau d’à côté avec qui j’ai fait la course cet hiver. Merci à toi, nageur de la Piscine de Saint germain en Laye qui m’a forcé à me dépasser. Merci à toi coureur de la forêt de Saint Germain en Laye, qui m’a motivé à courir plus loin, plus vite, plus fort, parfois sous la pluie. Merci à toi vététiste de région parisienne ou d’ailleurs, qui m’a motivé à monter plus vite, à rouler plus fort.
  • Merci à ma Chiro (Lorry c’est pour toi là !) qui a su me réparer à base de scotch coloré quand mes jambes ne voulaient plus courir.
  • Merci à ma famille pour avoir supporté les contraintes liées à une telle aventure.
  • Merci à ma compagne pour tout. C’est finalement peut être pour elle que l’épreuve a été la plus dure, c’est une épreuve de supporter un sportif à l’entrainement pendant près de 6 mois, de subir les contraintes liées aux entrainements, à l’épreuve. Elle s’est investi à mes côtés, que ce soit dans la réalisation de gâteaux sports maisons, pour m’accompagner nager, pour partager mes doutes, ou encore sur l’épreuve, pendant de très longues heures. Alors, c’est peu au regard de tout ce que cela représente mais : Merci.
  • Deux personnes particulières m’ont accompagné lors de cette période : mon cousin Cyrille, mon grand oncle Germain, tous deux décédés en 2014. Pour eux, j’ai eu envie de me dépasser, ils étaient à mes côtés, je le sais.

Sans vous tous, il ne m’aurait pas été possible de me présenter au départ d’une telle épreuve. Mais il tout de même fallu que je m’entraine un tout petit peu (si si !). Moi qui ne faisais du VTT et occasionnellement de la course à pied, tout est nouveau. Je n’ai jamais fait de triathlon, ni même de natation, ni même de marathon. Quitte à se lancer dans un défi, autant y aller à fond !

L’entrainement

L’entrainement c’est, paraît-il, 25% de la réussite de l’EmbrunMan. Le reste provient, paraît-il encore, du mental. Ou du sadomasochisme. Mais personne n’ose trop en parler.

Mon objectif est simple : rallier l’arrivée. Mais j’y ajoute quelques contraintes :

  • je veux continuer au maximum le VTT que j’estime être un bon entrainement pour une longue balade de route à la montagne.
  • Je dois jongler avec une activité professionnelle parfois prenante.
  • Je ne veux pas que mon entrainement influe trop sur ma vie : je veux pouvoir continuer à sortir / manger comme je le souhaite.

Je décide de suivre un entrainement très précis : celui de l’instinct. Aucun plan d’entrainement, je ne fonctionne qu’au plaisir, aux sensations. Impossible pour moi de me contraindre à respecter, un plan, un planning. Je souhaite continuer à faire du VTT, ce que je fais finalement jusqu’à fin juin.

Pour moi, le sport est un plaisir uniquement. Certes, parfois je me suis forcé à aller à la piscine, mais jamais plus que de raison. Je ne me suis pas astreint à des exercices ou autre : lorsque je sors mon VTT, c’est pour faire une belle balade dans la forêt. Lorsque je cours, c’est la même chose : je veux voir du paysage : quel bonheur alors de découvrir des biches, des écureuils, des lapins ou même des sangliers au détour d’un petit chemin.
Peut-être que je progresse peu, que je n’exploite pas réellement mes capacités : mais jamais je n’ai eu l’impression de me forcer. Parfois, lorsque plusieurs jours passaient sans que je n’aie l’opportunité de sortir faire du sport, le stress montait un peu, avec l’impression de louper des séances.

Dans ma recherche de plaisir, d’écoute de soi, d’instinct, j’ai même évolué dans ma façon de faire du sport : avant je courais avec de la musique, une montre. Je nageais en regardant régulièrement l’horloge, en comptant mes allers retours. Je roulais avec un compteur. Vitesse instantanée, moyenne, kilométrage etc. rythmaient ma sortie. Et puis au fur et à mesure, je me suis orienté vers plus de sensations, plus d’écoute de soi. Aujourd’hui, je cours sans montre. Peu importe le temps que je mets, peu importe la vitesse. J’écoute la forêt, je m’écoute. Je sais si je peux accélérer, si je dois ralentir. Je n’ai jamais couru aussi régulièrement que sans aucun appareil.
A vélo, il en va de même : je peux passer plusieurs heures sur un vélo, sans regarder l’heure, sans savoir à quelle vitesse je roule.

Je me suis senti très serein, car je n’ai pas eu à me plier à une méthode, à des données chiffrées. Je sais désormais ce dont je suis capable, je m’écoute beaucoup plus, je ressens mieux l’arrivée de la fatigue. J’ai l’impression que le fait de m’entrainer à l’instinct a développer mes sensations, et donc finalement une meilleure connaissance de mes capacités, mais aussi de mes besoins, notamment en hydratation, alimentation. J’aime ce sport libre, avancer différemment, sans m’embêter avec les watts que je sors dans une ascension, mon rythme cardiaque, etc.

Mais, j’ai quand même voulu enregistrer toutes mes sorties, afin de me rendre compte des volumes réalisés, via un GPS, dans ma poche. Je débute mon entrainement light en janvier et m’y mets réellement en mars avec  les chiffres suivants entre le 1er janvier et le 3 août :

  • Janvier : 18h21 de sport
    • CAP : 39,23 km en 3h07 et 4 sessions
    • VTT : 183 km en 12h08 et 4 sessions
    • Natation : 9,2 km en 3h07 et 4 sessions
  • Février : 14h37 de sport
    • CAP : 90,6 km en 7h23 et 6 sessions
    • VTT : non
    • Natation : 21,7 km en 7h14 et 10 sessions
  • Mars (le vrai départ) : 39h25 de sport
    • CAP : 57 km en 4h32 et 4 sessions
    • VTT : 227 km en 13h35 et 5 sessions
    • Natation : 24,250 km en 7h53 et 11 sessions
    • Ski 13h30
  • Avril : 34h29 de sport
    • CAP : 91,92 km en 7h30 et 8 sessions
    • VTT : 339,42 km en 18h45 et 6 sessions
    • Natation : 24,6 km en 8h13 et 9 sessions
  • Mai : 45h08 de sport
    • CAP : 69,7 km en 5h33 et 6 sessions
    • VTT : 353,7 km en 21h20 et 5 sessions
    • Vélo de route : 262,43 km en 9h42 et 4 sessions
    • Natation : 26,5 km en 8h34 et 10 sessions
  • Juin : 37h07 de sport
    • CAP : 72,62 km en 5h48 et 7 sessions
    • VTT : 356,16 en 22h02 et 5 sessions
    • Vélo de route : 155,44 km en 6h05 et 1 session
    • Natation : 9,5 km en 3h10 et 6 sessions
  • Juillet : 37h37 de sport
    • CAP : 90,9 km en 7h13 et 9 sessions
    • VTT : non
    • Vélo de route : 628,11 km en 23h45 et 4 sessions
    • Natation : 21,3 km en 6h58 et 10 sessions
  • Août (3 août) : 6h46 de sport
    • CAP : 14,2 km en 1h05 et une session
    • VTT : 59,52 km en 3h24 et une session
    • Vélo de route : 46,3 km en 1h36 et une session
    • Natation : 2 km en 40min et une session

En résumé (1er janvier – 3 août) 220h26:

  • Course à pieds : 526 km (42h12)
  • Vélo + VTT : 2611 km (132h24)
  • Natation : 139 km (45h50)

La vraie lacune de ce « plan » d’entrainement : trop de natation et pas assez de course à pied. En dégageant du temps pour la course à pieds en nageant moins, l’entrainement aurait été plus équilibré et correspondrait mieux aux besoins d’un IronMan. Mais la réalité, c’est que je me suis blessé à plusieurs reprise pendant la saison en cap (pubalgie enchaînée sur une périostite puis un mal aux genoux) m’empêchant de courir, parfois pendant 3 semaines d’affilées. Dans ces périodes, j’ai donc privilégié la nage. La nage a représenté un vrai plaisir pour moi, surtout à cause du mauvais temps. Je ressens un véritable bien être après une séance de natation, une bonne fatigue.

Maintenant que je vous ai complètement perdu, passons rapidement sur la semaine d’avant course (récupération du dossard, découverte de la première boucle vélo, nage dans le lac, dépôt du vélo, dernières préparations des affaires) et attaquons donc cette magnifique journée du 15 août 2014.

EMBRUNMAN 2014 – La journée la plus longue !

Préparation

4h10, le réveil sonne : j’ai un appartement près du départ et préfère tout calculer au plus juste pour le départ. Gâteau sport maison, Malto, j’enfile un short, des chaussures et une veste, j’embarque ma fameuse caisse avec toutes mes affaires pour la journée, et direction le parc à vélo.

Il est déjà 5h15, et je n’ai donc pas besoin de faire la queue pour rentrer. Effervescence silencieuse. Les queues sont interminables devant les toilettes. La plupart des concurrents sont déjà habillés de leur combi.

Je rejoins ma chaise, dossard 1216, tout au fond du parc (1239 inscrits). On se salue silencieusement, chacun vit une des journées de sa vie. Je vais voir mon pote Séb, 1155, qui s’affaire autour du vélo pour les derniers préparatifs.  Moi, je ne veux toucher à rien, je veux juste que l’heure du départ sonne.

Finalement, autour de moi, tout le monde est déjà en combi. Ils annoncent le départ des féminines. Le silence est terminé. Je me prépare donc rapidement. Sans un mot, mon voisin me ferme la combi. Pas besoin de parler, on est dans le même bateau. Je fais de même. Et pan, les femmes sont parties.

Dernière (ou première ?) photo avec Séb, il faut rejoindre le départ. Déjà, ils ouvrent l’aire de départ.

Natation embrunman 2014

Séb et Dav au départ de l’EmbrunMan 2014

La natation

Dernière accolade avec mon pote, et nous nous séparons, le silence règne toujours. Le speaker essaye de mettre l’ambiance, mais ni les spectateurs, ni les concurrents ne sont encore prêts, il fait nuit noire.

Je me dirige sur la droite pour éviter la cohue, mais l’herbe est gelée un peu avant 6h du mat’, par 6 degrés et dans la nuit. J’aperçois de la moquette sur ma gauche et file y mettre mes pieds. Ça y est, ça commence à applaudir, à crier, le speaker lance la journée. Il fait toujours nuit, mais les flashs crépitent.

Maintenant, mettez Kavinsky- Roadgame à fond dans vos oreilles.

Vous êtes avec moi sur la ligne de départ. Je mets mes lunettes. J’applaudis. J’écoute. Je ressens. Mais où est ce p***** de stress ? Ça fait 6 mois que je ne pense qu’à ça, et aujourd’hui, je suis confiant, serein, sûr de moi ? La musique est de plus en plus forte. Les spectateurs se lâchent.

PAN. Ça court de partout autour de moi !!!!!! Ce n’était pas prévu !!!! Je suis dans les premières lignes alors que je vise 1h20 -25 de natation et voulais partir tranquillement. Pas le choix, si je ne veux pas me retrouver à terre je dois courir dans cette étendue noire.

Je ne ressens pas les graviers, je ne ressens pas l’eau rentrer dans ma combinaison. Mais très rapidement, c’est « la lessiveuse ». L’eau est devenue un champ de bataille, et je veux en sortir vivant, je me fais happer de toutes part. Je ne nage pas vraiment, je ne coule pas vraiment. Qu’est-ce que je fous là ? On va où ? Je ne vois rien, que des bonnets blancs qui sortent de l’eau. Et cette brume autour de moi… Première bouée, je pense que je vais y passer à force de me faire couler. J’essaye de nager, mais ce n’est pas possible.

Respire. Je cherche un kayak des yeux, pour avoir quelque chose sur quoi me rattraper. Je ne vois rien. Je respire encore, je me mets sur le dos. Automatiquement, un espace de sécurité se crée autour de moi, les gens m’évitent. Je laisse passer le peloton, trop rapide pour moi et me retrouve dans un calme relatif.

2ème bouée (environ 500 m), je peux me mettre à nager normalement. J’ai du mal à m’y mettre, je suis barbouillé. Finalement, au demi-tour au bout du lac, je me libère, le soleil se lève déjà et je sais que je n’ai pas loin d’1 km de ligne droite devant moi. Je me mets dans le flot de circulation et nage comme ça. Finalement le premier tour est déjà fini.

Le 2ème tour ? Je ne l’ai pas vu passer. Je vois déjà la plage, je sors doucement, passe sous les douches et cours dans le parc à vélo. J’ai parcouru les 3,8km en 1h11 sans forcer.

Embrunman 2014 - sortie de l'eau

Embrunman 2014 – sortie de l’eau

NLD-10690

T1 – 1ère transition

1ère transition : le parc à vélo est encore bien rempli. Je ne m’attendais pas à ça ! Je pensais sortir loin dans les derniers.  Je prends mon temps, me sèche, et pars en tenue courte, sachant que ça va monter très sec dès le départ.

Au moment où je prends le départ, mon pote Séb m’interpelle : cool, il en a terminé aussi, dans un temps inespéré. Je vais vite le revoir sur le vélo !

Vélo : 188km et 5000 de D+

Les encouragements font chaud au cœur, mais je ne profite pas de l’ambiance tour de France : je fais un rapide check. J’ai bien toutes mes affaires, je suis bien, pas froid. Les jambes un peu lourdes, mais on ne s’affole pas, il est à peine 7h25. Je me mets dans mon rythme, sans montre ni compteur, à l’instinct. Je connais bien la première boucle de 43km, je l’ai faite déjà 2 fois cette semaine. Un parcours de santé de 1000 de D+.

Impossible de boire ou manger pendant la première heure, mais je ne m’affole pas, la journée va être longue.

Embrunman 2014 - Rond point des Orres

Folle ambiance au rond-point des Orres, Embrunman 2014

 

Je suis déjà sur la N94 en direction du rond-point des Orres et le soleil brille bien. Ça y est je peux boire et manger. Quel monde, on est presque en peloton en arrivant au rond-point et surtout la route est envahie de supporters (dont les miens, merci !!!) : quelle ambiance ! Le mec devant moi fait le show, les holas ne tardent pas à venir.

 

Les balcons de la Durance pendant 17 km ? Ça roule, tranquille. Je prends le temps de discuter avec les autres cyclistes, dont un qui terminera l’épreuve quelques secondes derrière moi !

On est déjà à Guillestre : elle est belle cette journée, la montagne est dégagée, je roule bien et me fais pas autant doubler que je ne le pensais. En fait, je me fais très peu doubler ! Je m’attends à voir débouler Séb à tout moment dans mon rétro !
Vallée du Guil ? Ça roule toujours, du monde devant, du monde derrière, mais pas de drafting. Aller pause pipi, et on s’y remet pour attaquer l’Izoard. La partie vélo commence réellement après paraît-il !

Des supporters partout dans les voitures, les motos et sur les bords de route : on se prend des doses de bonheur plein la tête. Incroyable cet engouement autour d’une « simple » balade à vélo.

Là, moi je profite à fond. J’adore les efforts longs, et la montagne me plait. On m’indique 10h29 à l’attaque de l’Izoard. Je vais arriver vers 11h45 si je roule comme à la reco, moi qui espérais arriver vers 12h20. Les portes horaires (13h10) au col, vont donc passer sans problème, même si elles se resserrent plus les kms passent. Mon état d’esprit ? Serein, toujours.

Des locaux qui ont rencontrés mon fan club à Embrun vont m’encourager régulièrement tout au long de l’ascension et jusqu’à la fin de l’épreuve : ils suivent en voiture pour leur pote Jeff (1207) quelques minutes derrière moi. Ça fait vraiment plaisir !

Arvieux, je ne coupe pas l’effort, mais ça grimpe. Le pneu d’un concurrent éclate devant moi. Brunissard. C’est dur, mais moins qu’en reco. Serais-je dans un grand jour ? On ne s’enflamme pas David, encore 10km d’ascension. Le 34-28 me permet de m’économiser. Parfois je rêve d’une cassette en 29, mais finalement, je réalise que ça passe comme ça. C’est long, parfois dur, mais je suis finalement déjà à la Casse Déserte, transporté par la foule. Les 2 derniers kms, en lacets, ne me font pas peur, et je profite des encouragements au bord de la route. Je suis resté assis sur ma selle pendant toute l’ascension.

embrunman 2014 - col de l'Izoard

embrunman 2014 – col de l’Izoard

Ravito de l’Izoard. J’ai fait 100km de vélo en 4h31, gravi l’Izoard, et tout va (trop ?) bien. Arrêt rapide, il ne fait pas chaud. Je prends mes sandwichs, je n’ai quasiment rien consommé jusque-là, il va falloir changer la donne, la journée est longue !

Séb ? Il a dû me dépasser pendant ma pause pipi, car il aurait déjà dû me rattraper maintenant.
Une veste, des gants longs et je me lance dans une descente magnifique jusqu’à Briançon ! Les 10 premiers kms, c’est la course ! Je double à tout va. Objectif ? Ne pas toucher aux freins.

Petite frayeur en doublant un camping-car, qui était lui-même doublé par une moto –arbitre, ce n’était pas très conforme au code de la route comme manœuvre, mais l’arbitre ne dit rien. Il reste derrière moi jusqu’en bas, quel plaisir ! Quand la pente devient moins raide, j’engloutis 2 sandwich (pain au lait – jambon), je me réhydrate, et je relance la machine.

Briançon, je ne coupe pas l’effort car je sais que la partie face au vent après est difficile. Après Prelles par contre, arrêt au soleil au bord d’un champ. On enlève les couches superflues, on réorganise les provisions dans les poches et on repart, mais plus tranquillement, car les prochains kilomètres sont les plus durs pour moi.
Je roule avec le même groupe régulièrement, on se double et redouble en fonction des appétences de chacun, toujours en évitant le drafting.

Je m’alimente et bois. Je prends un bidon de l’orga, Isostar, en prévision de Pallon, le fameux mur !
Surprise, le fan club est là ! Pas le choix, il faut donc appuyer sur les pédales. C’est raide (plus de 14%) mais tellement plus facile qu’à l’entrainement quand on  connaît la suite.

Pallon - EmbrunMan 2014

David dans « le mur de Pallon » sur l’EmbrunMan 2014

Prochaine étape Chalvet. Mais avant, la route de l’aérodrome, face au vent. Je suis scotché, mais on ne s’affole pas, j’ai les jambes, et ça passe.

Les balcons de la Durance qui m’avaient été fatals à la reco, passent sans forcer cette fois. C’est long, mais je sais que j’ai un rythme suffisant.

Et c’est enfin l’arrivée à Chalvet, la dernière ascension de la journée. C’est un peu long, un peu dur, mais  la foule nous transporte encore une fois jusqu’au sommet. Je sais que c’est fini, que je vais pouvoir poser le vélo.

Mais avant, une dernière descente : attention aux trous, aux graviers. Je suis seul et utilise toute la route.

Ça y est je rentre au parc à vélo sous le soleil, sans aucune douleur. Je pensais que les premiers auraient déjà franchi la ligne d’arrivée, mais non ! Le parcours vélo a été bouclé en 8h tout rond, avec 7h48 de roulage ; j’espérais le finir en moins de 9h (8h45 environ).
Parcours Vélo embrunman 2014

T2 – 2ème transition

La deuxième transition, je prends mon temps, je ne suis pas pressé d’aller courir ! Je me change entièrement. Il est « seulement » 15h25, je me prends donc à espérer finir avant la nuit ! Massages ?  Non, je suis bien !

10 minutes plus tard, il faut y aller, j’ai mon premier marathon à faire ! Mon état d’esprit ? Serein, vous l’avez compris.

La course à pied – 1er semi

Mon fan club m’attend à la sortie du parc : « Comment va Séb ? ». « Quelques minutes derrières ». Aucun doute que nous serons donc tous les 2 finishers maintenant.

L’ambiance est encore une fois énorme, les gens nous encouragent non-stop, c’est merveilleux.  Je croise rapidement les premières féminines qui terminent leur première boucle de 21 km. Elles me dépasseront vers le 8ème km.

Alors je cours, de ravito en ravito. Au départ, je suis à 5min30 le kilo (je mets 5min30 à faire un kilomètre, à l’entrainement, je suis à 4min50, sans forcer), d’après une Sardine (le club le plus représenté sur cet Embrunman, avec près de 45 membres du club Marseillais) que je dépasse. Bien que je transporte ma maison sur mon dos, par peur du manque !

A la fin du tour du plan d’eau, je croise Monsieur Zamora, il est à moins de 3 km de son 5ème sacre ! Il a l’air bien et l’envie de lui taper dans les mains me prend ! Mais il est pressé, moi aussi d’ailleurs, j’ai encore 39 km à parcourir !
L’ambiance dans le centre-ville ? Des frissons ! Je remercie à tout va, et finalement, c’est eux qui me remercient ! Mais moi je ne fais que courir alors que eux, dansent, chantent, crient, nous encouragent par nos prénoms ! Je croise le parcours vélo, les derniers dans les délais attaquent Chalvet, encore au moins 40 min de selle.

Le long de la Durance, je marque le pas : je souffre des intestins, j’ai pris un gel, le seul de la course à pieds, qui ne semble pas passer. Arrêt buisson obligatoire, c’est dur de repartir ensuite ; alors je vais de ravito en ravito, en marchant dans les côtes. Finalement, je suis de mieux en mieux !

Course à pieds - embrunman 2014

David en termine avec le premier semi de l’embrunman 2014

J’en termine avec le premier semi en 2h09. Je croise encore plein de coureurs qui débutent leur premier. La journée est loin d’être finie.

La course à pied – 2ème semi

Je repars pour la deuxième boucle : 41 personnes sont déjà finishers. Je sais que j’en serai aussi, dans quelques heures.

Et là, je croise enfin Séb, pour la première fois depuis 7h15 ce matin : une accolade rapide, quelques mots réconfortants, et on se donne rendez-vous dans 2h, à l’arrivée. Je le trouve marqué, mais confiant.

Je continue à mon rythme, profitant de tout, c’est la dernière fois que je passe ici ! En passant à Pont Neuf, je vois les derniers cyclistes : ils sont hors délais ceux-là… Je n’ose pas imaginer tous les sacrifices pour en arriver là, mais salue leur motivation, de finir bien qu’ils ne pourront pas prendre le départ de la course à pieds.

Je ne force pas, mon seul objectif étant de finir, je prends « mon temps ». Je cours le plus possible. Je marche aussi. L’ambiance s’apaise, la lumière décline. Le froid et le vent font leur œuvre. Si je ne traine pas, je peux arriver pour le JT de Claire Chazal. Mais je ne veux pas souffrir, je n’ai pas souffert aujourd’hui, je ne vais pas commencer dans la dernière demi-heure.
Finalement, j’arrive au bout du plan d’eau. Je marche encore un peu. Je croise des participants, qui débutent leur deuxième boucle, en marchant, avec manteau et frontale : pour eux, la journée est loin d’être finie.

embrunman 2014 - marathon

embrunman 2014 – marathon

Arrivée Embrunman 2014 - Finisher

Arrivée Embrunman 2014 – Finisher

Et puis j’entends le speaker.
Adrénaline. Il faut cavaler maintenant : je « sprint » sur les 2 derniers kms, comme quand je courais le matin, avant d’aller au boulot. Je cours, j’applaudis, j’arrive le long du parc à vélo. C’est fini David ! Mais je cours encore, plus vite ! La piscine ! Ma compagne me rejoint, dernière ligne droite. J’applaudis encore, et les supporters me répondent, quelle ambiance. Je vais trop vite, mais je ne peux plus ralentir, je vole.

Ça y est.  Médaille. T-Shirt. Bouteille d’eau.

Je me retourne.

Au fait, il fait encore jour, il est 20h10 : j’ai mis 14h10 pour devenir un EmbrunMan 2014 (460ème sur 1009 finishers de l’une des épreuves considérées comme les plus dures).résultats embrunman 2014 - David

splits embrunman 2014 - David

L’après course

Un petit massage, et il est temps de rejoindre la ligne d’arrivée : Séb en terminera quelques instants plus tard avec un temps canon de 14h37 et une magnifique 571ème place. Nous sommes des finishers : nous avons passé 6 mois à nous entrainer, à en rêver, mais à douter aussi. Ce vendredi 15 août 2014 a donc une saveur toute particulière.

Débrief, la première bière au bord de la tente des secours, pendant que certains se font perfuser. Nous on mange des frites. Puis l’heure des pizzas et du Champagne avec notre fan club arrive.

Que fait-on après ?

C’est LA question. Les IronMan ne m’effraient plus. Alors Altriman ? Pour autant peut être que d’autres épreuves labelisées peuvent avoir leur charme ? J’aime la difficulté. J’aime aussi le VTT, alors quid de la  Transvésubienne ? Raid longue distance ? Un IronMan en VTT, pour le fun, et l’excentrisme ?

Surtout du repos, et profitez de tout le reste. Pour la suite, on en reparle dans quelques semaines. Car je prévois 3 semaines de coupure !

Les apports d’un IronMan chez un débutant

  • Une meilleure qualité de vie
    • Une alimentation qui instinctivement se modifie pour répondre aux besoins d’entrainements très réguliers.
    • Une qualité de sommeil améliorée, mais aussi un besoin plus important de sommeil. Faire du sport quasi-quotidiennement nécessite de la récupération !
    • Un meilleur équilibre général : la possibilité de se défouler régulièrement, de prendre du temps pour soi, permet de relativiser les tracas de la vie et notamment du travail.
  • Un corps et des capacités physiques qui évoluent, notamment via la natation.
  • Un beau bronzage
  • Aucune maladie pendant toute la phase d’entrainement : le fait de passer beaucoup de temps dehors, parfois sous la pluie, de jour comme de nuit, à la piscine, etc. a certainement renforcé mes défenses immunitaires.
  • Une meilleure connaissance de soi (mental, besoins, repos etc.).

Les jours d’après

Le lendemain de mon IronMan, samedi, les cuisses sont douloureuses, et mon genou droit est récalcitrant : je sais déjà que je ne courrai pas pendant quelques semaines. Je bois plus de 3L d’eau et mange bien !

Le dimanche, à cause du manque de sommeil des dernières nuits, du retour sur Paris de nuit, j’ai une vraie grosse fatigue. Repos obligatoire toute la journée et difficultés à m’alimenter. Le soda au cola est ma boisson préférée. Il me manque encore 2,5 kg.

Le lundi, c’est le retour au travail et à la vie normale : je marche normalement, je me sens bien. Encore quelques heures de sommeil à récupérer et tout ira bien.

Un bilan sanguin sera certainement nécessaire pour m’assurer que tout va bien, que je n’ai pas de carences. Etonnamment, je n’ai aucun de mes maux habituels sur des épreuves longues (mal au postérieur, mal aux pieds, bobos divers) : est-ce lié au mental du jour ?

Enseignements, pour qui ?

Je vais déjà répondre à la question « pour qui ? » : pas pour tout le monde, c’est une évidence. Un IronMan est déjà une épreuve difficile, par bien des aspects :

  • Temps à y consacrer (on parle d’un minimum d’environ 8-10h de sport hebdomadaire pendant 6 mois minimum)
  • Eviter les blessures, la fatigue, et le surentrainement, 3 maux courants dans cette discipline.
  • Investissement financier (3 sports en parallèles, déplacements sur les épreuves, les coûts de la courses (un IM labélisé, c’est plus de 500€)).
  • Capacité à s’entrainer, souvent seul, pendant de longues heures, par tout temps, en plus des contraintes personnelles
  • Difficultés de l’épreuve en elle-même

Pour le dernier point, il me semble qu’un IM « classique » pourra être accessible à toute personne ayant un passé sportif, une volonté de se dépasser (et répondant à tous les critères ci-avant évoqué). Autant l’Embrunman me semble être une épreuve à part, loin d’être accessible à tous : toutes les épreuves me semblent relativement hors norme en soit, notamment de par les conditions (nage de nuit, vélo en altitude, dénivelés importants sur le vélo et le marathon).

Concernant les enseignements, ils sont nombreux, tant personnels que sur la réalisation d’une telle épreuve. Surtout, la phase de préparation a une importance capitale (reconnaissance des parcours, renseignements poussés sur l’épreuve, via d’autres finishers  etc.).

  • Ne partez pas avec votre maison sur votre dos, contrairement à moi. Certes, j’étais paré à tout risque avec mon Camelback sur le vélo et le marathon. Mais les ravitos sont nombreux et bien pourvus, du moins quand on n’est pas dans les derniers. Il est vrai que j’ai remarqué que cela se dégradait très nettement sur le deuxième semi.
  • Testez les produits présents sur les ravitos avant la course. Pour ma part, les gel isostar au Cola ne passaient pas bien, je ne les avais pas testés avant.
  • Ne jamais s’enflammer. La course est longue.
  • Ne jamais paniquer : la course est longue là aussi, vous aurez le temps, calmement, de vous refaire la frite.
  • PROFITEZ de cette ambiance incroyable. L’épreuve est longue, mais en réalité ça passe à une vitesse incroyable.
  • Préparez l’après (repos, alimentation, objectifs) au risque de vous retrouver démunis.

 

J’espère vous avoir fait partager un peu de cette magnifique aventure avec moi. Je suis disponible pour répondre à toute question, notamment sur la préparation de l’épreuve, les volumes réalisés, astuces pour le jour J etc.

Résultats 2014 : résultats embrunman 2014

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16 réflexions au sujet de « CR Embrunman 2014 – Le récit d’une belle journée »

  1. Hervé

    CR encore tout chaud que je me suis empressé de dévorer, comme d’hab. avec beaucoup de plaisir.
    Bravo à toi et Seb pour cet engagement et cette superbe performance. Cela à l’air presque (trop) facile lorsqu’on te lit.
    Tu as placé la barre bien haute, quel sera ton prochain défi ?
    Hervé

    Répondre
  2. Michel

    Une superbe suite de récits d’efforts ou le « vécu » transparait à chaque ligne.
    Un seul mot Bravo !

    Répondre
  3. RedBikeKat

    Quel plaisir de lire ton aventure de A à Z et de découvrir tes sensations plus en détails. Seb et toi avez mérité d’être des finishers de l’Embrunman, avec des temps canons et surtout aucune blessure. J’ai adoré vous suivre – vous et les autres participants – tout au long de cette journée. Vous êtes une réelle source d’inspiration. Encore bravo!

    Répondre
  4. BERTRAND(mère de Yann)

    J’en ai encore les frissons, tu as en plus le verbe facile, MERCI de nous faire vivre cette superbe journée, c’est comme si on y était !!! Fais attention quand même à ne pas renouveler fréquemment ce genre d’aventure pour préserver ton capital physique; pour l’instant tout va bien mais arrivé à la cinquantaine ton corps te rappellera à l’ordre (je sais de quoi je parle …) et mon grand regret aujourd’hui est d’être privée de certains de ces plaisirs pour avoir trop solliciter mes articulations …)
    En tout cas BRAVO BRAVO BRAVO à vous 2, vous n’avez pas qu’un physique hors du commun,vous avez un mental exceptionnel !!!

    Répondre
  5. Jean-Pierre Dumoulin

    Un petit tour sur ton blog pour lire les dernières aventures à vélo et je tombe sur ce CR magnifique que j’ai dévoré avec par moment les larmes aux yeux tellement c’est bien écrit. Un immense bravo à toi, j’ignorais que tu préparais cette épreuve qui est un véritable mythe. Et à bientôt pour de modestes aventures à VTT !

    Répondre
  6. CEROU Florent

    Salut David !

    Je me présente, Florent, je prépare mon premier Embrunman. En me renseignant sur le net, en cherchant à lire sur le sujet, je suis tombé sur ton superbe CR. Et comme celui-ci se termine par l’ouverture sympathique à des questions, à l’image de la belle mentalité qui transparaît dans ton récit, je me permets de te solliciter pour quelques éclaircissements sur cette épreuve mythique.

    Je me présente en quelques mots. Triathlète mosellan de 29 ans, je pratique ce sport fantastique depuis 2008 et mon premier Découverte à Metz. Je suis passé au format M en 2010 et au format L en 2011. Venant comme toi du vélo et du VTT en particulier (sans niveau mais en loisir sportif), je suis devenu coureur, mais pas vraiment nageur (brasse majoritaire car trop mauvais crawl jusqu’aux progrès récents mais encore insuffisants). Mon rêve depuis le départ étant l’Embrunman, j’ai lancé le processus en septembre 2013, juste après le Triathlon XL de Gérardmer, pour 2015, faisant de la saison 2014 une transition destinée à hausser mon niveau, pour que la prépa Embrunman ne soient pas trop lourde à encaisser, se fasse sur de bonnes bases. L’année dernière fut donc assez remplie, avec deux semi-marathons, un marathon, et quatre triathlons dont le LD de Deauville et surtout le LD de l’Alpe d’Huez (fini en 10h50), marche intermédiaire entre un Half classique et l’Embrunman.

    Voilà pour l’historique. Cette saison est donc tournée vers le 15 août prochain. J’appelle ça ma Quête du Graal, et je cherche à tout savoir sur l’épreuve pour être le plus serein possible le jour J. D’où quelques questions.

    Natation : quel a été ton ressenti en terme d’orientation ? La nage en conditions difficiles je connais, en mer agitée ou par 12-13 degrés, mais de nuit non. On s’y retrouve facilement en visu ? Bouées éclairées ?

    Transition : question cruciale, y a-t-il un dispositif spécial pour se changer ? Je me pose encore la question trifonction ou cuissard vélo, et si j’opte pour le second choix, la nudité étant interdite dans les parcs à vélo, j’aimerais savoir comment ça se passe.

    Ravitos vélo : sont-ils suffisamment longs pour éviter les embouteillages ? Pour le contenu je ne suis pas inquiet, d’autant que j’y prendrai essentiellement de l’eau et aurai le reste sur moi. Je me pose plus la question du temps d’arrêt à estimer, et de l’impact en cumulé sur le chrono vélo (notamment pour les barrières horaires car je suis mauvais nageur et n’aurai pas une marge énorme…).

    Circulation routière : tu as l’air d’avoir apprécié cet aspect, notamment parce que tes proches te suivaient, mais n’y a-t-il pas de gêne occasionnée par les voitures suiveuses ? Gêne de circulation quand la voiture reste à côté du cycliste comme lu par ailleurs ? Gêne à respirer dans les gaz d’échappement ? Histoire de m’y préparer et d’adapter mon temps prévisionnel… (je vise 8h donc ton vélo m’intéresse)

    Marathon : tu recommandes de ne pas prendre sa maison sur son dos comme toi mais je me pose aussi la question du camelback pour la CAP, tu as senti un réel handicap à ce niveau ? Autant à vélo le poids total coureur + vélo + équipement & ravito perso compte (surtout en montagne), autant en CAP je ne serai pas à ça près (je vise 5h si tout va bien).

    Merci d’avance pour ta réponse et encore bravo (pour la course et pour le CR) !

    Flo

    Répondre
    1. David Schuster Auteur de l’article

      Bonjour Florent,
      Merci de m’avoir lu et de prendre le temps d’échanger ! Je vais essayer de répondre au mieux à tes interrogations, en sachant que je ne suis qu’un modeste amateur du dimanche ! Néanmoins, j’attire ton attention sur le fait que ce CR a été écrit au lendemain de cette magnifique épreuve, et les émotions étaient donc très fortes. Avec près de un an de recul, certains éléments ont un peu évolués.

      Je vois que tu as plus d’expérience que moi en triathlon, l’embrunman 2014 étant mon seul, je n’ai donc vraiment pas grand-chose à t’apporter sur ces sujets-là !

      Natation : très dur au début pour moi, du fait du monde. Je n’avais jamais vécu ça, ça sera différent pour toi. Aucun problème sur l’orientation, il suffit de suivre le flot, je ne me suis jamais senti perdu et finalement, le fait qu’il fasse nuit, ne me paraît pas être beaucoup plus difficile. Surtout que le soleil se lève quand même très vite. Il y a un phare au bout du plan d’eau, utile pour le premier aller, ensuite, il fait suffisamment jour. Pense juste à prendre des lunettes claires 😉

      Transition : je suis un amateur et ne suis donc pas à la minute. Mes transitions sont d’ailleurs (très) longues, plus de 6 minutes de mémoire. Je m’essuie intégralement, et me change intégralement. J’utilise un t-shirt très long pour me changer et ne pas être gêné par les problématiques de nudité. Ce t-shirt ne me sert qu’à ça. En gros je le mets, j’enlève le maillot de bain, je m’essuie, je mets mon cuissard vélo, et je le retire, et fini de m’équiper pour le vélo. Il doit y avoir des espaces pour ce changer, mais je ne voulais pas les utiliser. Par contre, la nudité est interdite dans le règlement et les arbitres veillent.

      Ravitos vélos : en 2014, en ralentissant, aucun soucis, pas d’embouteillages. Tu peux même quasiment tout prendre à la volée, les bénévoles étant aux petits soins. J’ai même attrapé au vol des barres énergétiques qui avaient été pre-ouvertes, le rêve ! Bref, ça n’a pas d’impact sur le chrono, surtout si tu ne prends que des bidons. Seul élément : une fois j’ai demandé un bidon d’eau, et me suis retrouvé avec un bidon d’Isostar… c’est le risque de prendre à la volée.

      Circulation : petite précision, j’avais refusé que mes proches me suivent car je trouve qu’avoir une voiture au cul n’est pas très sportif, mais par le jeu des coïncidences, des personnes que je ne connaissais pas au départ, m’ont retrouvé à plusieurs endroits. Il y a quelques voitures, c’est vrai, mais ça ne m’a pas gêné, les arbitres veillent. Idem, pour moi ça n’a pas d’impact sur le chrono.
      Pour le vélo, je peux te donner des repères de temps / kilométrage si un objectif 8h t’intéresse.

      Marathon : en effet, avec le recul, le sac à dos m’a donné chaud, et a généré une fatigue et lassitude supplémentaire (poids sur les épaules) alors que les ravitaillements sont très réguliers et bien achalandés. Je ne repartirai pas avec un sac, surtout que l’on peut laisser un sac de ravitaillement perso à la fin du premier semi. Avec le recul je n’en vois pas l’utilité sur ce type d’épreuve.

      Bref, ne te pose pas trop de questions, fonce, tu vas passer une journée très longue mais certainement magnifique tant personnellement, humainement que, dans une moindre mesure, sportivement. N’oublie pas de profiter de la chance que l’on a de pouvoir faire ça dans des paysages aussi beaux. Si tu as l’occasion, va passer un weekend sur place pour reconnaitre un peu, c’est un vrai plus pour le jour J selon moi (j’y serai cette semaine pour ma part !). Et arrive re-po-sé !
      Pour ma part, je me dirige doucement vers l’Altriman, et, pourquoi pas, vers un deuxième embrunman pour le plaisir. On s’y verra donc peut-être ?

      N’hésite pas si tu as d’autres questions, par commentaires, mail (via le formulaire de contact), c’est avec plaisir que j’aime parler de cette belle journée dans le parc des écrins.

      Dav

      Répondre
  7. CEROU Florent

    Salut David,

    Merci pour ta réponse développée !

    Sympa, le conseil des lunettes claires pour la natation, je n’y aurais pas pensé et j’ai des lunettes sombres ! Les choses les plus évidentes ne nous viennent pas toujours à l’esprit… 😉

    Pour le vélo, j’accepte avec plaisir tes références, ce serait vraiment cool. Je vise 8h et essaye de découper ce chrono visé portion par portion, avec horaires estimés à différents points, pour prévoir mon plan hydratation et alimentation.

    J’irai également reconnaître le parcours en juillet. J’ai déjà grimpé l’Izoard mais comme, paraît-il, le plus dur vient après… Pallon et Chalvet se doivent d’être reconnus, le vent dans la vallée de la Durance bien appréhendé aussi.

    Et comme tu dis, l’essentiel est de toujours garder à l’esprit que participer à une épreuve pareille est un luxe. J’aurai ça en tête en permanence…

    Bon courage si tu prépares l’Altriman ! C’est encore un cran au-dessus en difficulté.
    Et peut-être au 15 août, qui sait…

    Flo

    Répondre
    1. David Schuster Auteur de l’article

      Salut Flo,
      Voici quelques points de passage de mon embrunman 2014 sur la partie vélo :
      – Virage pour la D109 (descente) : 1h
      – Pont du lac de Serre Ponçon : 1h10
      – Rond point des Orres : 1h30
      – Arrivée sur la N94 après les balcons de la Durance : 2h10
      – Rond point sortie Guillestre : 2h25
      – Attaque de l’Isoard : 3h07
      – Sommet Isoard : 4h30
      – Briançon centre : 4h50
      – On quitte la N94 : 5h05
      – Sommet Pallon : 5h55
      – Aérodrome : 6h10
      – Balcons de la Durance en sens inverse : 6h35
      – Pont Neuf : 7h
      – Sommet Chalvet : 7h40
      – Embrun : 7h50

      J’espère que cela te donnera des repères !
      Bon entrainement,
      David

      Répondre
      1. CEROU Florent

        Merci David !
        Très sympa.

        J’ai fait un séjour d’entraînement sur Embrun la semaine dernière, et reconnu le parcours à 90% en deux fois : Embrun jusqu’au retour à la route principale après l’aérodrome (balcons de la Durance, Izoard, Vigneaux et Pallon) le premier jour, boucle Embrun-Embrun du départ au rondpoint des Orres puis boucle du Chalvet le deuxième jour. Seuls les balcons de la Durance n’ont pas été reconnus dans le sens du retour.

        Bon, j’étais ambitieux avec mes 8h, actuellement je suis plus proche des 9h. Mon objectif après ce dernier mois d’entraînement spécifique puis pré-objectif sera de viser 8h30. Tes temps de passage devraient m’aider quand même, merci à toi.

        Bon courage pour l’Altriman !
        Profite à fond surtout…

        Flo

        Répondre
  8. vince 76

    Un bien joli CR qui me projette 11 mois en arrière… J en ai encore le coeur qui bat la chamade en lisant ton CR!! En plus c ‘est marrant à 2 minutes près on a les memes temps nat’ et bike, et on devait courir très près l un de l autre car j ai aussi croisé Zamora juste sous le pont à la fin du tour du plan d eau et les 2 premières filles m ont dépassées après le ravito du ctre ville et l irlandaise à l amorce de la descente vers la Durance… 😉 . Mais tu as mieux fini vu qu au final je fais 14h13… 😉

    Répondre
        1. David Schuster Auteur de l’article

          Tout pareil, une expérience réussie !
          Samedi prochain, je me lance dans l’Altriman, le cousin des Pyrénées, en espérant ne pas être trop ambitieux.
          L’embrunam, je le referai un jour c’est sur !
          et toi, tu as prévu d’autres aventures ?

          Répondre

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