Défi : Paris – Le Mans à vélo

Tout est dit dans le titre : je me suis lancé un défi personnel, celui de ralier Paris à la ville du Mans, dans la Sarthe, via les petites routes, sur un vélo et en une seule étape.
Etant invité à un mariage le samedi 26 juillet, et ne travaillant pas le vendredi 25 juillet, toutes les conditions étaient réunies pour accomplir ce défi. J’ai toujours rêvé de franchir la barrière mythique des « 200 km » sur un vélo en une seule sortie, mais n’avait jamais trouvé d’occasion motivante pour la réalisation d’une telle épopée. En effet, tourner pendant 8-9h dans la région parisienne ne m’attirait guère.

Là les conditions sont parfaites :

– pas de contraintes horaires, j’ai la journée pour moi.

– une douche et un lit confortable m’attendent à l’arrivée.

– le soleil est annoncé haut dans le ciel.

– Hervé me prête toujours son superbe Giant Carbone.

– Mon entrainement est parfait pour ce type de balade.

Jeudi soir, je passe 2h sur Google Maps afin de créer un parcours vélo digne d’intérêt : je ne veux pas faire de nationale, uniquement des petites route. Je veux un parcours « simple » afin de ne pas avoir besoin de regarder le road book toutes les 2 minutes. Je veux éviter les chemins incertains. J’utilise la fonction Beta « vélo » de Google Maps, mais je vérifie tout de même le parcours : notamment lorsque j’apperçois que je passe au sein de forêt : en zoomant sur la carte, puis en utilisant le street view, je découvre que Google Maps me fait prendre des routes forestières, fermées à la circulation, voir des chemins. Cela n’est pas compatible avec mon vélo de route, et j’adapte donc le trajet afin d’avoir le meilleur compromis possible. Je tente de noter sur un papier les numéros de routes (principalement des départementales), les points de passages notables, soit une feuille A5 recto-verso, en grosse écriture !
Google m’annonce alors environ 206 km. Je pars du principe qu’il faut compter environ 210 km pour faire le trajet.

Vendredi matin, je prends une part de gateau-sport décongelée la veille, et à 7h02, j’enfourche mon destrier pour ce qui s’annonce comme la plus grande balade que je n’ai jamais réalisée. Il fait déjà bon, et je suis en short t-shirt. Avec mes 2,5 litres de boissons (2L isotonique + 0,5L eau) j’ai de quoi voir venir.
Je quitte rapidement Saint Germain en Laye pour attaquer la montée dans Marly Le Roi, seul endroit où je roulerai sur le petit plateau de 34. Je file ensuite vers Saint Cyr, puis Elancourt, Maurepas : je découvre alors la joie de rouler sur les pistes cyclables en région parisienne, où il faut éviter les poubelles, les voitures, les déjections canines, et autres cannettes abandonnées.
Jusqu’à Rambouillet, c’est difficile de trouver un chemin sympa, et je me retrouve même une fois sur la N10 limitée à 110.
Arrivé à Rambouillet, mon roadbook commence, et je file, à travers la campagne en direction de Chartres, par les petites départementales. J’en profite pour manger une barre de céréales et m’hydrater régulièrement. Il ne fait pas encore trop chaud, mais le soleil brille, je vois des lapins dans les champs et même des biches. Comme quoi, même à vélo de route, on peut voir des choses sympas, n’en déplaise aux passionnés du VTT !
ChartresAprès 2h48 de pédalage et 80 km, je fais face à la Cathédrale de Chartres ! Je ne la verrai que de loin, mon roadbook ne me faisant pas passer par le centre ville, afin d’éviter de me perdre. Je contourne rapidement la ville et m’arrete en bord de champs quelques instants pour dévorer une banane. Il fait beau, tout va bien, je ne suis pas encore fatigué.

Alors je repars, à l’abordage des petites départementales repérées sur Internet : pour moi, le parcours commence à être vraiement sympa à ce moment là : entre Chartres et Mulsanne, au sud du Mans, je ne prendrai que de minuscules départementales, me faisant doubler tout au plus une vingtaine de fois en 135 km. La campagne profonde française, magnifique, entrecoupée de petits villages pittoresques. Je file sur la D127, la D28, la D32 etc.
Au km125 de mon périple, après 4h20 de pédale, je fais une pause : une voiture de petits vieux s’arretera pour me demander si tout va bien et si j’ai de quoi boire. Les gens prennent le temps de vivre et c’est vrai qu’avec plus de 30 degrés, je consomme pas mal ! J’envoi un petit texto à mes hôtes pour leur indiquer qu’il ne me reste « que » 90km, je serai donc vite là !
Et c’est reparti pour de longues lignes droites de pédalage. Les faux plats sont moralement difficile, surtout que je suis vraiment tout seul dans ma campagne. Parfois je trouve le temps long. J’en profite pour penser, comme quand je nage ou que je cours. Parfois, je passe de longs instants à regarder la route, sous mes roues, pour ne pas voir le restant à parcourir. Toujours sans compteur, je roule aux sensations et n’ai aucune idée de ma vitesse moyenne. Ce n’est d’ailleurs pas l’objectif du jour. Parfois je me laisse rouler, pour reposer les jambes et les fesses qui souffrent de ne pas bouger. Je pense aux forçats de la route, toutes ses histoires que l’on m’a compté sur des personnes ayant parcouru des distances impressionnantes sur leurs vélos, à des époques bien moins faciles qu’aujourd’hui. Je pense à mon grand père, ayant parcourus des dizaines de kilomètres, avec un vélo à une seule pédale pour échapper aux horreurs de la guerre. Pour moi, aujourd’hui, la route est facile. Je vais de village en village, au rythme des coups de pédales : 10km ? c’est environ 20min. 20Km ? Je vise 45min. Je décompose mon périple en étapes. Au bout de 6h de pédalage, c’est l’heure de prendre une pâte de fruit.
Je rentre enfin dans le Perche, magnifique région, avec parfois des routes de forêts pour être à l’ombre. Je m’arrête à un cimetière, pour remplir une gourde et prendre un gel : je commence à manquer d’énergie. C’est une partie difficile, jamais vraiment plate. Tout passe sur la plaque de 50, mais il faut parfois appuyer plus fortement et même relancer en danseuse.
A Soulitré, je vois 190km sur mon téléphone : sans arrêter de pédaler, je préviens mes hôtes. Pas besoin de venir me chercher (j’avais prévu une solution de secours tout de même), je vais le faire et je serai à Mulsanne dans moins de 45 min. Il est 13h42 et mes hôtes ne m’attendent pas avant 16h !!!  Je me rends alors compte que j’ai une bonne moyenne et que ça avance bien. Je ne relâche donc plus la pression sur les pédales, et file à bon rythme vers ma destination finale. Une photo en roulant, quelques détours en centre ville de Mulsanne, n’ayant pas préparé de roadbook pour la fin du parcours, et j’arrive à 14h38 pour une arrivée estimée autour de 15h30 – 16h. 7h25 de roulage + 11 minutes de pauses pour 1200 de D+, un peu plus de 215km et 29km/h de moyenne ! Une belle épopée !

Mulsanne
J’ai donc bu 3L de boisson, consommé une banane, une barre de céréales, une pâte de fruits et un gel.
Si c’était à refaire, j’essayerais d’optimiser le parcours en région parisienne, en passant par la vallée de Chevreuse par exemple, au risque d’augmenter un peu la distance. Je pense que jusqu’à 230km, cela ne pose pas de problème avec mon entrainement actuel. En gardant en mémoire que les 60 derniers km, dans le Perche, sont les plus exigeants physiquement.
Par contre, j’éviterai, tant que possible, de me relancer dans une aussi longue épopée seul ; c’est long. L’avantage par contre, et de rouler exactement à son rythme (surtout sans compteur) et de devoir subir le vent de face seul : pas possible de se cacher dans la roue du copain !

Paris- le Mans à vélo

Paris- le Mans à vélo

Il ne me reste plus qu’à boire quelques litres d’eau pour me réhydrater correctement, manger saler (je rêve de saucisson à l’arrivée) et surtout d’aller aider à l’installation de la salle de mariage.

Publicités

3 réflexions au sujet de « Défi : Paris – Le Mans à vélo »

  1. lebeau

    Bonjour!
    Bravo pour la performance. Je suis intéressée par ce trajet, je dois me rendre au Mans pour le réveillon et y aller en vélo me parait être un bon challenge de fin d’année!
    Serait-il possible d’avoir ta carte si’il te plaît? 🙂

    Répondre
    1. David Schuster

      Bonjour et merci de m’avoir lu !
      Désolé pour le délai de réponse : as-tu réalisé cette belle balade ? As-tu toujours besoin de l’itinéraire ? Tu peux me contacter en privé via le formulaire de contact si besoin. Belle année sportive?
      David

      Répondre
  2. EFUET ATEM

    Merci pour cette article David.
    Le marque de ton vélo à cette époque?
    Bravo pour la solitude…
    Je suis entrain de chercher des complices pour le même trajet : Le Mans — Paris

    Répondre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s