Parcours Embrunman

C’est sous le soleil que Séb et moi même démarrons notre journée de ce dimanche 13 juillet à 7h, après une très bonne nuit passé au Refuge-Hôtel « Les Aubergeries » de Châteauroux-les-Alpes. La boulangerie n’a pas été approvisionnée et nous patientons quelques minutes. Finalement, les jambes nous démangent trop, et nous décidons d’attaquer cette journée, qui s’annonce longue.

La première descente pour rejoindre Embrun est fraîche, les 9 degrés alliés à la vitesse et l’ombre piquent les doigts. Heureusement, nous avons pensé aux vestes pour ces premières minutes de vélo de route.
Nous rejoignons alors le « fameux » rond point des Orres, qui marque la fin de la première boucle du parcours de l’embrunman, soit environ 40km après le départ. Nous n’avons, pour notre part, que 10km au compteur.
Nous passons à Barratier et attaquons la route « les balcons de la Durance », sur la D994D, à profil descendant avec vue sur la Durance. La chaleur monte, et arrivé au rond point direction Guillestre, je peux retirer les couches superflues : nous avons parcouru 31km en 1h10, sans forcer, le soleil brille tout s’annonce bien. Maintenant, nous allons monter quelques heures, avec en point d’orgue, le sommet de l’Izoard.
Très rapidement, nous doublons quelques cyclistes, semblant pourtant affutés. Je ne cesse de me répéter qu’il faut ralentir, s’économiser, le parcours, d’environ 150 km et 3000 de D+ peut faire très mal pour un parisien comme moi.
Nous remontons la magnifique vallée du Guil sur la D902A, que nous ne quitterons plus jusqu’à l’Izoard et Briançon ensuite.

1h après, au bout de 2h07 de roulage, nous avons parcouru 52km : la moyenne a chuté du fait du dénivelé positif. Surtout, nous attaquons le col de l’Izoard, annoncé à 14km. J’estime qu’il faut environ 1h30 pour parcourir cette distance. L’hydratation est un facteur clé, et je ne cesse de boire par petites gorgées : le camelback, peu utilisé par les cyclistes sur route me convient bien. Certes, le poids sur les épaules peut être gênant, mais j’ai l’habitude avec le VTT et l’oubli complètement.

col izoard

col izoard

Sébastien part devant moi dans cette ascension et il en sera de même au sommet : parfois je reviens dans sa roue, parfois il est « loin » devant. J’effectue des comptages réguliers : je lui laisse entre 50 et 70 secondes d’avance, selon les pourcentages de pente. J’ai l’impression de forcer dur sur mon développement spécial montagne (28-34) alors que Séb semble plus facile. Je paye très certainement mes 2 semaines sans vélo (depuis le raid VTT des Cadoles à Troyes) et mon rythme professionnel intense. L’essentiel pour moi reste de voir que ça monte quand même, sans taper trop dans les réserves.
Le col de l’Izoard, c’est près de 1100 de D+, pour culminer à 2300m, un % moyen à 6,9 et un maximum à 10,5 : dur pour moi d’emmener le 28-34 dans ces pentes là ! Juste après Arvieux notamment, c’est très dur : on est dans la pente, qui nous fait face, on atteint les 10%, en plein cagnard, la sensation de ne pas avancer est forte. Depuis quelques mois, je roule sans compteur, aux sensations, et cela me convient parfaitement : je ne force pas et nous arrivons tout de même à doubler quelques cyclistes. Je me demande alors quel développement ils emmènent, car en étant moi même tout à gauche, je ne peux pas rouler moins vite.
Séb m’indiquera d’ailleurs qu’il espère avoir un fan club à cet endroit du parcours, tellement la pente est dure et démoralisante.
Ensuite, nous attaquons les lacets, et là ça va tout de suite mieux : je préfère ça que de monter droit dans la pente.
Le panneau des 5km avant le sommet redonne un coup de boost au moral : ça va le faire ! 3km, et nous arrivons finalement à la fameuse casse déserte. Comme c’est beau ! et ça redescend quelques centaines de mètres avant d’attaquer les dernières pentes. Je prends le temps (disons plutôt que vue la vitesse de passage, j’ai le temps) de lire les inscriptions au sol : ça sent bon le tour de France, avec des Viva pour Voeckler par exemple ! Les derniers virages ne sont qu’une formalité, le sommet arrive même plus vite que prévu, et c’est avec le sourire que je rejoins Séb en haut.

David au col de l'izoard

David au col de l’izoard

YES ! C’est fait. 66km au compteur et 3h19 de roulage, soit 1h12 pour faire les 14 km d’ascension. Correcte ! Nous immortalisons rapidement le moment, comme les nombreux cyclistes à nos côtés et un fait me marque fortement. Des cyclistes doublés pendant l’ascension, notamment du côté d’Arvieux (soit 6km avant le sommer) arrivent environ 5 min après nous. Cela signifie qu’en roulant moins vite, donc en se fatiguant moins, les écarts au sommet sur cette partie sont faibles. Je note ça dans mon calepin virtuel : autant appuyer sur les pédales dans la vallée du Guil permet de faire des écarts, autant dans l’ascension de l’Izoard et à mon niveau, c’est peu significatif.

 l'attaque de l'Izoard photo (2)

On repart rapidement dans la descente vers Cervières puis Briançon.

Cervières, 10km plus bas est atteint en 13 minutes : nous sommes à 75km et déjà plus qu’à 1600 de D+. Je laisse Séb faire la descente en mode Tour de France, et suis tranquillement : nous retrouvons au rond point de Briançon à côté de la fontaine, après 85km, 3h48 de roulage et 1200m d’altitude. Petit cafouillage de parcours avant de rejoindre la N94 : en effet, contrairement au parcours de l’IM de Nice, le fléchage de l’Embrunman est peu voir pas visible. Nous quittons la N94 à Prelles alors que le vent de face nous a fait souffrir. Finalement, on ne se repose jamais sur ce parcours ! S’en suit une magnifique ballade sur la D4 puis la D994E, indiquant le retour vers Embrun, avec la Durance sur notre gauche. Ensuite nous prenons la D138A sous un lourd soleil. Il faut toujours beaucoup boire et je mange une barre de fruit.

Ce que nous n’avions pas prévu, c’est que le parcours, même sur le retour, est loin d’être reposant : ça monte toujours, parfois assez raide.

Autour du 114ème kilomètre de notre parcours, nous nous retrouvons fasse à un véritable mur droit. Pas prévu cela ! Debout sur les pédales, nous luttons dans la pente pour ne pas poser pied à terre. Aucune visibilité sur la longueur de cette interminable côte : la reconnaissance prend alors tout son sens. Nous arriverons finalement en haut, après quelques virages dans la pente pour casser la difficulté, regrettant presque de ne pas avoir un développement encore plus petit. Quelle côte ! Il ne faut pas la négliger car on peut y perdre beaucoup de temps, d’énergie et de moral aussi. Ce n’est pas très long (1,6km) mais wahou ! Ce n’est qu’en arrivant en haut, en passant le panneau « Pallon » que je réalise que je viens de gravir ce « mythe » de l’Embrunman. Sa réputation n’est pas fausse : c’est un véritable casse pattes à plus de 15%.
Je reprends un peu du poil de la bête, contrairement à Séb qui a du mal à se remettre et file, face au vent jusqu’à Saint Clément sur Durance au km 131 et 5h45 de roulage.

Là, c’est la vraie mauvaise surprise du parcours pour nous : alors que nous pensions être presque arrivé à Embrun, déjà bien entamés, nous reprenons la D994D (Balcons de la Durance) faite ce matin. Autant dans l’autre sens, le profil est descendant, autant là, le profil est clairement montant, avec un vent à te faire aller en arrière. Nous n’avions pas anticipé, et cela est donc dur moralement. Il faut 17 km de bataille pour rejoindre Pont Neuf qui marque la fin du calvaire. Une pause au milieu est obligatoire pour nous, pour souffler, reprendre des forces et un petit gel. A garder en mémoire, la fin n’est pas de tout repose. Nous filons ensuite sur Embrun pour dévorer un bon repas : 6h40 de roulage, 151km, et 33min de pause.

Nous sautons Chalvet cette fois-ci, nous ferons la reconnaissance en août. Cette côte, réputée comme Pallon, marque la fin de la partie vélo de l’Embrunman. Nous ne sommes pas assez fort aujourd’hui pour la découvrir (je l’ai déjà reconnue en voiture) et ne voulons pas nous faire mal.

repas post reconnaissance embrunmanAu cours d’un repas bien mérité, nous réalisons que le parcours vélo est extrêmement exigeant. Surtout, contrairement à ce que nous pensions, il n’y a pas que le col de l’Izoard à franchir : le reste du parcours réserve des surprises nécessitant d’être dans une forme optimale. Repos, alimentation et entrainement sont encore à prévoir pour être prêt dans 1 mois tout rond. Mais au moins nous savons à quoi nous attendre. Surtout, nous réalisons qu’en roulant à ce rythme, nous avons « un peu » de marge sur les portes horaires, calculées pour un 22km/h de moyenne, quand nous avons roulé à 22,7. Ce n’est pas énorme, mais notre objectif est de finir, en se fatiguant le moins possible, toute proportion gardée. Une reconnaissance bien utile !

 

 

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2 réflexions au sujet de « Parcours Embrunman »

    1. David Schuster Auteur de l’article

      Merci JP : bien vu en effet, j’ai interverti les nombres dans mon récit. Je roule en compact, spécial montagne, en 50-34 devant et 28-11 derrière (en 10 pignons) soit, dans le cas présent, un 34-28 qui me permet un développement d’un peu moins de 2m60 par coup de pédale !

      Répondre

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