Raid des cadoles 2014

Bien que ce raid soit approuvé et sponsorisé Velovert, il n’y a que peu d’informations disponible sur Internet. Les rares personnes m’en ayant parlé étaient toutes unanimes : singles à ne plus savoir qu’en faire, un bonheur de vetetiste, avec les roches calcaires. La semaine dernière, Jean-Pierre m’en avait parlé avec des étoiles dans les yeux. J’avais alors compris que l’on avait à faire avec un raid hors norme, une sorte de Mecque pour tout vetetiste qui se respecte. Je l’ajoute donc au débotté dans mon programme déjà chargé en ce mois de juin, embarquant Hervé dans mes sacoches. Les inscriptions en ligne étant terminées depuis le 20 juin, une inscription sur place est prévue le jour de l’épreuve.
Le samedi, nous scrutons les conditions météos. Il va pleuvoir le samedi c’est sûr, le dimanche après-midi aussi, mais la météo du dimanche matin reste stable. Aller, on y va, le terrain est semble-t-il, tout au plus un peu glissant quand c’est humide.

Aménagement intérieur Toyota KDJ 120

El Toyo au raid des Cadoles 2014

J’embarque « El Toyo » le véhicule de voyage parental, afin d’en tester l’aménagement intérieur fraîchement terminé : le lit de 140 de large sera parfait pour moi, me permettant de quitter la région parisienne, sous la pluie, le samedi soir, et faire une grasse matinée bien méritée le dimanche, en attendant que mes compagnons me rejoignent pour manger des longs kilomètres de singles.

Arrivée pluvieuse à Bar sur Seine, je trouve facilement l’espace réservé aux camping car. C’est drôlement boueux et il pleut. Tant et si bien qu’à peine arrivés, mes voisins plient les tentes : un groupe rentre à Paris, l’autre part à la recherches une chambre au sec.
Pour moi c’est une nuit de rêve, au calme. Debout à 7h, alors que certains de mes acolytes sont réveilles depuis de nombreuses heures, je rejoins rapidement Hervé aux inscriptions. Il fait gris, il fait frais, mais ça ira pour nous, on pense aux parisiens et au terrain détrempé qu’ils vont trouver.
19€ pour le 82km avec les 5€ de supplément pour inscription sur place, je m’attends donc à être reçu comme pour un grand raid. 1500 places au départ. Rejoins par Jean-Pierre et Benoit, nous clipsons les pédales à 8h20 pour quelques heures de singles magiques ! Un terrain de jeu idéal pour tester les réactions du nouveau 8XC.
Le départ se fait tranquillement sur de longs chemins roulants, en sous bois. Il ne fait pas très clair, mais l’envie de rouler est bien là. Je fais attention à ne pas trop m’enflammer, afin de ne pas imposer un rythme trop élevé, ne sachant pas à quoi m’attendre. Mais dès les premières longues côtes sur chemins de pierres blanches, Jean-Pierre nous montre qu’il a bien encaissé la Granit Montana : il va falloir appuyer pour rester dans le groupe. Hervé n’est pas en reste d’ailleurs, et c’est facilement que nous doublons la plus part des autres participants dans ces ascensions.
Après une dizaine de kilomètres avalés très rapidement, nous arrivons à l’entrée du premier single. Ça y est ça commence ! Je sens que Jean Pierre attendait ce moment depuis longtemps, il se jette littéralement dans cette mini monotrace avec l’appétit d’un gamin dans un magasin de confiseries, racines, bosses et cailloux sont avalés tout en souplesse par son grand vélo de 29. Hélas, nous sommes certainement parti un peu tard, et nous retrouvons dans bouchons, pied à terre à chaque racine. Heureusement, les parties roulantes sont le lieux de belles accelérations permettant de doubler les groupes plus lent et très rapidement, nous nous retrouvons dans un single qui semble typique de la région : les vététistes sont très courtois car dès qu’ils nous entendent arriver, ils proposent de nous laisser passer, parfois je demande le passage et cela est toujours bien reçu ; J’entends Jean-Pierre dans ma roue et file donc à bon rythme.
Pour sa première vraie sortie, le 8XC est plutôt efficace : léger, vivace, il semble très nerveux, les roues sont bien rigide, tractes fort. Le terrain, très exigeant et humide, ne me permet pas d’exploiter pleinement la bête : j’ai peur d’abimer un vélo tout neuf sur une mauvaise chute et je m’oblige à en garder sous le pied. Je ne veux pas forcer sur la transmission, pas taper les roues. Je préfère même éviter parfois l’obstacle que d’aller butter dedans. Le guidon est trop large pour moi, la position ne m’est pas totalement adaptée. Des réglages sont à prévoir !  Les pneus, eux, que je connais très bien, les Cobras Tubeless, montrent vite leurs limites. ça glisse. ça ne débourre pas. Bref, c’est freestyle !
Au km 19, c’est l’heure de se ravitailler. Le ciel est gris mais Magnifique, est la vue sur les vignes, nous sommes nombreux à profiter des victuailles proposées.
Après un regroupement en règle, nous repartons tous les 4 pour de nouveaux singles. Pour l’instant, je ne suis pas convaincu, mais d’après notre guide presque local, Jean-Pierre, nous n’allons pas être déçu par la suite. Long chemins de liaisons, quelques beaux singles et 2ème ravito, après un single d’anthologie à profil descendant, ça flirtait avec les limites du raisonnable ! Et c’est reparti !
2ème ravito du raid des cadoles 2014
La suite, justement : j’ai l’impression de faire du ski. Une vraie épreuve de slalom géant sur des kilomètres, interminable !
A gauche, A droite, une relance, une bosse, trois pierres, oulalalalala je vais me sortir, non, ça passe, je perds l’arrière, l’avant aussi ?! j’accélère, tiens j’ai doublé un mec, je relance, ça glisse encore ! à gauche, une pierre, à droite, je passe au dessus du tronc, tiens il glissait celui là, à gauche, je relance, à droite, freinnnnns, ça glisse, je perds l’avant, cette fois je me sors, mais je freine pas, je monte, je double un mec en détresse, frein, à gauche, à droite, encore à droite, ça glisse toujours, je monte, racine, pierre, à gauche, à droite, CADOLE, à gauche, j’accélère encore, frein, ça glisse encore, racine, tronc… tout ça sur plusieurs dizaines de kilomètres et 4 cadoles. Le single magique de St germain en version XXXL supplément single, avec option single en sus. Bref, du single à ne plus savoir qu’en faire. C’est un peu le maître mot ici. De la monotrace, à en faire une overdose.
3ème ravito, kilomètre 55, il pleut.
Hésitation pour ma part sur la suite à donner. Il reste dans tous les cas au moins 15 km et près de 30 sur le grand parcours. Du single plus que glissant mais le soleil revient. Quelle chaleur. ça tournicote de partout, dans tous les sens. On est là pour manger de la monotrace, alors on en mange. Bref, on finit le 80km, on est venu pour ça.
Et là, c’est reparti pour un tour : à gauche, à droite, ça glisse, je me sors ou pas ?, à gauche, à gauche, encore à gauche, mais je reviens sur mes pas ?! à droite, racine, tronc, racine, racine, racine, racine, mais c’est pas bientôt fini ! Tiens Jean-Pierre attaque, tiens ça bouchonne, accélération, gauche, droite. Bref, vous avez compris l’histoire, je vais pas vous faire la version longue. Hélas la pluie revient. Je décide de ne plus couper jusqu’à l’arrivée, j’ai des jambes de folie aujourd’hui.
Je serai vite rejoint par Hervé et Jean-Pierre puis Benoît qui a préféré réduire un peu le parcours, le terrain devenant glissant.
81,7km au GPS, près de 90 au compteur, 5h30 de roulage, 55min de pauses, 1660 de D+.
On se restaure au soleil (sic) avant de rentrer sagement à Paris.
Qu’on se le dise : le 80k, n’est pas à la portée du premier cycliste venu. Il faut des jambes, presque des jambes granitesque pour en venir à bout dans des bonnes conditions : quel plaisir alors, dans derniers kilomètres, de relancer, à plus de 20 km/h, entre les arbres, les roues glissant à chaque virage, les épaules frolant (et parfois un peu plus) les arbres. Que 1600 de D+ ? Certes, mais il faut se les farcir ces kilomètres de relance. Le problème du vététiste ? C’est qu’il veut prendre toujours plus de plaisir, relancer toujours plus vite, aller flirter avec la limite du vélo, avec sa propre limite, entre deux arbres, 3 monticules de pierres, 4 racines, un pont en bois, une descente avec des arbres couchés. Si tu aimes, va découvrir le raid des cadoles.
Entre deux singles, d’une longueur affolante à chaque fois, de larges pistes tantôt montantes tantôt descendantes. C’est alors le lieu de belles parties de manivelles, laissant sur place nos amis des autres régions de France.

 

Les +

+ Les singles à n’en plus finir. Pas besoin de plus, on vient pour ça, chaque vététiste qui aime le single doit aller découvrir cette contrée au moins une fois. Il n’y a que ça à retenir du raid des Cadoles pour moi.
+ Une super forme pour moi, même pas fatigué à l’arrivée, des relances jusqu’au bout.

Les –

– Une météo capricieuse, deux draches sur la tête, un vélo couvert de boue.
– Pas de ravitaillement à l’arrivée, même pas un verre d’eau. Uniquement une buvette / bbq payant. Quand on a déjà payé 19€, c’est rude.
– A mi parcours, on rejoint le parcours des 40kms. De longues minutes arrêté dans les singles à attendre que cela se décante.

Le vélo

8XC Pro 2014 après le raid des cadoles– Une crevaison lente à l’avante, obligé de regonfler 2 fois. 2 sorties sans préventif et déjà à plat !
– 1 caillou dans la pédale Time. Je comprenais pas pouquoi j’avais du mal à clipser : opération chirugicale en vue pour déloger le malotru !
– Le 29 pouces de Jean-Pierre semblait bien adapté au terrain de jeu et surtout pourvu d’une monte pneumatique bien plus adaptée.

L’année prochaine.

Moui… Si et uniquement si le terrain est sec. Pour envoyer du très lourd entre les arbres. Car bien que j’ai été un peu déçu à l’arrivée, surtout du fait de la météo, je rêve déjà de singles.

 

Merci à la fine équipe et surtout à Jean-Pierre de nous avoir convaincu d’aller découvrir l’Aube.

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Une réflexion au sujet de « Raid des cadoles 2014 »

  1. Jean-Pierre Dumoulin

    Super CR qui restitue bien l’ambiance dans les singles . Content de t’avoir fait découvrir ce beau terrain de jeu et en 2015, gageons que le terrain sera sec pour pouvoir se lâcher sans retenue !

    Répondre

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