Parcours vélo de l’IM de Nice

Ce long weekend de la Pentecôte me permet d’aller jusqu’à Nice, découvrir le vélo de route à la montagne. Après un lever à 4h le Samedi, 9h de route, c’est avec bonheur que je plonge dans la méditerranée pour tester la natation en combi ! Malgré les 20 degrés de l’eau, je m’y sens bien et la nage s’appréhende facilement, une fois passée l’impression de suffocation liée à l’absence totale de visibilité sous l’eau. Séb, en forme, nous concocte alors un parcours de cap sur la promenade de Cagnes sur Mer, de quoi faire tourner les jambes après les 950 km de route ! Les 8,5 km sont parcourus en 41 min, mais je souffre des 30 degrés, et du manque de sommeil ! Une bonne pizza en Terrasse plus tard et il est déjà l’heure de se coucher pour attaquer un gros morceau demain : les 172 km du parcours vélo de l’IM de Nice. Séb l’a déjà parcouru une fois et c’est avec appréhension que je m’apprête à le suivre sur ses terres.

6h25, le réveil sonne. Dur, je n’ai pas récupéré de la courte nuit précédente. On s’équipe rapidement, le soleil étant déjà haut dans le ciel et on enfourche les vélos sans même avoir pris le temps de manger. Des vrais débutants ! A 7h05 nous parcourons nos premiers kilomètres de la journée, et la chaleur est déjà bien présente, autour de 22 degrés. Nous partons en direction de St Laurent du Var, afin de récupérer la trace de l’IM de Nice (qui part de la promenade de Nice) et est bien marquée au sol, en bleu. Nous économisons ainsi environ 16km (aller-retour) sur le parcours officiel. Les premiers kilomètres, au niveau de la mer, sont parcourus rapidement, Séb appuyant fortement sur les pédales. Il semble avoir la forme, malgré le vent de face, et je suis parfois obligé d’aller m’abriter dans sa roue afin de ne pas trop forcer. Cela s’annonce sportif !

Au 16ème kilomètre, Séb me prévient que l’on va quitter la départementale pour attaquer la fameuse côte de Condamines, véritable mur de 500 mètres de long. Je descends le plus petit rapport, et malgré tout, suis obligé de me mettre debout sur les pédales pour arriver en haut sans poser le pied. Séb, lui, reste assis, mais va beaucoup plus lentement. Nous découvrirons le soir même, que sa cassette possède 27 dents quand la mienne n’en a que 25. Visiblement, cela fait une belle différence dans la difficulté. Cette côte est très connue sur l’IM de Nice, car de nombreux concurrents sont parfois obligés de la gravir à pieds.

En haut, nous tournons à gauche, pour nous enfoncer définitivement dans l’arrière-pays niçois. S’en suis alors 21 km de route à profil plus ou moins montant sur laquelle je me sens très à l’aise. Rapidement, je baisse le rythme afin de ne pas décrocher Séb. Surtout, nous en profitons pour doubler quelques cyclistes du dimanche. Les paysages sont magnifiques, le soleil est maintenant bien haut dans le ciel. Du km 37 au km 46 nous descendons, ce qui permet à Séb de reprendre les avant-postes. Je ne suis pas très à l’aise avec les freins à patins, les « minuscules » pneus pour enrouler les virages. La côte suivante, sera fatale à Séb : je pars trop vite pour lui, en plein cagnard et par deux fois, en 4km et 215 de D+, je l’attendrai. Arrivé à un petit rond-point de Châteauneauf-Grasse, je m’abrite à l’ombre dans un abribus et je vois de nombreux triathlètes passer : c’est la dernière reco avant l’IM de Nice, le temps est magnifique, et ils sont nombreux à venir se tester une dernière fois avant le grand jour. Quelques minutes plus tard Séb arrive : il mange, se restaure et m’explique que nous attaquons la plus grosse difficulté de la journée, afin d’atteindre le col de l’Ecre à 1120 m d’altitude, dans l’arrière-pays. Un groupe de locaux en reconnaissance pour le 29 juin s’élance. Nous finissons notre pause et voyant que Séb a besoin de rouler à son rythme je m’élance sur cette belle route de montagne en direction de Gourdon, puis l’Ecre, soit 14km d’ascension, 705 de D+ à 5% de moyenne, avec un passage à 10%. Je rattrape rapidement les premiers lâchers de mon groupe de locaux et voyant les beaux vélos de triathlètes quelques encablures devant, j’hausse le rythme pour les recoller. Moins de 2km après, c’est chose faite, et je recolle le plus en avance du groupe, emmenant en même temps, son pote dans ma roue. Arrivée dans sa roue, le gentil Christophe accélère. Je reste au contact et me hisse à sa hauteur : il me sourit. « Tu prépares l’IM ? « Non, du tout, mais je voulais faire le parcours, j’ai pas l’habitude de la montagne, je viens de Paris ». « Alors viens, suis moi, on va jusqu’à Gourdon comme ça ». Son pote profite d’un replat pour enquiller. On y va, on recolle, on le dépose, et on attaque les derniers virages jusqu’à Gourdon. Ça cogne fort, mais depuis le début, je m’hydrate bien, aucun problème, même si j’ai un peu faim. On double de nombreux cyclistes, tous en reco pour l’IM qui arrive. Pour l’instant personne ne m’a doublé dans cette première moitié d’ascension ! Mon ami du jour Christophe accélère à cent mètres de la pause officielle me laissant quelques longueurs derrières. Arrivée au rond point en direction du col de l’Ecre, au petit restau, on s’arrête : des vélos partout, et tout le monde parle de l’IM ! En attendant nos retardataires respectifs, Christophe m’explique alors qu’il l’a fait l’année dernière, en moins de 12h (11h57 !) et qu’il a avalé la partie vélo en 5h49… Un sacré rouleur notre gaillard ! Cette année, il est là pour entrainer les copains de son club de Tri, mais l’année prochaine, ça sera le redoutable Embrun pour lui. Alors que ses copains arrivent au fur et à mesure, il me conseille de me recharger en haut à la fontaine toute proche, ensuite ça monte jusqu’à l’Ecre, après quelques km de faux plats descendants, ça remonte fort encore une fois et après ça descend jusqu’à la maison ! Vu comme ça, ça semble très facile, mais quand il m’indique que nous ne sommes « que » au km 60, et que je vois que cela fait 2h55 que nous sommes partis, je commence à douter sérieusement. Après 10 minutes de pause, il s’en va avec ses potes et me souhaite bon courage pour la suite. Je sais déjà que je ne le reverrai pas. Séb arrive ensuite : « Je suis cuit » ! Mince, le pauvre il a l’air dans le mal. On recharge les bidons, il s’alimente. Manque d’entrainement, petite nuit et mauvaise alimentation ça fait beaucoup ! Bien que je lui propose de rentrer au plus court, il me dit que ça ira et que de toute façon nous n’avons pas trop le choix. Nous repartons en direction de l’Ecre : le col est couvert de cyclistes en reconnaissance, c’est très stimulant. Comme à chaque fois après une longue pause, j’ai vraiment du mal à partir. Je reste avec Séb et on se fait doubler par 2-3 cyclistes. A la faveur d’une épingle à gauche, je décroche Séb et quand je me retourne quelques dizaines de mètres plus loin, il a déjà baissé le rythme. Je lui fais un signe du pouce, il me fait signe de la tête : permission de sortie pour moi, je vais me faire plaisir dans ce col, car je suis maintenant persuadé que l’on ne fera pas le parcours en entier, il ne tiendra pas la distance ! 5km de pur bonheur en 26 minutes, sous 30 degrés. Ça pédale sec, sur le plus petit pignon. Et malgré tout, je dépasse / rattrape les cyclistes devant moi : je ne dois vraiment pas avoir le même rapport de cassette qu’eux ! Sur les 2 derniers kilomètres, ça se bat à coup de manivelle dans le col : j’ai un petit train accroché aux basques et je veux vraiment les larguer avant le haut ! Les 3 derrières notamment sont en phase d’entrainement pour leur collègue : « Ne lâche pas Anna, descend un pignon Anna, aller !! ». Mince ils remontent à ma hauteur. Je regarde le cycliste à ma gauche : il a l’air frais. Les 3-4 derrières, ils sont rouges et pensent déjà à la pause en haut. Le cycliste à ma gauche descend un pignon et se lève sur les pédales. Dans le quart de seconde suivante, je fais pareil et nous partons, décrochant définitivement nos poursuivants. On se rassoit car il reste encore 1 km, et à notre rythme, c’est environ 4min30. Dans le dernier virage avant le col, dans un même élan, nous nous élançons au sprint, dépassant les 25 km/h ! Les gens arrêtés sur le bord de la route nous crient des « Aller » ! Quelle ambiance ! Nous passerons la ligne imaginaire en haut du col dans le même élan : je prends alors les freins pour attendre Séb, et mon adversaire du jour me fait un signe de la main : Salut !
S’en suis une longue attente, près de 15 min, à regarder passer les différents cyclistes, dont certains ont un rythme impressionnant en haut de ce col ! Séb arrive enfin, il a l’air épuisé, à bout. Seulement 65 km au compteur, mais il m’indique encore qu’il n’est pas possible de couper.

Col de l'Ecre - IM Nice
Après qu’il se soit restauré, nous repartons à l’assaut de ce beau parcours. D’abord une dizaine de kilomètres à profil descendant ou je laisse Séb devant rouler à son rythme et nous arrivons à une nouveau faux plat montant. Je m’arrête en bas et laisse partir Séb, je préfère le savoir devant que derrière. 5 kilomètres plus tard, le profil s’inverse pour ce qui deviendra une belle descente jusqu’à Grolières. Je reste avec Séb sur les 5 premiers kilomètres puis me fait dépasser par trois tri athlètes. Je mets dans la roue, pour 5 kilomètres de descente très sportive. Ça envoie fort : le gars qui nous emmène à des gros mollets et à la sortie de chaque virage les 3 poursuivants, moi compris, devons nous mettre debout sur les pédales afin de recoller au plus vite !

Arrivé à Grolière, j’attends Séb : il est midi, il fait chaud, il a mal à la tête ; il faut donc trouver une solution, il reste trop de km pour lui. Nous allons au centre du village, à la fontaine pour nous rafraichir ; un groupe de Tri athlètes s’apprête à en repartir. 2 autres gars sont là, à se restaurer tranquillement. Séb leur demande alors comment rentrer au plus vite : 30 km de descente, en prenant à droite au prochain rondpoint alors que le parcours IM part à gauche pour la dernière grosse difficulté de la journée : 7 km d’ascension. Alors que les gars repartent, Séb me propose de les rattraper pour la suite du parcours. Il peut rentrer tout seul, 30km de descente ne lui font pas peur. J’hésite quelques instants, mais il a repris des couleurs et j’enfourche le vélo. Il me suit, jusqu’au rond-point. Bye-Bye, il doit être 12h15, rendez-vous dans quelques heures ! Je me demande si c’est une bonne idée, il reste encore au moins 70km, et j’ai fait beaucoup de pauses, je n’ai pas mangé le moindre morceau depuis hier soir, il faut une chaleur incroyable et j’ai roulé n’importe comment, par à-coups… Mais le défi de la côte suivante est plus fort et je l’attaque avec en visu les cyclistes vus précédemment. Je leur demande donc si je peux essayer de les suivre. Ils sont ok et nous discutons rapidement vélo, triathlon, ironman de Nice. Ils l’ont tous les 2 finis l’année dernière en 12 et 13h et comptent réitérer l’exploit cette année. Alexandre a un vélo de triathlète, et accélère rapidement le rythme. Nous nous mettons en file indienne et remontons le groupe de Triathlètes dijonnais vu à la fontaine précédente. Je les entends dire « Aller, on prend le train ». Alexandre nous emmène à bon rythme dans les premières centaines de mettre de cette côte longue de 7 km, entre Saint Pons et le col de Coursegoules. Mes deux camarades discutent, et je comprends bien que ça ne leur plait pas trop d’avoir un train accroché aux basques. Je me sens un peu gêné d’être là, mais espère que ce soit l’autre groupe qui soit visé. Je comprends clairement qu’ils sont en train de parler de la technique à adopter. Laurent passe aux avants postes avec son vélo vieux de 20 ans en titane et ses gros mollets. On est plus là pour rigoler, et le groupe se réduit rapidement. Quelques centaines de mètres après, Alexandre reprend les avants-postes : Laurent lui donne alors ça permission de sortie. « Rendez-vous en haut », et il monte 2 pignons. Me sentant encore pas trop mal, je dépasse Laurent pour recoller Alexandre avec un tri athlète en Cervello à ma gauche. Alexandre hausse encore le rythme. S’en est trop pour moi, je ne préfère pas forcer, tout le monde est lâché et je sais que la côte est longue, dans la forêt : Séb m’en a parlé car lors de sa première reco, il a énormément souffert dans ce col. Je me calle à mon rythme et me fait rapidement dépasser par un des précédent lâcher. Alexandre s’envole avec le triathlète. Je monte un pignon et me bat dans la pente. Il fait chaud. J’ai faim ! Mais la motivation est bonne, les jambes aussi. Quelques kilomètres plus tard, alors que j’ai toujours en visu les plus rapides du groupe, je me remets en danseuse, devant la difficulté. C’est ce moment que choisis Laurent pour me reprendre, bien assis sur son vieux titane, et me lancer : « accroche toi, on y est presque ! Je m’abrite dans sa roue et le suis jusqu’en haut. On reprend rapidement nos deux compères et alors que la trace au sol indique d’aller tout droit, Laurent bifurque à gauche. Alexandre, arrêté, me fait des grands signes : « Stop ! ». Ouf, à priori, ils ne cherchaient pas à me décrocher. Dans un sourire, Alexandre m’explique que le parcours fait un aller-retour de 10 km à Vence, sur du plat, en gros, pour atteindre le bon kilométrage. Eux ne vont pas le faire, ils estiment cela sans intérêt, et ils me proposent de continuer avec eux. « On va te largue le parisien disent-ils en rigolant ! ». Je m’élance avec eux dans la redescente vers Nice. En effet, passé ce col, tout le D+ (2300 mètres au GPS) a été avalé, et c’est maintenant l’heure de rentrer au bercail, bien que nous ne soyons qu’à 115km de ballade. Je m’élance derrière Laurent dans la descente, et très rapidement nous ne voyons plus Alexandre : pas d’inquiétudes, il connaît le parcours par cœur, ils le font régulièrement, et selon Laurent, il est plus léger donc il va moins vite ! C’est vrai que pour suivre Laurent, je suis obligé de pédaler alors que lui se laisse souvent aller. Nous faisons un dernier arrêt fontaine, précieux de rouler avec les locaux. Je prends une barre et un gel, les batteries étant basses et on m’annonce un dernier faux plat montant, environ 10 km à fond, et ensuite on redescend du côté de Condamines, à bon rythme. Cette descente est intéressante pour moi, car je roule avec des locaux et des habitués de ce type d’’effort et j’apprends beaucoup. Sur l’entrainement, l’alimentation, l’hydratation. Une mine d’informations. Il reste alors une quinzaine de kilomètres pour moi jusqu’à Cagnes sur mer, et 23 pour eux jusqu’à Nice. C’est plat, mais le vent a tourné et nous l’avons de face, comme à l’aller. Laurent emmène à bon rythme le trio. Hélas, Alexandre est régulièrement lâché et je fais donc une dizaine de fois l’effort pour le ramener dans la roue de Laurent. Je me sens mieux au niveau des jambes mais un peu chamboulé au niveau du ventre. Je crois que les Gel ne sont définitivement pas les bons pour moi, j’avais déjà ressenti ça à la Granit l’année dernière. Je me force à boire, mais ça ne passe pas bien. Arrivée au point de séparation, je les remercie chaleureusement, et on s’échange nos noms afin de voir nos futurs résultats ! Une super rencontre sur les routes de l’arrière-pays niçois !
Je rejoins Cagnes sur Mer et pose le vélo face à la mer à 14h25, au bout d’un peu plus de 155 km de vélo, 2300 de D+ et 6h05 de roulage. Les 60 derniers km ont été avalés en moins de 2h10, ça n’a pas trainé ! Séb est arrivé un peu plus tôt, et a repris du poil de la bête. Pour moi, c’est dur, la chaleur, le manque de nourriture, et une irritation sévère du postérieur me suivront jusqu’au soir.

Pour conclure : un superbe parcours, une superbe expérience cycliste, de magnifique rencontres, un lieu dédié au triathlon, sous un soleil éclatant. Je sais ce qu’il me reste à faire pour progresser : alimentation, manger des kilomètres et surtout, changer ma cassette !

Un grand merci Hervé B. pour le prêt de ce vélo de route !

 

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2 réflexions au sujet de « Parcours vélo de l’IM de Nice »

  1. Hervé

    La grande forme David, et ton récit montre que tu t’amuses beaucoup 🙂
    Seb a été courageux, les jambes ne sont pas encore la, mais le mental semble ok, il s’accroche.

    Répondre
  2. franck fabié

    Merci pour ce blog qui me permets déjà d’appréhender les difficultés à venir pour l’IM de cette année

    Franck (Toulouse)

    Répondre

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