Le raid des 4 forêts à Frépillon

Bien que mon 8XC soit toujours en réparations pour une durée indéterminée, l’envie de rouler ce weekend est bien présente, d’autant plus que la météo annoncée est radieuse. Je récupère le 8.1 de test utilisé la semaine dernière sur le Cernaysienne. Il n’est pas au mieux de sa forme mais on fera avec, surtout une fois avoir dé-tordu le dérailleur arrière.
Jean-Pierre propose un raid à Fontainebleau, mais je ne me sens pas d’attaquer ces terrains avec le 8.1 de test, en espérant pouvoir profiter d’une si belle sortie une prochaine fois.

Réveil à 6h après une courte nuit, préparation d’une boisson isotonique, car je préfère assurer le fait de rouler seul, et direction… Frépillon pour le raid des 4 forêts que je n’ai jamais fait. J’ai adoré la rando de Taverny et me dit que cela sera donc un magnifique terrain de jeu. 90 km et 1600 de D+ sont annoncés, mais je garde dans un coin de ma tête l’éventualité de faire le 65 km.
Inscription de 6€ à 7h15, derniers réglages sous le soleil et à 7h25, je clipse les pédales pour une belle matinée de vélo. Le but de la sortie est simple : essayer de faire un maximum de km en fonction de la forme, seul, afin de travailler la résistance et le mental.
Le départ se fait en côte et on rentre tout de suite dans la forêt et… dans la boue ! Heureusement, à l’inscription, j’ai été prévenu : les 5 premiers km sont boueux, mais ne sont pas représentatifs de la suite de la randonnée. Cela a un petit air de déjà vu, avec la Cernaysienne de la semaine dernière. Dès le départ les jambes sont lourdes, et j’ai du mal à tirer le vélo… J’ai fait beaucoup de course à pied pendant les 3 jours précédents et je semble en garder les stigmates, à moins que cela soit le manque de sommeil ? Je roulerai donc à mon rythme. L’avantage de ne pas avoir de compteur sur ce vélo de test, c’est que je n’ai pas de notion de vitesse, kilométrage ou même horaire, je roule donc totalement à l’instinct.

Après les passages boueux en forêt de Montmorency, on part au nord-est. Rapidement le temps se couvre, ce n’est pas du tout ce qui était prévu ! J’ai même un peu frais sur les longues traversées de champs avec mon maillot été ! J’en profite pour accélérer légèrement, notamment lorsque deux gars en 29 pouces décident de s’accrocher à ma roue. 2km plus tard, dans une longue côte, je les largue définitivement ! Mais le pédalage reste poussif. Le terrain est principalement composé de longs chemins roulants, entrecoupés de longues bosses et de belles descentes. Profil plutôt roulant dans l’ensemble.

Au kilomètre 25, j’arrive au premier ravitaillement : arrêt éclair, le but est de réduire mes pauses. Je repars tout de suite dans la forêt, sur un chemin montant. Une bifurcation apparaît : à gauche le 65, à droite le 90. Mince ! je ne m’attendais pas à ça si tôt. Je ne me sens pas dans une grande forme, mais le profil relativement roulant de la première partie m’incite à partir sur le 90. Dès lors, je roulerai presque totalement seul. Régulièrement, je rattrape un Vététiste, mais, bien que je n’aie pas l’impression d’envoyer avec ce lourd vélo, je les laisse sur place sans discussion possible. Mon vélo me manquera d’ailleurs beaucoup : j’aurais aimé avoir un vélo léger, avec un rendement plus élevé afin de moins me fatiguer, de ne pas avoir l’impression de tirer une enclume dans les côtes ou d’être freiner par les gros pneus sur les terrains roulants ! Mais c’est un bon entrainement ! D’ailleurs, je suis obligé de gravir toutes les côtes sur le deuxième plateau, les vitesses refusant de passer depuis la Cernaysienne…

Au kilomètre 41,  une flèche à gauche, dans une descente. Je m’engage alors et retrouve en bas trois participants du 90 qui tournent en rond : plus de balisage et ils n’ont rien trouvé plus loin. On est rapidement rattrapé par deux autres vététistes que je venais de doubler… Personne ne semble connaître le coin, et je décide donc de continuer, sur une route et d’aller au patelin suivant. Je pars seul, fait  environ 1 km et ne trouve rien : la campagne profonde. Je reviens donc sur mes pas, jusqu’à la dernière flèche qui… a changé de sens et indique tout droit ! D’après l’organisation, surement l’œuvre de cavaliers qui n’étaient pas ravi de partager les chemins avec nous.

Je me lance donc à fond afin de rattraper les différents vététistes que j’avais doublé et qui ont du me dépasser. Le rythme est difficile à tenir du fait de quelques bon raidars, dignes de la vallée de Chevreuse. Ça fait les cuisses, mais tout passe, pour moi. Après quelques kilomètres avalés à gros rythme (entre 22 et 25 de moyenne d’après la trace) j’arrive au deuxième ravitaillement, pour le 90, après 52 km parcourus en 2h55 : ouf, je commençais à avoir vraiment faim ! Difficile de faire un arrêt éclair, j’ai vraiment besoin de manger, mais tout va bien car j’ai rattrapé tous les vététistes avec lesquels je m’étais perdu. Un peu plus de 5 minutes de ravitaillement pour combler la faim grandissante et je repars, seul, pour la plus belle partie de la rando, la seule que j’ai trouvé vraiment intéressante. Il s’agit d’un long single le long de trois étangs, au niveau le plus éloigné du raid, dans l’Oise, à deux pas de Chantilly ! On n’est pas tout près du parking ! J’enroule les singles, m’amuse à doubler, proprement, le plus de vététistes possible. Je découvre d’ailleurs que le 65 km nous rejoint en cours de route, ce qui rajoute des cibles vivantes à éviter ! Les jambes commencent à se débloquer, c’est agréable ! Avec tout ce que je bois, je suis obligé de faire des pauses techniques régulières, dommage pour le chrono spécial ravito !
Au km 69, surgit de nulle part, un ravito. Autant les deux premiers étaient très éloignés autant celui-ci me paraît très proche. Peut-être parce que j’ai mis moins de 55 minutes pour parcourir les 17 derniers km ? La descente du vélo révèle par contre un état de forme bien entamé : j’ai peut être trop forcé et me sens bien faible, voir au bord d’une légère fringale. Je me force à boire, mange un peu mais cela passe pas très bien, souffle un peu. Je pense à la Granit et me dit que l’entrainement commence donc maintenant : je suis fatigué, c’est idéal pour voir ce que je suis encore capable de fournir et si le mental, quand je suis seul avec personne pour me motiver, est capable de fonctionner. Je repars donc après 4 minutes de repos, et décide d’en remettre une couche, toute proportion gardée vu l’enclume que je tire !
Après 7-8 km relativement plat, j’attaque une longue côte, entrecoupée de faux plats sur prêt de 3 km. Je double de nombreux cycliste donc un groupe de trois gaillards avec de magnifiques 29 pouces. Ils me laissent la place, mais étonnement, je sens qu’il y a du monde derrière moi quelques centaines de mètres plus loin. Je m’écarte et propose de laisser la place : « Non, c’est bon, on te suit ! ». C’était pas prévu, mais j’aime bien l’idée d’essayer de les décrocher. S’en suit alors une partie de manivelles mémorable, rendant les chemins un peu plus intéressant : côtes sont avalées en danseuses, les descentes, très belles dans ce coin, sont le lieu de dépassements d’anthologie,  et les longs chemins plats permettent de tout donner : l’un des 29 pouces, Aymeric, s’échappe d’ailleurs régulièrement, et je dois à chaque fois faire l’effort pour recoller, ces deux comparses ne pouvant pas sortir de ma roue. Le 78ème km est avalé à 22km/H, le 79ème à 28, les suivants à 24, 27, 16 (mais ça grimpe fort !), 28, 23 etc. Le rythme est élevé et c’est grisant. Je ne sens plus du tout la fatigue. Quand ils découvrent que je suis sur le 90 avec mon enclume, ça les fait bien marrer, eux, avec leur super 29 pouces autour des 10kg sur un « modeste » 65km ! Surtout que nous sommes partis à la même, autour de 7h30 ! En effet, nous découvrirons à l’arrivée que nous étions voisins de parking. A la faveur d’une longue côte en single, je prends le large, me faufilant plus facilement entre les différents cyclistes à doubler. J’arrive au dernier ravitaillement, au km 87. Mince, je pensais presque que l’arrivée se profilait. On nous annonce alors 9km jusqu’à l’arrivée. Une pâte de fruit, moins de 2 minutes de pause, et je relance alors la machine alors que mes acolytes du jour arrivent seulement. 9km, ce n’est pas énorme, et je me souviens de la phrase de Bastien de la semaine dernière : « je vais me dépouiller ». Cette fois-ci, c’est mon tour ! Avec les km, mes jambes tournent mieux et j’ai hâte d’arriver. J’envisage alors de parcourir les 9 derniers km en 30 minutes, ce qui me ferait arriver à 13h pile. Je me lance dans un magnifique gymkhana, les derniers kilomètres étant communs avec tous les parcours, et de profil descendant, ce qui convient à mon coup de pédale.
J’arriverai donc finalement à 13h pile, avec 97 km au GPS. J’ai donc parcouru les 10 derniers km en 30 min pile, contrat rempli.
L’arrivée est très sympa, en 2 temps : d’abord on nous remet un sac de lots (échantillons, gourde, prospectus) puis l’on accède au village départ, avec différents stands, 4 jets, hots dogs etc.

Le bilan est pour moi mitigé : une organisation sans faille, avec près de 100 bénévoles mobilisés pour 870 participants, un vrai village départ, avec jeu concours de la FFCT permettant de gagner un super T-shirt, forte présence de l’organisation sur le parcours, qui parcourait en sens inverse le tracé.

raid des 4 forets

raid des 4 forets

J’ai pu faire un gros kilométrage (97 km au lieu de 90) avec un fort dénivelé (1600 D+ au GPS) parcouru en 5h14, avec 22 minutes de pauses.

Mais un parcours que j’estime sans saveur : peu de singles, quelques belles descentes, des côtes dignes de ce qui se fait de mieux en vallée de Chevreuse, mais trop, beaucoup trop de longs chemins roulant de liaison. Et pourtant, c’est aussi ce qui m’a plu, me permettant de rouler vite, et d’enquiller les kilomètres. Peut-être que sous le soleil, et avec quelques copains avec qui discuter, ce raid aurait eu une autre saveur ? Surtout, mon vélo m’a manqué à maintes reprises, par sa polyvalence et son rendement.

Maintenant repos, car les jambes sont fatiguées !

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3 réflexions au sujet de « Le raid des 4 forêts à Frépillon »

  1. Hervé

    Près de 20km/h !!! waouhhh. Je pense que tu es rassuré sur ta capacité à te motiver lorsque tu roules seul 🙂
    Je crois que pour toi la Granit cette année ne sera pas en mode rando., …mais vraiment une compétition. Objectif 7h.

    Répondre
  2. David Schuster

    Merci Hervé mais 18,45 j’ai encore de la marge pour les 20 !
    La granit n’est pas l’objectif de l’année, ça sera donc au plaisir, si j’ai un vélo d’ici la 🙂

    Répondre

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