La Garennoise 2014

Lors de la rando de dimanche dernier à Orgerus, la cassette de mon 8XC s’est mise à danser la samba générant notamment un bruit très pénible. Je profite de la journée off de Jeudi pour emmener mon vélo à l’atelier Décathon. Le diagnostic ne met pas longtemps à tomber : corps de roue libre HS, 3 semaines d’immobilisation afin d’avoir une chance de faire passer cela en garantie.
Le vélo étant envoyé au centre régional, j’en profite pour demander l’étude de mon cadre carbone qui présente… 2 fissures après 1 an et demi d’utilisation. Le vélo de prêt que l’on me propose, un 8.1 d’il y a quelques années ne m’inspire aucune confiance et je le refuse donc.
Les pluies de samedi finissent d’achever mon moral de vététiste et c’est peu motivé que l’on décide de se retrouver à 7h au départ de la Garennoise, avec Hervé, compagnon des grandes balades !

Sur place à 6h45, sous un soleil qui s’annonce radieux, je sors de la voiture… le Giant XTC NRS Big Bear de mon père, datant de novembre 2001 et pesant pas loin de 14kg. Je gonfle les pneus, tout le reste semble ok. Pas grand monde au départ à 7h, on récupère les plaques et bien que l’on nous recommande d’attendre 7h30, les crêtes étant en cours de balisage, nous décollons à 7h10  pour profiter d’un temps clément, prévu jusqu’à 11H.
Cette année le départ est au stade de St Martin La Garenne, évitant les longs kilomètres de plats autour de l’étang.
Nous sommes rapidement dans l’ambiance avec les premiers singles tracés directement dans la végétation et dans la pente (première chute d’Hervé sans bobo !) et les premières lonnngues bosses empiérées avec plus de 100m de D+. Malgré le déluge d’hier, le sol n’est pas totalement détrempé. Mais nous sommes dans les premiers à passer et nous ne pouvons qu’imaginer les bourbiers que vont devenir les chemins dans les prochaines heures. Toutes les côtes ne passeront pas, surtout pour moi, et je serai régulièrement obligé de pousser le vélo pour passer les “coups de culs”, le vélo n’aidant pas à la manœuvre !
10-15km environ après le départ, nous arrivons sur le passage des crêtes vers la Roche-Guyon, avec une vue dégagée et ensoleillée sur la vallée de la Seine. Le single étant vraiment pas très large et avec une végétation qui s’est bien développée, les dévers glissant, ce n’est pas une partie de plaisir : autant par temps sec, ce petit single est vrai bonheur, autant là, c’était Holiday on Ice.

Après une longue descente herbeuse, à l’arrivée d’Amenucourt, place au premier ravitaillement bien garni. Bien qu’il ne soit même pas 9h, le saucisson et le fromage sont les bienvenus ! Nous roulons avec les kways sur le dos par peur de se prendre une grosse ondée, et nous perdons beaucoup d’eau !

Les 20km suivants s’enchaînent tranquillement, entrecoupés de longues côtes caillouteuses qui font monter le compteur du D+. Personne sur le parcours et les seules personnes que nous voyons sont sur le 65km. En effet, contrairement à l’année dernière, le parcours ne comporte pas une seule boucle supplémentaire pour le grand parcours, mais de nombreuses variantes en cours de parcours. Au fur et à mesure nous voyons donc plus de traces au sol, indiquant que l’on se fait “doubler” pendant que nous sommes sur les boucles du 80km.
Le deuxième ravitaillement de Villers en Arthies est l’occasion d’une belle cascade d’Hervé, sur le pont rendu bien glissant. Nous sommes 3 ou 4 au ravitaillement, mais il semble que nous soyons les seuls à nous aventurer sur le 80. Il est vrai que le ciel est maintenant bien noir et l’heure fatidique approche. On s’alimente encore très bien, Hervé apprécie beaucoup le chocolat Côte d’Or, un bon point aux organisateurs !
On nous annonce 15km jusqu’au prochain ravitaillement puis un long 25KM pour l’arrivée. Je me dis donc qu’après le 3ème ravitaillement, je couperai par le parcours le plus court, estimant que 70km dans ces conditions sont largement suffisants. De plus, bien que cela soit surement dans la tête, je prends peu de plaisir à emmener ce très lourd vélo dans les côtes, ayant l’impression de dépenser une énergie folle pour avancer au ralenti.
Nous repartons tout de suite par une longue côte pierreuse à souhait : c’est à ce moment que la pluie décide de se joindre à nous. La côte se poursuit dans la forêt, les passages successifs des vélos ont rendus le terrain très abîmés : cela nous rappelle notre belle forêt de Marly. Hervé prend le large dans chaque côté, son entrainement paye ses fruits !

Quelques beaux singles bien plats entre les arbres et les pierres nous permettent de quitter le Val d’Oise et rejoindre les Yvelines et surtout de lâcher un peu les chevaux et accélérer enfin le rythme (pas trop pour Hervé qui préfère se frotter aux arbres !) : nous arrivons alors au 3ème ravitaillement, sous le soleil, après 55km de dur vélo. Je remplis le camelback, ayant déjà bu 1,5L d’eau et nous repartons, toujours sur le 80. La transmission Sram 7.0 de 2001 souffre un peu et plus le temps passe moins je peux utiliser les petits pignons. ça fait les cuisses !

Nous arrivons dans une zone, au nord de Limay (appelé bois de St Sauveur par les organisateurs) où nous mettons 35 minutes à faire 5km : que des montées descentes directement dans la pente, l’occasion d’une petite chute, à pied, au dessus d’un tronc d’arbre. Le terrain, glissant, nous incite à éviter toutes les zones qualifiées de “difficiles” et nous craignons pour les personnes du 45km qui passent pas là aussi. N’est-ce pas un peu trop engagé pour le Vététiste moyen ? Certaines côtes se passent uniquement à pied, c’est du vrai pilotage cette zone !
A la sortie de cette zone, après une très longue montée bien raide (à 17% dixit Strava), au km 62, on a l’impression d’avoir 10km de plus dans les jambes. Nous rattrapons alors un gars sur un BMC 29′ carbone que nous avions suivi avant le troisième ravitaillement dans les singles et qui envoyait (bien) fort. Il est crevé de l’avant et a perdu sa chambre. Je lui donne mon unique chambre, après m’être assuré qu’Hervé avait de quoi me dépanner si besoin. Nous savons donc maintenant qu’une chambre de 26′ peut rentrer pour un 29′. Il repartira avec nous sans problème mais nous le laisserons très rapidement prendre de l’avance : il partira sur le 65 quand nous bifurquerons, nous, sur le 80, au soleil, sous les arbres.

Nous sommes seul au monde dans les chemins de la campagne Yvelinoise, en direction de Saint Martin La Garenne. Le vent quand il est dans notre dos, nous fais gagner de précieux kilomètres-heures et motive à avancer. Le soleil réchauffe l’atmosphère.
J’ai de plus en plus de mal à emmener le vélo, et Hervé m’attend en haut de chaque montée, que je m’évertue à franchir sur le vélo. Hervé me demande si je ne prendrais pas un petit Gel ? J’avance si lentement que ça ? Mince ! Je ne craquerai pas, le Gel étant réservé aux conditions extrêmes, et surtout ne me sentant pas mal, mais c’est vrai que je roule très lentement par rapport à d’habitude.
Au km77,5 un panneau 65km “Retour” nous fait face alors que le 80km bifurque à gauche, tournant volontairement le dos à St Martin. Pour moi s’en est assez, et je rêve de l’arrivée. Ce n’était sans compter sur la motivation sans bornes d’Hervé, qui, sans vraiment me laisser le choix, m’embarque pour 5km supplémentaires entre champs et forêt. Je ne suis plus à ça prêt !
Nous arrivons finalement autour de 14, après 7h de balade (environ 6h de roulage) et plus de 2000m de D+. Les bénévoles, plus nombreux que les vététistes, nous attendaient : nous ne devions pas être nombreux sur le 80 puisque l’on ne s’est pas fait doubler sur le parcours, que nous sommes parti dans les tous premiers, et que nous sommes maintenant dans les derniers !
325 participants, c’est loin des années précédentes : dommage pour les organisateurs de cette belle rando qui mérite vraiment le détour.
Après un lavage à l’unique jet d’eau (pas gênant vu qu’il n’y a personne) nous rentrons tranquillement nous reposer… sous le soleil !

Didier, que nous n’avons pas croisé, a réaliser le 45km avec Gaultier et Adrien : ils en gardent le souvenir d’une rando très difficile du fait des chemins gras. Connaissant le potentiel des 3, c’est pas rien de le dire !

Cette rando, dans sa version 90km m’avait laissé un super souvenir l’année dernière, notamment pour une partie de manivelles mémorable avec le club de ST Germain en Laye : les 90km avaient été engloutis en 5h25 de roulage, et malgré de grosses difficultés à finir, j’avais gardé en tête une rando magnifique.

Cette année, le vélo très (trop) lourd, les problèmes de transmission, la position inadéquate, la boue et l’absence de vététistes sur le parcours m’a laissé un sentiment plus mitigé, mais l’organisation reste très bonne. L’année prochaine ? Uniquement s’il fait beau, à moins que le Mazar’Yvettes remporte les suffrages !

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