La Granit Montana 2013

Pourquoi vouloir participer à une telle épreuve ?

Tout commence au mois de mars quand Hervé « je ne suis jamais fatigué » décide de m’embarquer sur mes premières randos longues distances. J’avais déjà, il y a quelques années, fait un 115km ; Mais depuis, 60km correspondaient déjà, pour moi, à une « grosse rando ».

Deux objectifs se dessinent alors à notre horizon parisien : le dimanche 26 mai « Le faut pas mollir, 100km » à Plaisir avec environ 2000 de D+ et le dimanche 23 juin, le « RIC 100km » de Compiègne.

Pour atteindre ces objectifs, je décide donc de passer à une sortie club hebdomadaire le dimanche matin (environ 50 km et 600 de D+) à plusieurs sorties. Afin de ne pas faire que du vélo, je participe au Paris Roller au mois de mars, une randonnée de 30km dans Paris le vendredi soir. Avril me permet de sortir le vélo une fois par semaine, en plus de mes sorties dominicales, sur des petits 40km, et j’arrive au mois de mai avec l’envie d’en découdre sur des kilométrages intermédiaires : 80km de Bonnières sur Seine, avalés en moins de 5h de selle suivi, deux semaines après par les 90km de la Garennoise, bouclés à bon rythme, en 5h25 de selle.

Je me sens en forme, l’envie de trouver un défi supplémentaire se fait sentir. Je rêve sur internet devant les compte rendus de la Transvésubienne et me dit qu’un jour, pourquoi pas moi ? Mais les dénivelés positifs sont tout simplement monstrueux pour un parisien comme moi. Je découvre alors, sur le web, une rando qui semble correspondre à mes attentes. Kilométrage réalisable, technicité, ambiance sympa, très gros dénivelé, et abordable (distance, prix etc.) : la Granit’Montana qui compte 3 éditions au compteur. Les CR sur le web font rêver et annoncent de l’extrême. Je ne m’en formalise pas, pensant que les gens ont tendance à en rajouter une couche pour se faire mousser.

« Si je finis le 100 km de Plaisir et ces 2000 de D+, je m’inscris ». Malgré la boue et une motivation loin d’être à son apogée, je finis les 100km en 6h25 de roulage, avec l’aide d’Hervé. Cette rando me permet de me rendre compte que je ne m’alimente pas correctement pour ce type d’épreuves et que je dois garder des pensées positives. En effet, j’ai toujours une « petite fringale » autour de 60-70 km et du coup l’impression que je ne vais jamais finir mais, étonnement, aucun mal à monter les derniers raidards entre 90 et 100km. Les jambes semblent pouvoir le faire.

Avec le recul je me dis que j’étais bien ambitieux par rapport à la Granit : réussir à faire un 100 bornes en RP n’a absolument rien à voir avec les chemins du limousin !

Quelques jours de réflexions, et puis « on ne vit qu’une fois », mon inscription est envoyée pour le départ  à St Sylvestre. S’en suit une semaine d’attente pour recevoir la fameuse confirmation d’engagement. Une semaine de doutes, et de rêves sur un parcours indiqué comme magnifique, très technique, très dur. Avec une porte horaire à (environ 8/9 km/h de moyenne) qui suppose alors la très grande difficulté de l’épreuve. J’en profite pour me reposer un peu cette semaine, ayant beaucoup forcé auparavant.

 

Une semaine avant l’épreuve, engagement en poche, je décidé d’en remettre une couche : moi qui court très peu, je me fais une sortie de 1h30 et 18km. J’aurais du pousser un peu pour atteindre le semi-marathon ! J’enchaine le lendemain avec 36km de route (à VTT) en 1h15 ce qui me rassure sur ma forme.

Maintenant repos (4 jours) jusqu’à dimanche, avec une alimentation à base de pâtes. J’en profite pour réserver un camping à 15min du départ, vu que le temps s’annonce magnifique.

 

A J-1

 

Voiture chargée, on ne peut plus reculer, il faut y aller ! Les objectifs restent très clairs pour moi : prendre du plaisir, si possible passer la porte horaire, et comble du bonheur, finir ! Dans un coin de ma tête un autre objectif, pas vraiment raisonnable celui-là, d’arriver avant 16h30. Je serai loin du compte finalement !

L’arrivée dans le limousin sous le soleil est incroyable. Petits villages pittoresques, et surtout… très vallonné. Je commence à comprendre l’ampleur du défi. De la forêt à perte de vue, mais vallonné ! On se croirait dans les monts du lyonnais pour ceux qui connaissent.

 

A St Sylvestre, direction « l’accueil de la course » pour récupérer la plaque de cadre (numéro 71), une belle assiette trophée en souvenir de l’épreuve et étudier un peu le parcours. 29 côtes sont répertoriées, une grosse 20aines de défis (mais qu’est-ce que c’est que ça ?) et autant de descentes. A ce moment, je crois encore pouvoir voir du plat pendant les 75 kms de la rando. Je discute 5 minutes avec les organisateurs, qui sont tous plus gentils et accueillants les uns que les autres, c’est agréable de voir des vrais passionnés partager avec les concurrents. Avant  de partir rejoindre le camping, je décide de faire à pied la première côte du parcours (car la première côte se situe environ 40 mètres après le départ, sur le goudron !) : 500 mètres de  goudron, avec des passages assez raides puis on rentre dans la forêt (pour ne plus la quitter, mais ça je ne le savais pas encore !) sous la forme d’un single descendant. Bon, y’a des racines, des pierres, c’est étroit, mais ça ne m’impressionne pas tant que ça : ils exagèrent vraiment sur internet, c’est incroyable. C’était finalement une des descentes les plus faciles de la Granit…

Une fois le campement installé dans un l’ancien camping municipal d’Ambazac, entièrement remis à neuf par un couple très sympathique, au bord du magnifique étang de Jonas, je décide d’aller faire tourner un peu les jambes pour être sûr que tout va bien ; la région est pleine de chemins FFC (puisque la base de départ du club de VTT organisateur de la Granit se situe à l’entrée du camping) et je me rends alors tout de suite compte que… ça grimpe (et descend) sacrément dans le coin. Je fais une petite dizaine de kilomètres, le terrain est souple avec quelques passages boueux, mais rien d’alarmant. Les jambes sont bonnes, il fait bon, tout me paraît prêt pour l’épreuve de demain. Entre temps, le camping s’est rempli de vététistes, prêts à en découdre sur 38 / 51 ou 72 km de la Granit. Une grosse plâtrée de pâtes, un peu de marche autour de l’étang et extinction des feux très tôt, n’ayant pas suffisamment dormi pendant la semaine.

 

Le jour J : La Granit’Montana Ultime

Je n’attendrais pas les 7h du réveil pour avoir les yeux grands ouverts : 6h15 je me sens prêt comme pour une rando classique. A 7h, il ne fait pas bien chaud en sortant du duvet et la tente est trempée.

Deux phrases entendues plusieurs fois me traversent l’esprit : « c’est une belle journée pour souffrir » et « tu es un guerrier qui part à la guerre, mais un guerrier avec un moral en acier trempé ». Je prendrai toute l’ampleur de ces « mythes » dans quelques heures, c’est une certitude.

Une fois la tente séchée, la voiture chargée, j’essaye de grignoter 2/3 biscuits et boire un peu d’eau alors que le camping se vide. Le petit déj, ce n’est vraiment pas mon truc, je laisse tomber, et à 7h45 c’est parti pour St Sylvestre. Je rejoins le parking / champs aménagé pour l’occasion, qui grouille déjà de voitures, d’hommes nus et autre VTT qui se baladent. La population est globalement divisée en 3 populations : les locaux qui sont principalement là sur des parcours intermédiaires, en mode rando, les accompagnants, et les nombreux vététistes venus de loin, avec des vélos au top de la technologie,  pour en découdre sur 51 ou 72 km. J’aperçois quelques maillots connus, plusieurs gars de Poissy (dont Pedalator et sa femme Mary), un maillot de St Germain que j’ai déjà vu sur plusieurs randos, des maillots du Val d’Oise, des journalistes spécialisés dans le VTT, bref, que des vrais vététistes selon moi !

 

 

Au moment de m’équiper et préparer le vélo, je suis très calme, comme pour une rando, sauf que cette fois je prends bien le temps de vérifier que tout est bien rangé dans le sac, que les barres et autres gel (j’y reviendrai) sont bien accessibles. Il est 8h10 et il commence déjà à faire chaud. La journée s’annonce ensoleillée !

N’étant pas pressé et ne voulant pas me battre au départ, je vais faire quelques tours de roue, et à 5 minutes du départ, vais me placer dans les dernières lignes du peloton. Aucune envie de me battre. Je le regretterai très rapidement.

 

A 5 min du départ, briefing des organisateurs qui annoncent la porte horaire à 13h30 et puis ce sont déjà les 15 dernières secondes avant le coup d’envois. 8km/h de moyenne : étonnant quand même, même en roulant doucement ça parait très « facile ». 10 secondes. Je règle le compteur, regarde autour de moi : ils ont l’air affûtés, les vélos sont haut de gamme, beaucoup de 29 pouces, bref, on est pas là pour rigoler.

 

Paf c’est parti. Je regarde la première côte sur le goudron en face de moi, les premiers disparaissent de ma vue quand je peux enfin donner mes premiers coups de pédales. Le premier finira en moins de 5h30.

Je suis extrêmement calme, pas du tout en mode course. A peine une vingtaine de personnes derrière moi sur près de 180 partants. Ça roule pendant quelques centaines de mètres sur le goudron, que j’ai repéré hier, je double ainsi, sans forcer quelques dizaines de concurrents. Il est alors 8h30. Je ne regarderai presque jamais l’heure jusqu’à l’arrivée ! J’arrive dans le dernier coup de cul avant l’entrée dans la forêt : nous sommes alors 2/3 à faire l’effort afin de mettre quelques concurrents de plus derrière à l’amorce des quelques kilomètres de descentes qui suivent. Le single se négocie bien, personne ne force trop pour passer, et je suis même très étonné : je dois lâcher totalement les freins pour ne pas être distancé par le mec devant. Moi qui suis plutôt rapide en descente en RP, je suis étonné. Quelques centaines de mètres plus tard, nous avons quand même fait le trou avec ceux derrière, mais surtout, plus personne devant. Hop, on est une vingtaine a avoir pris la mauvaise descente ! Première leçon après seulement quelques minutes de course : comme pour une rando classique, il faut faire être attentif au balisage et ne pas se fier aux autres. Durant la totalité de l’épreuve, je n’aurai aucun problème avec le balisage, excellent, parmi les meilleurs que j’ai pu avoir sur une rando. Pour autant, je serai obligé à plusieurs reprises de crier à des vététistes devant moi de s’arrêter car ils partaient sur une mauvaise direction : je pense que cela est à mettre sur le manque de lucidité des participants.

 

Après avoir remonté la descente que nous n’aurions pas dû prendre je me retrouve, avec mon nouveau petit groupe (dont certains semblent  vouloir jouer le chrono) derrière ceux qui étaient derrière moi au départ (bref, les derniers du raid 72 km). Du coup ça bouchonne pas mal dans les descentes suivantes  que la majorité des vététistes devant moi descendent… à pieds ! Et en effet, c’est extrêmement raide, très (très) technique, je vois de nombreuses chutes, à pieds, à vélo. Certains essayent de forcer le passage alors que l’on doit tous faire la queue pour passer (bon, à priori ils jouent le chrono) et j’espère vraiment que ça ne bouchonnera pas comme ça trop longtemps. Surtout, je me dis que ça va être sacrément dur si ça continue comme ça, mais le départ n’ayant eu lieu qu’il n’y a que quelques minutes, je me dis aussi que c’est un bon moyen d’étirer le peloton et de creuser le écarts. Je me rendrai compte plus tard que pas du tout : toute la course sera de cet acabit, au minimum !

Une fois en bas, ça remonte immédiatement, le peloton est en effet bien étiré, ceux qui jouaient le chrono sont bien passés, et je me retrouve avec un petit groupe obligé de faire du serre fils, car avec notre erreur de parcours, nous ne sommes pas dans le peloton de « notre niveau ». Sans forcer, je découvre les premières côtes avec mon petit groupe : c’est raide, en mode petit plateau, c’est étroit (difficile voire impossible de doubler) et c’est sacrément technique : virages en épingles, racines, pierres (heureusement, les pierres, en granit, sont enfoncées dans le sol et donc ne roulent pas) : mon pneu arrière est clairement trop gonflé, mais quand je vois que tout le monde « ripe » aussi, je ne m’en inquiète pas trop.

 

Les côtes très raides et descentes « hyper » techniques, tracées à même la forêt s’enchainent avec un petit groupe. En haut de chaque côte, juste avant la bascule dans la descente (car ce n’est pas une blague, dans ces premiers kilomètres, il n’y a pas de plat ; je découvrirai d’ailleurs rapidement que le plat n’est pas prévu pendant la totalité de la rando : inimaginable tant qu’on ne l’a pas vraiment vu) je fais l’effort pour doubler les quelques vététistes que j’ai rattrapé dans la cote, et qui pour certains, souffrent déjà un peu. Pour ma part, après 30 min de courses, je suis trempé de sueur, j’ai passé plus ou moins définitivement le petit plateau, déjà quelques frayeurs dans les descentes, quelques passages à pieds (les fameux défi) et bu pas mal (je décide d’ailleurs de rationner un peu car mes 1,5 litres risquent de ne pas tenir). Les jambes sont parfaites, je monte au train sans avoir une seule fois mal ou la sensation de brûlure, la position est toujours bonne sur le vélo. C’est la première côte à pied (portage même !) qui me fera mal aux gambettes.

 

A 9h10, dans une énième ascension, une voix sortie de nulle part me tire de mes rêveries « Excuse moi » : à peine le temps de prendre conscience d’une masse bleue sur la droite alors que je tire presque mon plus grand pignon, Monsieur JP Stephan et son beau maillot, Champion du monde Master, parti sur le 51 km 15 minutes après moi (suite à une blessure en championnat de France la semaine précédente, il avait décidé de ne pas faire les 72km de l’utltime) passe à côté de moi, en danseuse, et donne une impression de facilité déroutante. A peine le temps de faire une blague avec mon acolyte de grimpette du moment que quand je regarde la fin de la côte devant moi, je ne vois que des coureurs lambda qui ne semblent pas avoir été gêné par monsieur le champion du monde. Il est passé tellement vite, et tellement proprement que s’en est déroutant. Il lui faudra quand même 3h41 pour boucler les 51 km / 2200 D+ soit 13,8km/h. Quelques instants plus tard c’est un petit jeune (17 ans !) qui me double aussi. J’apprendrai ensuite, que cet illustre inconnu terminera les 51km à 1min30 du champion du monde, prenant l’organisation au dépourvu à l’arrivée car ils ne connaissaient pas son nom ! Quelques autres champions du 51 km me doubleront sur les côtes suivantes, mais personne du 72. Par contre j’en double régulièrement, toujours en haut des côtes ou lorsqu’ils posent le pied à terre dans un passage technique : mes jambes sont en effet très bonnes et sans forcer je peux monter au train toutes les ascensions, les passages techniques commencent à me plaire sérieusement, les descentes sont avalées à mach 2. Je suis très content d’être en tubeless et  bien gonflé, car j’ai moins des scrupules à passer « fort » dans les descentes.

Les descentes parlons en : comme les côtes, elles ne ressemblent à rien à ce que nous avons en RP. Une descente sur la Granit, c’est raide (il est souvent dangereux, voire impossible de s’arrêter en cours de route – du moins avec mon 26 pouces et mes pneus), très techniques (virages, dévers, vides) avec des racines (glissantes évidemment) et des pierres absolument  partout. Les rares descentes « plus roulantes » sont, elles, de véritables chemins de pierres : je décide alors, étant physiquement dans un bon jour, de les passer sans toucher aux freins, en mode cabris. Je n’ai pas encore regardé l’état de mes roues, mais elles ont dû prendre !

Bref, je suis dans la Granit jusqu’au coup, et je prends du plaisir car je ne souffre pas, il fait beau, je ne suis plus bouchonné, et la satisfaction de doubler quelques personnes est très agréable. Les rares fois où j’arrive à jeter un œil sur le compteur, la vitesse est extrêmement faible.  Encore une fois, ce n’est pas une blague, le parcours est tellement exigeant et sans aucun répit, que je n’ai regardé l’heure qu’aux pauses, et le kilométrage 2 ou 3 fois. Les 2 mains étaient toujours sur le guidon, sauf pour boire un peu aux très rares passages de goudrons ou de replat, permettant de s’hydrater rapidement.

 

Maintenant que la course est lancée, et que je me sens vraiment bien, j’accélère gentiment le rythme, avec comme objectif secret de passer la barre des 10km/h à l’arrivée, pauses comprises. Pour l’instant j’ai 2km/h d’avance (hors pauses), ça me semble faisable.

 

J’arrive enfin au premier ravitaillement, KM17, en moins d’1h30. En arrivant, je reconnais quelques maillots qui partent du ravitaillement, et notamment des personnes ayant fini entre 50 et 70ème l’année précédente. C’est vrai que depuis 45 minutes je ne fais que doubler dès que j’ai une ouverture. Je me sens bien et décide de m’alimenter un peu, n’ayant presque rien mangé depuis la veille : bananes, chocolat noir, pâte de fruit et un verre de coca. Je repars avec pour objectif de faire la jonction au deuxième ravitaillement avec la première féminine qui avait terminée 70ème l’année dernière, en 7h30 environ, objectif horaire qui me tente pas mal. Finalement, sans attaquer, je fais la jonction quelques kilomètres plus tard et décide de rentrer dans le groupe, en baissant un tout petit peu l’allure. Ils montent un peu moins vite que moi, mais très proprement, avec les trajectoires qu’il faut, ce qui me permet de m’économiser énormément. Je m’hydrate, mais je commence (déjà) à sentir le dénivelé dans les jambes. Quelques longues descentes me donnent envie de repartir en avant à mon propre rythme. Vigilance tout de même car j’ai une sensation de flottement à l’arrière et un bruit : j’ai dû percer le tubeless qui a dû se reboucher. Moi qui voulait dégonfler un peu… plus besoin !

 

 

J’essaye de prendre quelques longueurs d’avance dans les chemins suivants quand j’entends de l’agitation derrière moi : j’essaye de relancer, il ne se passe rien. Je me retourne : « T’as pas entendu ? » me demandent mes poursuivants. Entendu quoi, je ne comprends pas, et pourquoi quand je pédale, je n’avance pas ? Je baisse les yeux et là… Chaîne cassée. Ok. Ce n’est pas grave, j’ai au moins un maillon rapide, un dérive chaîne, c’est l’histoire de 5 minutes.

 

Sauf que, je l’apprendrai plus tard, le destin était vraiment contre moi : ma chaîne est cassée, mais en plus de ça, elle est vrillée sur plusieurs maillons. Je reste calme, commence à démonter et me retrouve avec deux bouts de chaînes. Les gens passent prêts de moi, je suis sur un single descendant, et parfois me demandent si j’ai besoin d’aide mais j’ai ce qu’il faut, je ne les arrête pas. J’enlève donc 5 maillons (oui 5 !) pour supprimer la torsion sur la chaîne, et commence à réparer. Mais je casse mon dérive chaîne qui en a pourtant vu d’autres ! J’arrête un premier vététiste après plusieurs refus (hélas je n’ai pas noté le numéro de dossard), lui aussi sur le 72, qui sort son dérive chaîne, et m’aide à finaliser la première réparation. Hélas, il ne peut pas me dépanner pour un deuxième maillon, nécessaire pour remettre la chaîne en place. C’est idiot, j’en ai 2 d’avance à la maison ! Je le laisse filer et après quelques refus trouve un gentil vététiste qui est prêt à me laisser son unique maillon rapide (merci dossard 149 !!) : bien que je sois très embêté, il me dit que s’il a besoin il trouvera bien quelqu’un, et que surtout il aimerait bien qu’on le fasse pour lui. Je garderai ça dans un coin de ma tête et tenterai de proposer mon aide à chaque fois que possible sur le reste du parcours. Je le laisse repartir tout de suite, et répare ma chaîne. Aie… Elle est très courte, et je ne peux plus croiser. Je vais devoir monter toutes les côtes sur les pignons du milieu si je veux utiliser le petit plateau. Il n’est même plus question d’utiliser le deuxième plateau. Je suis au KM26 et je sens que la suite va être très longue. Le morale en a pris un coup, et surtout, je réalise que je ne ferai pas les 72 km dans ces conditions. J’essaye de m’accrocher et relancer jusqu’au deuxième ravitaillement mais je ne suis jamais sur la bonne vitesse, et après avoir passé presque 30 min sur le bord de la piste, je dois doubler tous ceux du 51 et du 72 qui m’ont rattrapé. Et vu le terrain ce n’est pas une mince à faire !

 

Environ 20 min plus tard, c’est de nouveau la casse nette : encore un maillon à retirer ! Après quelques énième refus, un bon samaritain s’arrête, me dérive la chaîne et me place un maillon rapide ; j’étais tellement frustré et dégoûté que je n’ai presque aucun souvenir de ce passage. Mais encore 15min de perdu et beaucoup d’efforts pour rien. Autant dire que je suis maintenant presque en single speed, et le morale un peu en berne. Ça monte énormément, c’est technique, bref du vrai VTT, mais depuis que je sais que je ne finirai pas, j’essaye de profiter de chaque instant. Je suis obligé de prendre le premier gel de ma vie, et je dois reconnaître que ça fait un bien fou : ça permet de se concentrer sur autre chose, et j’ai vraiment senti une sorte de mieux au niveau du rythme de pédalage. J’avais les jambes lourdes, bien qu’aucune douleur, ce qui passera un peu avec le temps. Je sens un début de crampe (enfin je crois ?!) dans la cuisse gauche, qui reviendra une fois par heure environ, mais il me suffit de masser et appuyer doucement sur les pédales pour que cela passe. Je m’oblige à m’hydrater encore plus. Je roule comme ça jusqu’au 2ème ravitaillement, à rythme relativement soutenu par rapport au terrain, ne pouvant plus mettre de grand pignon ! J’en profite pour tirer mon chapeau aux 2 single speeds qui ont fait la 72 et que j’ai croisé à de nombreuses reprises sur le parcours : les mecs sont fous !

 

Deuxième ravito km34, il est déjà plus de midi avec mes 50 minutes de perdues, je pensais arriver au moins 45 min plus tôt. Je demande à tout hasard à l’organisation s’ils ont des maillons rapides ou une chaîne en rabe, mais évidemment, ils ne peuvent pas me dépanner. Ils doivent me prendre pour un fou, et j’en vois un ou deux regarder mon dérailleur tendu à l’extrême, avec curiosité ! Je m’alimente très légèrement, étant dans une phase plus difficile (l’impression d’avoir 60 bornes parisiennes dans les pattes déjà) et bois un peu de coca : erreur que je regretterai quelques minutes plus tard, ça ne passe pas bien. Je repars, décide de ne pas bifurquer sur le 38km (1KM après le ravito) et d’essayer de finir le 51km pour ne pas être venu pour rien. Je me mets sur un bon gros rythme et ça roule bien, en prenant bien soin de ne jamais changer de vitesse, de ne pas forcer, pas appuyer, d’enrouler au maximum : pas facile quand on connaît l’irrégularité du terrain. PK37, je traverse une route (avec comme à chaque fois des gars de l’organisation qui ont toujours un mot gentil) et me dirige vers la bifurcation des 51km. Je me sens de nouveau bien, et sur mon « faux rythme » rattrape un peu de mon retard. Mais ma chaîne commence à sauter et cela m’inquiète, même pour les 10km restants du 51km. Quelques centaines de mètres plus loin, la chaîne re-casse, pour la 4ème fois. Je ne suis même pas étonné. Je ne suis pas loin du PK37 et décide d’y retourner, en courant après quelques minutes de réflexion. Il est 12h20. Sur le trajet, je pense au fait que 3 semaines plus tôt, j’ai gagné une chaîne 9 vitesses (comme mon vélo) sur les 100km de la Faut Pas Mollir de Plaisir. Et  qu’en plus, elle est dans la voiture. C’est fou, car dans la voiture j’ai en tout et pour tout, une pompe, un peu d’huile, un chiffon, et… cette fameuse chaîne. Ça serait génial de pouvoir réparer même si je ne vois plus trop l’intérêt.

Je croise toutes les personnes que j’ai doublé avant et après le deuxième ravitaillement et notamment mon gentil dossard 149 qui me lance un « désolé, ça n’aura pas suffi ». Et non, mais je retiens la grande solidarité que j’ai pu rencontrer jusque-là. Je suis étonné du nombre de personnes que j’ai doublé depuis mon premier bris de chaîne et de  voir que je ne m’en souviens même pas : j’ai dû rouler sacrément bien dans les côtes, mais aussi dans les descentes et les fameux défis !

 

Arrivé au PK37, sur la route, vers 12h30, je demande à l’organisation s’ils ont quelque chose pour me dépanner. Non rien. Et ma chaîne fait maintenant la taille d’une chaîne de BMX, je ne risque pas d’aller loin comme ça : même en chuintant le dérailleur, je ne peux rien faire. Je discute avec les gentils gars de l’organisation, désolés pour moi. J’apprends alors que nous sommes à 4 kilomètres (environ) de la porte horaire qui se ferme à 13h30 et surtout à quelques kilomètres de St Sylvestre, lieu de départ. Je me dis alors que je vais faire du stop, ou mieux, profiter du soleil qui tape très fort maintenant et redescendre tranquillement à la ville. Mais cette histoire de chaîne dans la voiture m’obsède et je décide d’appeler mon amie qui est venue avec moi : avec de la chance, elle sera rentrée de sa ballade, et pourra m’apporter la chaîne. Un coup de téléphone plus tard, je reprends (un peu) espoir. 15 min passent, tous les concurrents de la 72 passent devant moi, j’assiste à quelques abandons. Je commence à faire les calculs pour la porte horaire : 4km c’est pas énorme, mais il faut avant ça que je répare, et puis 4KM sur une Granit, ça peut être 30 min au moins !!! Après un deuxième coup de fils, une barre de fruit plus tard, ma chaîne arrive enfin, autour de 13h. Je me dis alors que si je repars, je donne tout pour passer cette satanée porte horaire, y’a pas moyen que je loupe ma Granit à cause de tout ça. Je ne le sais pas encore, mais je vois l’avant dernier classé sur le 72 passer devant moi. N’ayant plus de dérive chaîne je décide de mettre toute la chaîne, sans la raccourcir comme il faudrait. Ça pendouille un peu, mais j’ai la sensation que ça ira. J’en profite pour me forger un moral en acier trempé : il fait beau, je suis bien, je vais aller la chercher cette granit ! Evidemment, je perds le maillon rapide livré avec la chaîne. Ni une ni deux, coup de chance encore, un mec avec un magnifique BMC décide d’abandonner juste à ce moment-là et de rentrer par la route : je lui quémande un maillon rapide de 9 vitesses. Il en a deux, et, encore une fois la solidarité est incroyable puisqu’il me laisse sans que je n’ai d’espoir de le remercier à l’arrivée. Je mets la chaîne, un coup d’huile. Je garde d’ailleurs le bidon d’huile dans la poche (que je perdrai plus tard) et comprends mieux pourquoi j’ai vu régulièrement des vététistes huiler leur chaîne : la boue, les contraintes et les passages en rivières ne sont pas bons pour le matériel. Quelques coups de pédales : les vitesses passent, pour l’instant ça ne saute pas, bref, je peux repartir. De l’eau fraîche, le casque, merci à mon assistance 5 étoiles personnelle et go : il est pas loin de 13h05, et la course contre la montre peut commencer : je sais que je suis dernier (ou presque ?) j’ai la frite, les paysages sont magnifiques et je me dis que maintenant je ne peux que finir ! Certes JP Stephan a déjà fini les 51 km, il n’aura mis que 30 km pour doubler 150 personnes de la Granit Ultime parti 15 min avant lui, mais moi j’ai aussi mon propre défi à relever !

 

Je me bats contre moi-même pendant 4km, sans jeter un œil ni à l’heure, ni au kilométrage (de toute façon mon compteur est faux maintenant avec mes allers retours), je vais juste le plus vite possible, toute proportion gardée compte tenu du terrain ! Bref au loin, j’aperçois la bifurcation : ça va le faire. Je m’arrête, j’ai le droit à la petite pastille sur la plaque ; en quelques mots je raconte mes 1h30 de galère et la joie de passer la porte horaire à moins de 10 minutes de la fermeture  (l’heure de mon compteur, elle, ne correspond pas du tout et je me souviens alors qu’il n’est pas à l’heure : heureusement que je ne m’y fit pas depuis le début !). Ce sont les émotions qui parlent, c’est sûr, et les organisateurs ont la gentillesse de me laisser m’épancher ! Je vois des mal chanceux sur le côté vélo cassé : j’en ai d’ailleurs vu un paquet sur ces premiers 40 km, impressionnant ! En haut d’une côte, au loin, des vététistes et je m’élance donc pour une boucle de 15 km réputée comme étant « extrêmement difficile » que je prévoyais de faire en 2h15 environ. Oui. 2h15 ! Je m’élance aux heures les plus chaudes de la journée. Je suis soulagé, et j’ai l’impression que quoi qu’il arrive, je finirai le 72 alors que 30 min plus tôt, j’étais prêt à rentrer à Paris !

 

Je roule alors quelques kilomètres, rattrape quelques rares concurrents qui, comme moi, subissent bien la chaleur. Je bois beaucoup, par peur des crampes (même si je ne connais pas vraiment) et surtout parce que je suis trempé de sueur. Les paysages sont magnifiques, la forêt est calme, parfois extrêmement silencieuse, les descentes sont plus techniques que jamais mais je suis toujours très lucide. Je me sens bien, les vitesses passent, et je me surprends à jouer un peu avec le deuxième plateau. (J’entends à ce moment la voix d’Hervé me dire de ne pas trop forcer !). Un peu avant le ravitaillement numéro 3, dans une côte (avais-je besoin de le préciser) je rattrape un maillot connu : Jean-Pierre qui tient le blog http://khs91-passionvtt.blogspot.fr/ et qui fait parti des personnes qui m’ont donné envie de venir me frotter à la Granit. Je suis content de voir que pour la deuxième année consécutive, il a passé la porte horaire. Il souffre de crampes et m’apprends que l’un de ses collègues s’est blessé et l’autre n’a pas pu passer la porte horaire. Mince, j’ai eu de la chance moi ! Quelques tours de roue ensemble, puis comme il ne reste qu’un gros KM (de monté) jusqu’au prochain ravitaillement, je lui fausse compagnie.

 

L’ambiance au troisième ravitaillement est superbe : félicitations de l’organisation, de quoi bien se nourrir (du salé pour les crampes en préventif). En dehors des quelques vététistes que j’ai doublé depuis la bifurcation, je fais partie des derniers. Mais je me sens beaucoup plus en forme que la majorité, peut-être parce que j’ai passé beaucoup de temps à me reposer à côté du vélo !

 

Après une photo pour le blog de Jean-Pierre, je repars à la poursuite de quelques concurrents. Plus question de jouer le moindre chrono (personnel) mais de prendre du plaisir, et de ne pas trop souffrir de la chaleur. Le paysage change du tout au tout puisqu’il faut traverser une zone qui vient d’être coupée, puis la « fameuse » piste A-Line.

 

Je suis enfin dans le « très dur » de la Granit mais pour l’instant je passe bien ; Les descentes sont usantes, mais faisables en majorité, et les côtes passent. Je me surprends même plusieurs fois, sur le deuxième plateau, à descendre un ou deux pignons, avec des vitesses à près de 14km/h ! Incroyable. Évidemment, fidèle à moi-même, je le payerai plus tard ! Je rattrape un groupe de cinq vététistes avec de beaux maillots roses : « Les dahus des clochers » qui viennent de Chartre. Ils roulent ensemble, avec une franche camaraderie : je ne le sais pas encore mais ça me sera bien utile ! Je les dépasse, et continue sur mon petit rythme.

 

Quelques côtes plus tard, un nouveau gel (le deuxième) avalé, je n’avance plus trop. Je sais que je suis dans la partie la plus difficile, mais c’est dur. Vraiment très dur. Je descends du vélo. Reprends mon souffle. Marche un peu en poussant. Mais j’ai trop chaud. Les dahus me rattrapent : deux qui me demandent si tout va bien : « ça va merci ! » puis un troisième, encore un Jean-Pierre : « Mécanique ou physique » me demande-t-il. « Mental ». La côte est trop raide à vélo et je me mets dans ses pas sans réfléchir. Quand il monte sur le vélo, je monte sur le vélo, quand il pousse, je pousse le vélo aussi. Ses deux collègues devant ont un sacré rythme, mais il a deux autres collègues derrière, ce qui me permet de ne pas avoir la sensation qu’il m’attend. D’ailleurs il fait sa course ; tranquille. Dans la descente de DH suivante, avec de nombreuses marches que nous devons passer à pied, on recolle ses deux acolytes puis on enchaîne les côtes suivantes. Je décide, avec leur accord, de rouler avec eux, moralement c’est bien de ne pas être seul, car depuis mes casses de chaînes, je fais le yoyo tout seul.

Tous ensemble, on vit les moments les plus difficiles de la Granit : il faut aller puiser au fond de soit pour continuer à avancer, tant les côtes sont raides. C’est d’ailleurs autour du KM55 que je marcherai le plus : de longues côtes très raides, et pas le jus nécessaire pour emmener le vélo. Mes compagnons d’infortunes sont dans le même cas, et je me demande alors quel pourcentage de participants ont pu monter sur le vélo. Certains passages ne passent de toute façon pas du tout. Un peu de rafraîchissement dans une rivière : les 29 pouces passent sans problème mais moi je butte dans sur les pierres et doit me résoudre à marcher dans l’eau : heureusement la fraîcheur est une bénédiction avec les 27 degrés annoncés en extérieur dans la région !

 

 

On m’annonce 6km avant le 4ème ravitaillement, mais j’ai l’impression d’en avoir fait 20 depuis le précédent, et je mettrai une heure à le rejoindre. La dernière côte, celle des pilonnes, sera réalisée à pied par manque de volonté. Et pourtant malgré tout ça, je reste content de la rando, heureux d’être là. Je retrouve finalement les mêmes personnes qu’au 3ème ravito (moins quelques lâchés) et nous nous restaurons. Je ne peux rien manger ni boire, ayant des gros mots de ventre depuis 30 min.

C’est pas grave, il reste 10km, que je prévois de faire en 1h15 maxi ! J’attends un peu que tout le monde mange dans le but de repartir avec mes dahus, mais la pause s’éternise et à 16h36 je repars. D’abord tout doucement (bah, oui, ça monte et ça descend !) puis le rythme s’accélère. Les descentes sont vraiment extrême mais j’ai énormément de chance : je n’ai pas mal aux bras contrairement à beaucoup qui étaient tétanisés sur le vélo. Je reste  souple, n’hésite pas à lâcher les freins pour passer les pierres et autres marches et j’attaque les côtes sur un bon rythme, sans aucune sensation de brulure. En fait mes jambes ont l’air neuves !

 

Hop, le panneau 5km, je tiens le bon bout, maintenant, quoi qu’il arrive je vais au bout sans ralentir !  J’en double encore un ou deux, je suis obligé de faire à pied les dernières descentes défis (trop dures pour moi, trop techniques, trop raides, et en plus je n’ai plus de plaquettes de frein !). J’attends impatiemment le panneau 4KM : en effet, on m’a dit que les années précédentes, il y avait un décompte. Bon j’ai dû le louper. Bon j’ai dû louper celui des 3KM aussi. Bon il ne devait pas y en avoir, car d’accord je n’avance pas vite, mais quand même ! ça sent les écuries, toutes les côtes passent sans lever le pied. Hop, dernière descente, panneau des 1km, la route, les gentils organisateurs, et la fameuse côte numéro 29, appelée côte de oufff dont on m’a parlé à maintes reprises sur le parcours : « tu verras il faut être en forme et très technique pour passer ». C’est vrai qu’il y a des pierres absolument partout, mais plus que dans une autre ? Aller, on y va, ça ne peut pas être bien long ! Un gentil organisateur m’annonce 300 mètres : j’ai appris que 300 mètres sur la Granit ça peut être énorme, mais j’y crois. 200 mètres, un autre organisateur me félicite : ils sont vraiment géniaux ici. 100 mètres c’est tout un groupe qui me félicite et m’encourage ! Une boule se forme dans ma gorge : c’est une sacré émotion d’être là, d’avoir relevé mon défi personnel.

 

Je n’ai même pas mal de toute façon et pas l’attention de lever le pied avant la ligne ! ça y’est je sors de la forêt pour la première fois en 72km, à 30 mètres de la ligne. Il est 17h45, je n’ai pas vu passer les 10 derniers kilomètres, durant lesquels je n’ai pris aucun risque. La butte en herbe et la ligne : applaudissements, « bravo » qui fusent, speakers bref : j’en suis, je l’ai fait ! Quelle joie !

 

Moins de 60% de finishers, je finis en 9h20 pour 7h45 de roulage (ravitos compris) à la 96ème position sur 112 et plus de 180 partants sur le grand parcours. Quoi, ça fait 9h20 que je suis parti ? Je n’ai pas vu le temps passer, c’est fou !

 

Quelques instants pour récupérer, quelques mots avec l’organisation (ah c’est toi les 4 bris de chaînes – on me l’aura sorti souvent celle-là !), et un délicieux repas au soleil avant de laver le vélo et prendre une bonne douche chaude.

 

L’année prochaine ? Si je suis bien préparé et équipé, car la Granit ne s’improvise pas.

 

Anecdotes et autres faits

  • Zéro chute à déplorer mais j’ai « laissé » partir le vélo dans une descente très raide. Tellement raide que je n’ai jamais réussi à remonter dessus avant le bas !
  • Ma fameuse paire de chaussure que je traîne depuis environ 10 ans a rendu l’âme sur la Granit : semelle décollée, sûrement à force de tirer en côtes !
  • Une chaîne pourtant bien entretenue et avec « seulement » 1600km à mettre à la poubelle, plusieurs maillons rapides cassés, 2 jeux de plaquettes de freins, To be continued après inspection du vélo !
  • Les côtes, appelées Grimpettes sont numérotées sur la Granit. Il y en avait 29. Sauf qu’entre chaque grimpette, il y a des vraies cotes aussi. Je pense notamment autour des cotes 25 / 26, quand j’ai commencé à réaliser l’astuce. Ça n’arrêtais pas !
  • Les bobos : plusieurs ampoules au pied (je n’avais jamais eu besoin de marcher à côté du vélo) une ampoule au pouce gauche à force de jouer avec la gâchette des pignons, des bleus (des gros hématomes oui !) sur les intérieurs de chaque genoux, à force de taper en descente contre le cadre, des irritations à l’entre jambe et la trace de la selle sur les fesses, des ampoules aux mains (c’est ça de rouler sans gants !), 2 tiques, une irritation dans le dos, peut-être à cause du bas du camelback.
  • Un beau bronzage
  • 3 litres de boisson énergétique, 2 gels (mais est-ce que c’est ça qui m’a donné mal au ventre ?), 1 barre fruité + grignotage aux ravitos ;
  • Des spectateurs qui m’ont beaucoup intrigués : autour des km 25 à 35 je les verrai souvent en haut de côtes. A tel point que j’ai commencé à me demander si je tournais en rond. J’ai finalement compris qu’ils encourageaient des vététistes et rejoignaient le haut des côtes par la route, en voiture. Idem avec un vététiste que j’ai vu à plusieurs reprises mais ne faisait pas parti de la rando.
  • 150 abandons à déplorer, 51 et 72 km confondus. 366 au départ, 216 à l’arrivée. Bravo à tous, rien que d’être au départ en connaissant la suite, c’est beau.
  • Ce qu’il faut changer pour participer : éviter une chaîne usée (!!), des pneus qui accrochent bien, relativement bien gonflé pour éviter les crevaisons, des chaussures bien cramponnées pour pousser, éviter le casque trop grand qui tombe sur les yeux, prendre de l’huile de chaîne, des vêtements techniques de bonne qualité et confortable, car j’ai eu beaucoup d’irritations.
  • Dans ma tête, pendant 9h20 je n’ai jamais pensé à l’heure et aux kilomètres (sauf au tout début) comme je le fais d’habitude en randonnées. J’ai beaucoup pensé à ma chaîne, profité des terrains technico ludiques, que des pensées positives. Et des moments de calme absolu quand je me suis retrouvé tout seul avant le 3ème ravito et avant l’arrivée, pendant plusieurs kilomètres.
  • Le site de l’évènement c’est là : http://ambazacsprinterclub.free.fr/index1.htm Les classements c’est ici : http://ambazacsprinterclub.free.fr/GranitMontana/GranitMontana2013/GranitMontana%202013%20-%2072km.pdf ; le Facebook ici : https://www.facebook.com/pages/GranitMontana/118697241610563
  • Les photos officielles : https://plus.google.com/u/0/photos/105720399122675937162/albums/5890179845972662609?pid=5890199799930799730&oid=105720399122675937162

KHS91 : http://khs91-passionvtt.blogspot.fr/2013/06/au-depart-de-la-descente-line-lors-de.html

  • Pour conclure : 72km je sais faire, 3000D+ c’est colossal, mais la Granit c’est bien plus : technique, usant, ludique, extrême, hors norme ! Ils n’avaient pas menti sur le web….

 

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Une réflexion au sujet de « La Granit Montana 2013 »

  1. Hervé

    Je viens de relire ta Granit avec toujours autant de plaisir. J’y ai découvert quelques nouveaux passages, c’est une version plus aboutie que celle que tu m’avais envoyée à l’époque.
    Sérieusement, ce ne peut pas être si terrible …t’y retournes :-))
    J-33

    Répondre

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